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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 07:00

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MIZUKI Shigeru
Yôkai, dictionnaire

des monstres japonais
 Pika Edition, 2008.



 

 

 

 

 

 

Le mot yôkai est aujourd’hui encore peu connu. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont pu les côtoyer sans le savoir au travers des jeux vidéos, dessins animés et films d’animation japonais.

Shigeru Mizuki s’est astreint dans ces deux volumes à répertorier et expliquer les principaux yôkai, les référençant en 425 entrées. Le nombre de yôkai évoqués est cependant bien supérieur puisque Mizuki en cite d’autres à de multiples reprises dans les différentes notices. Ces deux volumes représentent donc un véritable travail de recherche et de compilation, une somme susceptible d’intéresser tous ceux qui apprécient
la culture japonaise
ou sont intrigués par elle.

 


Qu’est-ce qu’un yôkai ?

Le mot yôkai est un terme générique désignant tout ce qui se trouve entre notre monde et le monde des esprits c’est-à-dire fantômes, monstres, divinités locales, vieux objets doués d'une âme, animaux fabuleux ou à métamorphoses, incarnation d'idées fixes... La conception du surnaturel dans la culture nippone repose essentiellement sur ces croyances. Ce sont des passerelles entre le monde des vivants et l'Au-delà.


D'un point de vue historique, de nombreux yôkai remontent au plus haut Moyen Age, c'est-à-dire à l'époque de Heian (VIIe - XIIe siècles).


A l'époque d'Edo (XVIIe - XIXe siècles), ils connurent à nouveau une époque faste grâce au développement de l'industrie et du commerce, propices aux légendes urbaines.

Cependant, à la fin du XIXe siècle, l'influence occidentale matérialiste et la modernisation du Japon d'avant-guerre ont mis à mal ces croyances ésotériques. En effet, comme l'a formulé Tanizaki dans Éloge de l'ombre : "la lumière électrique est trop forte et ne laisse pas un recoin d'ombre".


Dans les années 70 et surtout dans les années 90, le développement des manga et animes touche un public de plus en plus large et remet au goût du jour ces créatures de l'ombre. Mizuki fut particulièrement important pour le renouveau des yôkai. La publication et le succès de son manga Gegege no Kitaro (Kitaro le repoussant) en 1959 ont donné une nouvelle légitimité à ces croyances et ont fait revivre les légendes d’autrefois. Les yôkai connaissent ainsi aujourd’hui un troisième âge d'or.
 


La forme du dictionnaire : faire un ouvrage pratique et synthétique


L’utilisation du mot « dictionnaire » en sous-titre a sans aucun doute été choisi pour la forme qu’ont pris ces livres. C'est en effet un classement de tous les yôkai par ordre alphabétique (alphabet romaji). Chaque page est dédiée à un yôkai particulier. Elle est autonome, et peut se lire indépendamment des autres. Une lecture suivie n’est donc pas obligatoire.


Chaque notice suit à peu près le même schéma :


— Une localisation de l'origine du yôkai, toujours très précise.
L'étymologie de son nom, ou tout du moins sa signification en japonais.
Les pouvoirs ou les actions du yôkai.
Une historiette qui illustre les propos précédents, souvent très plaisante à lire. Elle correspond à des contes très courts ou à des anecdotes divertissantes souvent pleines d'humour.


Ce canevas permet à l’auteur, tout en étant bref, de donner un maximum d’informations sur le yôkai étudié.

Mizuki se place en ethnologue récoltant les légendes d'autrefois et semble apporter un regard objectif. Il se veut le passeur de vieilles croyances, et fait part des différentes versions des récits concernant un yôkai, qui diffèrent selon les régions. Pour élaborer ce dictionnaire, il s'est servi des notes qu'il avait pu prendre au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses lectures. Il fait ainsi référence à d'anciens ouvrages, ou à des textes inédits qu'il a pu consulter chez des particuliers.  Il tente d'authentifier ses propos et de les rendre crédibles en multipliant les citations de sources et les explications rationnelles.

Cependant, il fait malgré tout de ce dictionnaire quelque chose de très personnel en y insérant de nombreuses allusions à ses propres expériences. Ce pourrait être ce que l'on appelle un "dictionnaire amoureux", très en vogue aujourd'hui. Mizuki ponctue ainsi son dictionnaire de nombreuses anecdotes personnelles, de souvenirs de son enfance où il a croisé certaines de ces créatures, et qui témoignent de son rapport très étroit avec ces croyances.

La particularité de ce dictionnaire est aussi liée au métier de son auteur. Mizuki étant mangaka, il ne pouvait rendre compte de ces créatures sans les dessiner. Chaque page est ainsi illustrée par l'auteur lui-même. Il nous offre une copie des estampes anciennes ou ses propres créations pour nous faire imaginer l'aspect de ces créatures. Un artiste particulier joue un rôle considérable dans le dessin de Mizuki : il s’agit de Toriyama Sekien, grand peintre du XVIIIe siècle, spécialiste des contes et légendes traditionnels du Japon qui a recensé et représenté sur des estampes de nombreux yôkai. Mizuki a été profondément influencé par ce travail. D'autres monstres sont aussi une pure création de Mizuki . Cette part de création personnelle explique les différences de représentation de yôkai entre auteurs. Ils sont donc plus reconnaissables à leurs effets qu'à leur physique.

 

 

La finalité des yôkai

Au fil de la lecture de ce dictionnaire des yôkai, on s'aperçoit que la création de ces monstres n'était souvent pas gratuite. Ils avaient effectivement un rôle important dans la vie quotidienne des Japonais et incarnaient des dangers à éviter, des peurs. À vertu pédagogique, ces créatures expliquent l'origine des choses ou prônent les comportements à adopter.
 
TOTORO.jpg

 

L’utilité du dictionnaire

Ce dictionnaire peut avoir divers usages. Par la découverte des yôkai et des multiples historiettes, sa lecture permet de mieux connaître la culture japonaise, de découvrir un imaginaire riche et loufoque, d’établir des parallèles entre culture japonaise et culture occidentale. Cependant, l’utilité la plus directe sera de comprendre les nombreuses allusions et les personnages présents dans les dessins animés, films d’animation, films et mangas japonais. Une lecture riche et utile.


En complément

 

http://monstresjaponais.jimdo.com (site en construction)

 

 

 

K.B., AS bib 2010.

 


 

 

Shigeru MIZUKI sur LITTEXPRESS

 

Mizuki Kitaro 01

 

 

 

 

 

 

 

 

Article de Nathalie sur Kitaro le repoussant

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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