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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 07:00

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MURAKAMI Haruki
村上 春樹

 

 

 

 

1Q84
いちきゅうはちよん
Ichi-kyū-hachi-yon
traduit du japonais

par Hélène Morita

Belfond, 2011

 

 

 

 

 

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Kafka sur le rivage
海辺のカフカ

Umibe no Kafuka
traduit du japonais
par Corinne Atlan
Belfond, 2006


 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur l’auteur

Né le 12 janvier 1949 à Kyoto, Murakami Haruki est l’un des auteurs les plus talentueux de sa génération. Il est d’ailleurs souvent pressenti pour le Prix Nobel.

Peu après la fin de ses études, il achète un club de jazz, et peut ainsi s’adonner à l’une de ses passions : la musique (les références musicales sont très nombreuses dans son œuvre). En 1979, il publie son premier roman, Écoute la voix du vent, qui reçoit le prix Gunzo. C’est le début d’une longue série de romans à succès : La ballade de l’impossible (1987), La course au mouton sauvage (1982), Les amants de Spoutnik (1999), Kafka sur le rivage (2002), pour lequel il a reçu le prix Kafka en 2006… Il écrit aussi régulièrement des nouvelles, comme celles de Après le tremblement de terre, en 1995 qui fait référence au séisme survenu à Kōbe, ville où il a été élevé, Saules aveugles, femme endormie (1980-1996) ou encore Sommeil (1989). En 2009, il publie aussi  Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, dans lequel il assimile la pratique de la course à pied à sa façon de concevoir l’écriture.

En 1986, il s’expatrie aux États-Unis, où il enseigne la littérature japonaise à Princeton. Il retourne au Japon en 1995, après le tremblement de terre de Kōbe.

Murakami Haruki a traduit de nombreux auteurs américains comme Fitzgerald, Carver, Irving, Chandler…

Ses écrits, fréquemment fantastiques, sont ancrés dans un quotidien qui, subtilement, sort des rails de la normalité. En filigrane de ses œuvres, on retrouve bien souvent une analyse sociale et des personnages tiraillés, souvent à la recherche d’une identité.



Résumé des œuvres

Kafka sur le rivage

Ce récit met en scène deux personnages en tout point dissemblables, qui ne se rencontrent jamais, mais dont les destinées finissent tout de même par se croiser et s’entremêler. On y suit les aventures du jeune Kafka, quinze ans, qui fuit le domicile familial pour échapper à une terrible malédiction énoncée par son propre père : « Tu tueras ton père et tu coucheras avec ta sœur et ta mère ». Il atterrit dans une petite ville du Shikoku, où il trouve refuge dans une bibliothèque dans laquelle travaillent la mystérieuse Mlle Saeki et Oshima san, personnage tout à fait « hors normes ». C’est une véritable quête initiatique qu’il entreprend alors.

En parallèle, on suit l’histoire du vieux Nakata, qui, ayant été victime d’un mystérieux incident pendant la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il était enfant, a perdu la mémoire et n’a jamais pu réapprendre à lire et à écrire. Il a cependant une surprenante capacité : il sait parler aux chats. Après avoir commis un meurtre qu’il ne peut s’expliquer, il entreprend lui aussi un voyage pour trouver une mystérieuse « pierre de l’entrée ». Il sera aidé dans son périple par un jeune camionneur, Hoshino, qui se prend d’affection pour le vieillard.

Les deux protagonistes ne se rencontreront jamais mais sont liés par cette « pierre de l’entrée » qui ouvre un passage vers une sorte de monde parallèle, un monde où Nakata aurait laissé ses souvenirs et sa capacité à lire et à écrire, où Mlle Saeki aurait laissé son esprit de jeune fille.



1Q84

1Q84 se présente aussi comme un roman polyphonique, axé autour de deux personnages principaux :

Aomamé est coach sportif dans un club huppé de Tokyo. De temps à autre, elle travaille aussi pour le compte d’une riche septuagénaire qui donne refuge à des femmes victimes de violences conjugales. Aomamé est chargée de faire disparaître ces hommes qui ont été violents envers leurs femmes. Un jour, la vieille femme lui confie une ultime mission, celle de tuer le leader d’un groupe religieux, les Précurseurs, très puissant et presque impossible à approcher. Elle l’accuse en effet du viol de plusieurs fillettes d’une dizaine d’années.

Tengo Kawana, quant à lui, est professeur de mathématiques en classe préparatoire mais espère un jour devenir romancier. Son éditeur lui propose de remanier stylistiquement, en tant que ghost writer, le roman d’une jeune lycéenne dyslexique de dix-sept ans, La chrysalide de l’air, pour qu’elle puisse obtenir un prestigieux prix littéraire.

On a donc affaire à deux personnages que tout semble opposer. Cependant, un lien très fort existe entre eux, lien accentué par leurs rapports avec d’autres personnages.

Eriko Fukada, alias Fukaéri, jeune lycéenne dyslexique et auteur de La chrysalide de l’air, est en fait la fille du leader des Précurseurs. Cette œuvre, qui au premier abord reste une œuvre de fiction, décrit en réalité l’enfance de Fukaéri et les éléments qu’elle y dévoile menacent les secrets de la secte. Elle y raconte comment de petits êtres, les Little People, tout droit sortis de la bouche d’une chèvre morte, tissent une sorte de cocon dans l’air, une chrysalide qui renferme son double à elle.

Ce monde, où les Little People constituent une force importante, est dominé par deux lunes : l’une blanche et bien ronde comme on la connaît et l’autre plus petite, difforme et verte.

Or, au bout d’un moment, les deux protagonistes se rendent compte de la présence des deux lunes : ils ont imperceptiblement glissé dans cet autre monde, celui du roman de Fukaéri.

Une troisième voix fait son apparition dans le dernier livre, celle d’Ushikawa, petit homme disgracieux qui agit pour les Précurseurs. Il est chargé de retrouver Aomamé après que celle-ci a réussi l’assassinat du Leader des Précurseurs. C’est le premier à établir le lien qui existe entre Tengo et Aomamé (même si le lecteur l’a deviné depuis bien longtemps). Dans le dernier tome de 1Q84, beaucoup plus statique que les précédents, son rôle est de faire le lien entre les différentes composantes de l’intrigue, de rétablir les faits dans un ordre plus ou moins chronologique.

Pourquoi 1Q84 ? Tout d’abord, c’est le nom qu’Aomamé donne au monde à deux lunes. Le Q représente pour elle ses questionnements sur ce monde, qu’elle ne remet pas en cause, qu’elle accepte mais qui lui pose quand même problème. De plus, en japonais, la lettre Q se prononce comme le chiffre 9 (Kyu). Il y a bien entendu une référence explicite à George Orwell et à son roman d’anticipation 1984. À la fin du second opus, on a même une référence directe à 1984, avec la célèbre phrase « Big Brother is watching you ».



Éléments communs aux deux œuvres

J’ai choisi de présenter 1Q84 en regard de Kafka sur le rivage parce que dès les premiers chapitres de la trilogie j’ai trouvé des ressemblances avec l’avant-dernier roman de Murakami, ne serait-ce que dans leur construction en deux temps, avec deux voix narratives (il me semble que d’autres récits de l’auteur se développent de cette façon :  La fin des temps, Les amants de Spoutnik…). Les deux histoires ne sont bien entendu pas les mêmes et les styles sont sensiblement différents. Cependant, certains thèmes apparaissent et semblent être un moteur dans l’œuvre de Murakami, en particulier pour 1Q84 et Kafka sur le rivage, qui pour moi font partie d’un même cycle. Je me propose d’en développer quelques-uns.



Le réalisme magique

Le réalisme magique est une appellation utilisée par la critique littéraire et la critique d’art depuis 1925 pour rendre compte de productions où des éléments perçus et définis comme « magiques », « surnaturels » et « irrationnels » surgissent dans un environnement « réaliste », à savoir un cadre historique, géographique, culturel et linguistique vraisemblable et ancré dans une réalité reconnaissable. Le lecteur hésite toujours et ne peut se prononcer sur la teneur des événements (fantastique ? surréaliste ? merveilleux ?) ; tout ce qu’il est tenté de nommer « surnaturel » semble normal aux yeux de l’instance narrative.

Dans les deux œuvres de Murakami, c’est bien de réalisme magique que l’on peut parler. Les personnages font face à des événements extraordinaires, passent d’un monde à l’autre sans jamais s’en étonner ou remettre en cause ce qui leur arrive. C’est à peine s’ils se posent des questions. Le jeune Hoshino, lorsqu’il apprend que c’est Nakata qui a fait tomber du ciel des sardines et des sangsues, lui demande juste de faire plus attention quand il prévoit une pluie mystérieuse, parce que cela pourrait être dangereux. Il est quand même conscient que ce n’est pas normal – il répète tout le temps « je suis scié » –, mais accepte sans discuter tous les événements étranges qui adviennent autour du vieillard.

Aomamé et Tengo, quant à eux, acceptent aisément le fait d’être passés dans un autre monde. C’est le lecteur qui se pose le plus de questions, d’autant plus que Murakami se plaît, à travers un univers onirique, à laisser nombre d’éléments en suspens.



L’univers onirique

À la fin des deux histoires, beaucoup de questions restent sans réponse, les éléments donnés par l’auteur sont imprécis, comme à la sortie d’un rêve. Le caractère onirique des œuvres est d’ailleurs incontestable. Les personnages sont toujours à la limite du rêve et de la réalité. Dans Kafka sur le rivage, ils se demandent même si la notion de responsabilité ne commencerait pas dans les rêves (référence au poète Yeats), si ceux-ci n’auraient pas un impact sur la réalité. C’est en rêve que Kafka accomplit une partie de la prédiction énoncée par son père. À travers leurs rêves qui ont un caractère très physique et semblent détenir une vérité, les personnages ressentent les choses comme si elles étaient réelles. C’est dans un rêve qu’Aomamé comprend qu’elle est enceinte. Elle y a aussi une vision qui lui montre ce que lui feraient subir les Précurseurs si jamais ils la trouvaient. Par la suite, cette vision prend forme dans le roman, pas pour Aomamé mais pour un autre personnage. L’esprit semble donc posséder sa propre indépendance et peut agir en dehors du corps physique : le père de Tengo qui est dans le coma, tapote parfois sur son lit avec ses doigts, comme s’il frappait aux portes en tant qu’ancien collecteur de la NHK qu’il est. Or, à différents moments du roman, les personnages reçoivent tous la visite d’un mystérieux collecteur de la NHK, qui se fait très insistant, et dont le comportement ressemble à celui du père de Tengo lorsqu’il était plus jeune.

Mais tout rêve reste elliptique et mystérieux. C’est au rêveur, et en l’occurrence aussi au lecteur, de tisser des liens entre les différents éléments, d’élaborer des hypothèses ou au contraire de choisir de rester dans le vague.



L’écriture

Certains reprochent à Murakami cette écriture elliptique, qui déstabilise le lecteur et lui fait perdre ses repères. Ses détracteurs analysent sa volonté de ne pas donner toutes les informations comme un danger pour les cadres du roman. Selon Yoichi Komori, Murakami « met à mort les moyens expressifs du roman en détruisant toute logique narrative : les évènements racontés s’y suivent sans nécessité, car leurs causes sont occultées ou absurdes »

Pour moi, ce n’est pas le cas. L’écriture de Murakami est très maîtrisée, il distille les informations à travers ses livres juste quand il le faut, notamment dans 1Q84. De ce fait, le lecteur est toujours en alerte. Il n’est pas passif mais complètement absorbé par l’histoire. C’est cette écriture elliptique qui nous tient en haleine, qui fait qu’on ne peut détourner nos yeux des lignes et qui donne à chaque phrase une sorte d’impact particulier. À partir des éléments qu’il a en main, le lecteur est amené à fonder ses propres hypothèses, à donner un sens particulier à l’histoire.

Dans 1Q84, les personnages ont cette réflexion sur ce que doivent être l’écriture ou le roman. Lorsque Tengo parle de la réécriture de la Chrysalide de l’air avec son éditeur, celui-ci lui reproche de ne pas assez être précis : « Les gens sont abandonnés au milieu d’un lac de mystérieux points d’interrogation. Les lecteurs risquent d’interpréter ce manque d’information pour de la paresse d’auteur ». Ce à quoi Tengo répond : « Si un auteur réussit à écrire un récit agencé de façon exceptionnellement intéressante, qui transporte le lecteur jusqu’à l’extrême fin, qui pourrait qualifier de paresseux un tel auteur ? ». Et c’est exactement ce qu’on ressent pour les œuvres de Murakami. Il réussi à transporter le lecteur jusqu’aux frontières des mondes, jusqu’aux frontières de l’esprit.



Le passage entre les mondes

En outre, la façon dont Tengo écrit ressemble étrangement à celle de Murakami : ils poussent tous les deux une porte qui mène vers un « ailleurs », une « autre pièce » selon Murakami et sont complètement absorbés par ce monde. Murakami le dit lui-même : « Je vais chaque jour à mon bureau, je m’assois à ma table et j’allume l’ordinateur. Là, je dois ouvrir la porte. C’est une grande, une lourde porte. Il faut passer dans l’autre pièce ». Pour Tengo, c’est un peu la même chose.

Ce concept de deux mondes se retrouve dans les deux romans. Les personnages se retrouvent toujours à la lisière des mondes. Certains peuvent même passer d’un monde à l’autre, mais toujours de manière imperceptible (un peu comme l’image des Torii, ces portiques qui permettent de passer dans l’espace du sacré). Aomamé franchit le passage qui la mène vers le monde à deux lunes en passant par un escalier de service à côté d’une autoroute. Mais elle ne s’en rend pas compte immédiatement. Lorsqu’elle retourne à cet escalier plus tard dans le roman, il semble ne pas y avoir de retour possible. Les Little People franchissent eux aussi un passage qui les mène dans le monde à deux lunes : ils passent à travers le corps endormi ou mort d’un être fait de chair et de sang, et rendent possible leur action sur ce monde grâce à l’âme de ce corps, à partir de laquelle ils tissent une chrysalide de l’air.

Dans Kafka sur le rivage, il y a une frontière floue entre la réalité et le monde des rêves, le dernier pouvant influer sur la première. La pierre de l’entrée, que le vieux Nakata recherche activement, sert de lien entre les deux mondes. Cette pierre, une fois retournée, peut ouvrir ou fermer le « passage ». Selon Nakata et Mlle Saeki, ceux qui ont réussi à faire l’aller-retour par ce passage ont vu leur ombre diminuer de moitié. Ils ont donc laissé un part d’eux-mêmes dans cet ailleurs. Nakata y a laissé ses souvenirs et sa capacité d’apprentissage, Mlle Saeki une version d’elle-même à 15 ans. Cette version « fantomatique » de Mlle Saeki arrive d’ailleurs à franchir le passage pour visiter Kafka dès que la nuit tombe. Kafka arrive lui aussi, lors d’une marche en forêt, à rejoindre l’ailleurs de cette jeune fille, mais on ne sait pas vraiment à quel moment il passe d’un monde à l’autre. Les personnages de Murakami sont toujours à la frontière entre deux mondes, qui semble représenter la frontière qu’il peut y avoir entre le corps et l’esprit, entre le rêve et la réalité.



Le rapport au corps

Pour passer cette frontière, une force mentale est nécessaire, mais elle doit aussi s’appuyer sur une force physique.

Murakami en parle le premier. S’il s’est mis au marathon, c’est pour consolider son corps. Il a besoin de force pour pousser cette lourde porte lorsqu’il se met à écrire. Pour lui, le fait d’écrire est très physique, parce que c’est un travail qui se fait sur le long terme. Il a donc un mode de vie très réglé et routinier. Mais cette routine est nécessaire selon lui pour mettre de l’ordre dans le chaos de l’esprit. « Il faut du sens pratique pour écrire ».

Or cette routine et cet entretien du corps, décrits de manière assez crue et détachée par Murakami, se retrouvent chez ses personnages. Aomamé, Tengo ou Kafka prennent toujours le temps d’exercer leur corps, de façon parfois extrême, et l’on assiste à de nombreuses scènes d’entraînement dans les deux ouvrages.

Kafka a besoin de devenir le garçon le plus courageux du monde, et ce courage passe par la force physique. Pour Aomamé et Tengo, il s’agit de devenir fort pour échapper à la domination familiale. L’entretien physique du corps est donc un moyen de conquérir une indépendance vis-à-vis des parents avec lesquels les personnages sont souvent en conflit.



Rapports familiaux et sociaux conflictuels

Ce conflit, c’est aussi celui que l’auteur a connu avec ses propres parents. Et ce rejet de l’autorité familiale, notamment l’autorité paternelle, se retrouve dans les personnages.

Kafka veut absolument se débarrasser de tout ce qui peut le relier à son père, énonciateur de la terrible prophétie, et il regrette de ne pas pouvoir se débarrasser de son corps, hérité des gènes paternels. Aomamé quitte à onze ans ses parents, adeptes des Témoins, qui l’obligeaient à suivre leur foi. Tengo, lui, était obligé de suivre son père dans ses tournées de collecte de la redevance de la NHK. On observe donc une révolte contre le système familial, et notamment contre la figure du père (la figure maternelle est quasi absente des romans).

À travers cette rupture avec la famille, on remarque que les personnages restent très souvent seuls, et ne nouent pas vraiment de liens sociaux, mis à part pour le travail. Et quand ils se lient à quelqu’un c’est par une sorte de nécessité, une force qui les pousse à le faire. L’amour qui est présent dans les romans est loin d’être un amour conventionnel. On ne parle presque pas de sentiments mais plutôt de nécessité, de déterminisme, de destinée. Il semblerait que les personnages tombent amoureux parce qu’ils le doivent, parce que c’est écrit.



Les références culturelles

Les romans de Haruki Murakami sont pétris de références culturelles, notamment musicales et littéraires.

Chaque livre fonctionne par exemple avec une sorte de bande sonore et certains morceaux font office de leitmotiv. Dans 1Q84, c’est la Sinfonietta de Janacek qui est présente des premières pages jusqu’aux derniers chapitres du tome 3. Dans Kafka sur le rivage, Hoshino écoute sans cesse le Trio à l’archiduc de Beethoven.

Murakami livre aussi des analyses très fines de différents morceaux de classique ou de jazz (Schubert, Coltrane…). Il est d’ailleurs passionné de musique et n’envisage pas d’écrire sans en écouter.

Les personnages lisent aussi régulièrement : Kafka, Sōseki, Yeats, Proust, Tchekhov… Les références littéraires sont nombreuses et viennent en général appuyer les réflexions philosophiques ou existentielles des personnages. Une référence est commune aux deux ouvrages : une citation d’Anton Tchekhov, qui dit que « si un revolver apparaÏt dans une histoire, à un moment donné, il faut que quelqu’un s’en serve ». Dans Kafka sur le rivage, cette citation a un sens métaphorique. Hoshino, le jeune camionneur, ne comprend pas pourquoi il est si important de rechercher la « pierre de l’entrée ». Un étrange personnage qui se fait passer pour le colonel Sanders lui répond : « Pour tout te dire, cette pierre en elle-même n’a pas d’importance. Les circonstances exigent la participation d’un certain objet, et il se trouve qu’il s’agit de cette pierre. Comme l’a si bien dit l’écrivain russe Anton Tchekhov : ‘si un revolver apparait dans une histoire, à un moment donné, il faut que quelqu’un s’en serve’. Ce qu’il voulait dire, c’est que ce qui n’est pas indispensable n’a pas besoin d’exister. Ce qui a un rôle à jouer doit exister. » Dans 1Q84, cette citation a une signification beaucoup plus concrète. Aomamé, pourchassée par les Précurseurs, demande au garde du corps de la vieille dame de lui procurer une arme à feu, au cas où il lui arriverait quelque chose. Le garde du corps lui demande d’être prudente, en lui rappelant la célèbre maxime de Tchekhov.

Les références culturelles présentes dans les romans de Murakami ont donc toujours une utilité et ne sont jamais de simples fioritures.



Conclusion

Les romans de Murakami sont une réelle invitation à l’évasion. Très riches, ils se dévoilent un peu plus à chaque lecture. Chacun est libre d’y apporter une interprétation personnelle. Magnifiquement orchestrés, ils témoignent de la maestria de l’auteur qui parvient avec brio à nous faire entrer dans cet « ailleurs » qu’il affectionne tant. À lire et relire sans modération !


Charlotte, AS éd.-lib.

 

 

 

MURAKAMI Haruki sur LITTEXPRESS


Murakami Haruki Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

 

 

Article de C.M. sur Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

 

 

 

 


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Articles de Mélanie et Pierre-Yann sur Sommeil.

 

 

 

 

 

chroniques-loiseau-ressort-haruki-murakami-L-1

 

 

 Article d'E.M. sur Chroniques de l'oiseau à ressort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

murakami-haruki-saules-aveugles.gif

 

 

 

Saules aveugles, femme endormie, article de Claire.

 

 

 

 

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Les amants du spoutnik
,
 articles de  Julie et de Pauline.






L'éléphant s'évapore
: articles de Noémie et de Samantha







Le Passage de la nuit
:
articles d' Anaïs,  Anne-Sophie, Julia et Marlène, Chloé, E. M., Virginie.








Kafka sur le rivage
:
articles de Marion, Anthony, P.







La Course au mouton sauvage
: articles de Laura, J., et B.

 

 

 

 

 

Murakami Haruki Danse-danse-danse

 

 

Articles de Chloé et de Maureen sur Danse, danse, danse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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