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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 07:00

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MURAKAMI Haruki
村上 春樹
Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
Hashiru-koto ni tsuite kataru-toki ni boku no kataru-koto
走ることについて語るときに僕の語ること
traduction
d’Hélène Morita
Belfond, 2009,
10-18, 2009


 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’est plus nécessaire de revenir sur la biographie de Murakami Haruki maintes fois reprise dans de précédents articles: auteur culte, mais reconnu davantage pour ses romans comme La ballade de l’impossible, Au sud de la frontière, Kafka sur le rivage et bien d’autres, que pour ce « journal, essai autobiographique, éloge de la course à pied » dans lequel il « se dévoile et nous livre une méditation lumineuse sur ce bipède en quête de vérité qu’est l’homme » (4e de couverture).



En 1982, ayant vendu son club de jazz pour se consacrer pleinement à l’écriture, Murakami a alors trente-trois ans et se met à la course à pied pour garder la forme. Finies les sorties, plus de cigarettes (deux paquets par jour !), mais une hygiène de vie saine et une astreinte à des horaires réguliers. Une année plus tard, il réussit un défi qu’il s’est lancé, celui de courir d’Athènes à Marathon (soit un marathon, c’est-à-dire 42,195 kilomètres), et aujourd’hui, après des dizaines de courses d’une telle distance et même plus, auxquelles il faut ajouter de nombreux triathlons (épreuve réunissant natation, vélo puis course à pied) et une liste non négligeable d’ouvrages reconnus à travers le monde, il décrit dans Autoportrait de l’auteur en coureur de fond l’influence que le sport a eue sur sa vie, et même plus, les conséquences positives d’une pratique régulière et en solitaire de la course à pied sur son écriture (dix kilomètres par jour pendant une heure, six jours sur sept, et toutes les semaines de l’année). Haruki Murakami a mis dix ans avant de faire se rencontrer ses deux passions, ce qui donne un mélange explosif lorsque le sport se confronte à la littérature.

Tel un carnet de route, le texte suit la progression de cet auteur, de ses débuts en tant qu’amateur à ses compétitions qui très vite deviennent annuelles. Confessions sur ses préparations quotidiennes, non seulement physiques mais aussi mentales, ses exploits comme ses échecs, rien n’est laissé de côté. C’est avec humilité qu’il nous détaille sa préparation durant quatre mois pour le marathon de New York en 2005 et nous fait voyager dans différents univers, de Tokyo à Boston en passant par Hawaï et Cambridge. Et c’est également au travers de ses paradisiaques terrains d’entraînement que Murakami nous propose un large éventail de ses souvenirs et ses pensées les plus profondes : le fantastique instant où il décida de devenir écrivain, ses plus grandes réussites et déceptions, ses blessures, sa passion pour la musique jazz et soul (qu’il écoute en courant), et l’expérience, après cinquante ans, d’avoir vu ses temps de course s’améliorer grâce à une volonté sans faille puis se détériorer au fil du temps. Mais tout détail sur sa vie privée est exclu.

Si vous êtes un fervent adorateur du triathlon, la ville japonaise où vit Murakami ne doit pas vous laisser indifférent puisqu’elle en organise régulièrement un, auquel l’écrivain a bien évidement participé. Coïncidence originale…

Avec cet ouvrage, nous sommes loin de ses romans et nouvelles habituels, et nous nous retrouvons ici face à son premier récit écrit à la première personne, une autobiographie cinglante, dans laquelle il nous communique les souffrances qu’il a endurées et maîtrisées du mieux possible. Ne jamais abandonner, ne jamais s’arrêter, ne jamais marcher. Même s’il participe à de nombreuses compétitions, il court pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés et non pour la compétition :

« Mon temps, le rang que j’obtiens, mon apparence, les critiques des autres, tout cela est secondaire. Pour un coureur comme moi, ce qui est vraiment important est d’atteindre le but que j’ai assigné à mes jambes. Je donne tout ce que j’ai, je supporte ce que je dois supporter, et j’obtiens ce qui compte pour moi. »

Un état d’esprit différent de celui de beaucoup d’autres sportifs de compétition qui recherchent non seulement le dépassement de soi mais surtout la confrontation à autrui. Peu importe. Ce qui compte est ce que l’on ressent en recevant les encouragements des spectateurs, et notamment au moment du sprint final, dernier effort avant la libération. Bien plus que le soutien du public, ce qui compte aussi est l’entraide entre les coureurs pendant les courses et les entraînements, que ce soient eux qui nous dépassent ou l’inverse. Car même si c’est un sport individuel, c’est aussi un sport d’échanges, muets mais d’autant plus percutants, où chacun apporte à l’autre, par un regard, un mot d’encouragement parfois, ou l’ignorance même, ce qui donne la force d’avancer encore et toujours, et d’aller au-delà de ce que l’on se pensait capable d’accomplir. C’est de cette force et de la leçon de vie qu’il en a tirée que Murakami s’inspire pour écrire :

 

« En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j’ai appris en courant chaque matin. Tout naturellement, il s’agit de choses pratiques, physiques. Jusqu’où puis-je me pousser ? Jusqu’à quel point est-il bon de s’accorder du repos et à partir de quand ce repos devient-il trop important ? Jusqu’où une chose reste-t-elle pertinente et cohérente et à partir d’où devient-elle étriquée, bornée ? Je suis sûr que lorsque je suis devenu romancier, si je n’avais pas décidé de courir de longues distances, les livres que j’ai écrits auraient été extrêmement différents. »


« Bien entendu, je ne sais absolument pas combien de temps je poursuivrai réellement ce cycle d’actions infécond. Mais je m’y suis attelé avec opiniâtreté depuis si longtemps, et sans m’en lasser, que je crois bien que je continuerai aussi longtemps que je le pourrai. Les courses de fond m’ont éduqué, ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui (en plus ou en moins, en mieux ou en pire). Aussi longtemps que possible, j’espère que nous continuerons à vivre côte à côte, ma compagne la course et moi. »



Ce livre ne fait pas partie des dizaines d’ouvrages déjà existants sur la course à pied et triathlon qui relatent les bienfaits d’une activité sportive régulière, l’hygiène de vie à adopter, les besoins alimentaires du sportif et autres. Ce n’est pas la vision de tous les sportifs que Murakami développe dans cet ouvrage, mais la sienne, son propre récit de vie, librement et simplement, sans tabou. Il n’a pas peur des mots, qui pourraient étonner voire choquer les lecteurs qui ne connaissent pas cet engouement extrême pour le sport et ne partagent la souffrance de l’auteur que durant quelques pages seulement, alors que lui l’a subie (mais bien évidement choisie) pendant des heures… Voilà pourquoi Haruki Murakami souhaite faire écrire sur sa tombe : « Écrivain (et coureur). Au moins, jusqu’au bout, il n’aura pas marché ».



C.M, 2e année bib.-méd.

 


 

MURAKAMI Haruki sur LITTEXPRESS



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Articles de Mélanie et Pierre-Yann sur Sommeil.

 

 

 

 

 

chroniques-loiseau-ressort-haruki-murakami-L-1

 

 

 Article d'E.M. sur Chroniques de l'oiseau à ressort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Saules aveugles, femme endormie, article de Claire.

 

 

 

 

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Les amants du spoutnik
,
 articles de  Julie et de Pauline.






L'éléphant s'évapore
: articles de Noémie et de Samantha







Le Passage de la nuit
:
articles d' Anaïs,  Anne-Sophie, Julia et Marlène, Chloé, E. M., Virginie.








Kafka sur le rivage
:
articles de Marion, Anthony, P.







La Course au mouton sauvage
: articles de Laura, J., et B.

 

 

 

 

 

Murakami Haruki Danse-danse-danse

 

 

Articles de Chloé et de Maureen sur Danse, danse, danse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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