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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 10:00

Murakami-Haruki-Danse-danse-danse.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MURAKAMI Haruki
Danse, danse, danse

traduit par Corinne Atlan 

Seuil,1998

Points, 2004

réédition Cadre vert, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 « Je rêve souvent de l’hôtel du Dauphin. Dans mon rêve je fais partie de l’hôtel. Le bâtiment, déformé, s’allonge interminablement, en une sorte de prolongation de mon être. On dirait un immense pont surmonté d’un toit. Et ce pont qui m’englobe s’étend de la préhistoire aux confins de l’univers. Il y a aussi quelqu’un qui pleure dans mon rêve. Quelque part, quelqu’un verse des larmes pour moi. Je perçois nettement les battements de cœur et la douce chaleur de cet hôtel dont je ne suis qu’une infime partie. Je rêve… »

200px-Haruki_murakami_a_wild_sheep_chase_.jpgDanse, danse, danse est la suite de La course au mouton sauvage (2002, Seuil). Le lecteur y retrouve le narrateur, un journaliste trentenaire sans attaches, désabusé et à la dérive. Dès les premières lignes du texte, le lecteur entre dans l’univers de Murakami, qui mélange réel et fantastique. Quatre ans après l’avoir quitté dans le tome précédent, le narrateur rêve de l’hôtel du Dauphin, et y est attiré presque malgré lui. Cette pulsion magique est renforcée par la présence dans son fantasme du fameux homme-mouton, un personnage très mystérieux qui semble venu de l’au-delà pour le guider. Le narrateur essaie tout d’abord de démêler le rêve de la réalité, en analysant des faits bizarres, incompréhensibles, et ses hallucinations.

Cependant la pulsion est plus forte et il se rend à l’Hôtel du Dauphin, à Sapporo sur l’île d’Hokkaido au nord du Japon. C’est un établissement miteux, où il a autrefois passé la nuit avec une de ses conquêtes — dont il ne connaissait pas le nom mais qu’il appelait Kiki, une call-girl de luxe aux merveilleuses oreilles. Elle avait disparu dans La course au mouton sauvage et le narrateur entend son appel au secours dans un de ses rêves. Sur place, il découvre que L'Hôtel du Dauphin est devenu un immense palace, financé par la spéculation immobilière, la corruption et la mafia japonaise (yakusa), et que seul le nom n’a pas été modifié.

Il y tombe amoureux de Yumioshi, la jeune réceptionniste, avec qui il revient du monde des ténèbres, le 15e étage de l’hôtel, un lien vers l’au-delà qui se révèle paranormal et vraiment inquiétant. Perdu, le narrateur ne sait plus ce qu’il fait, se pose des questions sur lui-même et c’est alors, à cet étage, qu’il revoit l’homme-mouton dont le rôle consiste à « relier les choses ». Le fantastique arrive ainsi au bon moment, et les événements s’enchaînent ensuite pour le narrateur qui s’est lancé dans une introspection totale, au point de fantasmer sa vie. Perdu, l’homme-mouton lui servira de mentor, mais est-ce vraiment pour son bien ?

« Ayant épuisé le rêve, c'est la réalité qui l'attend au bout du chemin. » Lire

murakami-haruki-danse-danse-danse-2.jpg

Extrait

Le discours de l’homme-mouton

« Tu as besoin de moi parce que tu es en pleine confusion. Tu ne sais plus ce que tu cherches. Tu as perdu de vue ce que tu cherchais, tu t’es perdu de vue toi-même […] » « Qu’est-ce je dois faire, alors ? […] » « Danser, répondit l’homme-mouton. Continuer à danser tant que tu entendras la musique […] Ne te demande pas pourquoi. Il ne faut pas penser à la signification des choses. Il n’y en a aucune au départ. Si on commence à y réfléchir, les jambes s’arrêtent. Tous tes liens disparaîtront. Pour toujours. Et tu ne pourras plus vivre que dans ce monde-ci, de ce côté. Tu seras aspiré par le monde d’ici. C’est pour ça qu’il ne faut pas t’arrêter. Même si tout te paraît stupide, insensé, ne t’en soucie pas. Tu dois continuer à danser en marquant les pas. Et dénouer peu à peu toutes ces choses durcies en toi … ».



Mon point de vue

L’écriture très romanesque déployée par Murakami Haruki dans La course au mouton sauvage se retrouve parfaitement dans ce second tome. Le narrateur s’embarque ou est embarqué (le lecteur ne sait pas et pourrait dire « comme d’habitude ») dans des situations improbables et rencontre des personnages fantastiques comme cet homme-mouton par exemple Le mélange entre romanesque et fantastique fascine, il sait accrocher et tenir en haleine le lecteur, qui veut en savoir plus tout en ne comprenant jamais trop bien ce qui se passe. Les événements s’enchaînent parfois sans rapport, et le mystère reste présent grâce au côté extraordinaire de l’intrigue. Toute rationalisation se révèle impossible, car les seules explications données aux événements fantastiques le sont encore plus.


Le cadre spatio-temporel de l’histoire est très accessible parce que contemporain, ce qui rend le texte très proche de la tradition du roman occidental. L’auteur convoque Faulkner, Kafka, David Bowie, Mickael Jackson, Les Beach Boys, et multiplie les références à l’occident. Murakami possède une écriture claire, sans superflu malgré beaucoup de détails et avec ce qu’il faut de surnaturel pour surprendre efficacement le lecteur. L’absurdité du quotidien du narrateur devient celle du lecteur, faisant de l’enquête initiale une danse fantastique, fantasmagorique et enivrante.


Chloé Verdon, 2e année Éd.-Lib.

 

 

MURAKAMI Haruki sur LITTEXPRESS

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Article de Mélanie sur Sommeil.

 

 

 

 

 

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 Article d'E.M. sur Chroniques de l'oiseau à ressort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Saules aveugles, femme endormie, article de Claire.

 

 

 

 

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Les amants du spoutnik
, article de Julie






L'éléphant s'évapore
: articles de Noémie et de Samantha







Le Passage de la nuit
:
articles d' Anaïs,  Anne-Sophie, Marlène, Chloé, E. M., Virginie.








Kafka sur le rivage
:
articles de Marion, Anthony, P.







La Course au mouton sauvage
: articles de Laura, J., et B.

 

 

 

 

 

 


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Published by littexpress - dans Réalisme magique
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