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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 07:00

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MURAKAMI Haruki
村上 春樹
La Ballade de l’impossible
ノルウェイの森
Noruwei no mori
traduit du japonais
par Rose-Marie Makino-Fayolle
Belfond, 2007
10/18, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

« La mort n’est pas le bout de la vie, elle en fait partie. »

« Une fois mis en mots, cela paraît banal, mais à ce moment-là, ce n’était pas sous forme de mots, mais d'une masse d'air que je le ressentais à l'intérieur de mon corps. La mort existait aussi à l'intérieur du presse-papiers, comme dans les quatre boules rouges et blanches alignées sur le billard. Et nous vivions en en inhalant les fines particules à l'intérieur de nos poumons.

Jusqu'alors, j'avais toujours considéré la mort comme une existence indépendante, complètement séparée de la vie. En d'autres termes : "Il arrive un jour où la mort nous prend forcément dans ses bras. Mais en revanche, elle ne nous prend jamais avant le jour où elle le fait." Je trouvais que mon raisonnement était d'une logique à toute épreuve. La vie était de ce côté, la mort de l'autre côté.

Mais à partir de la nuit de la mort de Kizuki, il ne me fut plus possible désormais de penser à la mort (et à la vie) de façon aussi simple. La mort n'est pas une existence située tout au bout de la vie. La mort faisait déjà partie de ma vie dès le départ, c'est un fait qu'il m'était impossible d'ignorer, que je le veuille ou non. Et la mort venait de s'emparer de moi, au moment même où elle emportait Kizuki, en cette nuit de mai de ses dix-sept ans. »



L’auteur

Murakami-Haruki.jpg

Murakami Haruki est un écrivain japonais contemporain. Né à Kyoto en 1949, il a ensuite grandi à Ashiya (ville située dans la préfecture de Hyogo, entre Osaka et Kobe). Ses parents sont enseignants de littérature japonaise. Très tôt, Haruki Murakami s’intéresse aux histoires policières américaines ou de science-fiction et montre un intérêt profond pour la tragédie grecque. En 1968, il part pour Tokyo étudier le théâtre à l’Université de Waseda, mais il passera plus de temps à lire des scénarios qu’à être assidu au cours.

En 1971, il épouse Yoko Takahashi. Tous deux amateurs de jazz, ils ouvrent ensemble un club de jazz nommé « Peter Cat » à Tokyo dans le quartier de Kokobunji. Ils tiennent ce club durant huit ans. Le jazz est une réelle passion pour l’écrivain, il est très présent dans ses œuvres, comme une sorte de fil conducteur. Il est d’ailleurs fait écho à de nombreuses chansons de jazz dans La Ballade de l’impossible.
   
Le 1er avril 1978, il décide de vendre son club de jazz pour écrire son premier roman. Pour se concentrer sur son écriture, Murakami fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S’impose alors à lui une évidence : la pratique de la course à pied. Celle-ci lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance, elle est comme une métaphore de son travail d’écrivain. Petit à petit, il arrive à courir dix kilomètres par jour et un marathon par an. La course est un moyen de se mettre à l’épreuve, de mieux se connaître et de découvrir sa véritable nature. Il considère que le romancier doit avoir trois qualités, « le talent », « la concentration » et la « persévérance ».

 

« Aux environs de chez moi, à Kanagawa, je peux pratiquer un type d’entraînement complètement différent […]. C’est parfait pour s’entraîner au marathon. La majorité du chemin est situé en terrain plat, parallèle à la rivière […]. Revenons au roman. Chaque fois que l’on m’interviewe, on me demande : « quelle est la qualité la plus importante pour un romancier… ? » C’est tout à fait évident : le talent. Peu importe que vous soyez plein d’enthousiasme ou que vous fassiez énormément d’efforts pour écrire, si vous êtes vraiment dépourvu de talent littéraire, vous ne serez jamais un romancier […]. Le problème avec le talent, cependant, est que, dans la plupart des cas, l’auteur n’est pas maître de sa quantité ou de sa qualité […]. Le talent a son propre esprit, autonome, il jaillit lorsqu’il en a envie et lorsqu’il est tari, rien à faire […].

Si on me demande quelle est la deuxième qualité importante pour un romancier, je réponds sans hésitation : la concentration. La capacité à concentrer le talent limité que l’on possède sur ce qui est essentiel à tel ou tel moment. Si l’on en est dénué, on sera incapable d’accomplir quelque chose de valable. A l’inverse, une véritable concentration permet de compenser un talent capricieux ou même insuffisant. […] Après la concentration, la qualité la plus importante pour un romancier est la persévérance […]. »

 

 

 

Entre les années 1986 et 1989, il vit à l’étranger, plus précisément en Grèce et en Italie. Puis il part aux États-Unis où il enseigne la littérature japonaise à l’Université de Princeton et à l’Université de Tufts de Medford.

C’est en 1995 qu’il décide de retourner dans son pays natal, plongé dans une profonde crise économique et sociale depuis le tremblement de terre de Kobe qui a eu lieu la même année. Le pays a des difficultés à se remettre également de l’attentat au gaz sarin du métro de Tokyo, perpétré par la la secte Aum Shinrikyo.

Haruki Murakami est également traducteur, notamment de Scott Fitzgerald, John Irving ou encore Raymond Carver.  Il déclare d’ailleurs au sujet de ce dernier : « Raymond Carver a été sans le moindre doute, le professeur le plus important de mon existence ainsi que mon plus grand ami en littérature ».


 
L’oeuvre

Le roman La Ballade de l’impossible a été écrit en 1987. Il est l’un succès de l’écrivain puisqu’il a remporté le prix Yomiuri, prix littéraire destiné à donner un nouvel élan à la littérature japonaise après la Seconde Guerre mondiale. Ce roman, traduit en 36 langues, s’est vendu à plus de 8 millions d’exemplaires si l’on compte la réédition en format de poche publiée en 2007.

Le roman est divisé en douze chapitres de façon assez inégale. Chaque chapitre correspond à un souvenir du protagoniste. Les souvenirs sont racontés de façon chronologique et s’étalent sur la période estudiantine du jeune homme.



Entrons dans l’univers de cette ballade…

La Ballade de l’impossible est un roman nostalgique dans lequel la mort, le suicide et la sexualité sont très présents. Murakami décrit une jeunesse en proie aux doutes, au spleen et aux rêves.  Watanabe, protagoniste et narrateur, est dans l’avion pour Hambourg. Lors de l’atterrissage, le roman nous plonge dans l’univers de cet homme de 37 ans qui se remémore son passé à l’écoute de  Norwegian Wood, une chanson des Beatles. Cette chanson ramène Watanabe vingt ans plus tôt, au cœur des années 1960 et en pleine révolution estudiantine.

Étudiant à Tokyo, Watanabe retrouve par hasard une amie d’enfance, Naoko. Tous deux ont un souvenir douloureux en commun : quand ils étaient au lycée, Kizuki, petit ami de Naoko et meilleur ami de Watanabe, s’est suicidé sans que personne ait pu prévenir son geste. Naoko est toujours hantée par cette mort, tout comme Watanabe. Ce dernier est amoureux d’elle mais leur relation ne peut s’épanouir davantage. Le jour de ses vingt ans, Naoko invite Watanabe chez elle, ils font l’amour et le jeune homme découvre son secret : elle était vierge. Après avoir découvert cela, Naoko disparaît. Commence alors un amour impossible entre ces deux personnages. Parallèlement, Watanabe étudie l’art dramatique (référence aux études de l’écrivain), il loge dans un foyer d’étudiant pour garçons. Il rencontre une jeune fille fantasque et un peu délurée prénommée Midori, elle aussi marquée par la mort d’êtres chers….

Le narrateur évoque en quelques mots cette agitation étudiante sans prendre part eux événements. Il décrit simplement les faits, la collectivité ne semble pas le toucher à ce moment. Seuls comptent pour lui les destins de ses deux amies, Naoko et Midori. Ils ont tous les trois vingt ans et se posent des questions de leur âge : l’orientation, les choix, l’indépendance, la sexualité…


Un titre significatif…

Son titre japonais est Noruwei no Mori, en anglais Norwegian Wood qui est aussi le titre d’une chanson des Beatles. Cette chanson, cette véritable « ballade », est une sorte de fil conducteur tout au long de l’œuvre. Elle accompagne le narrateur au cours de son voyage, mais elle surtout est la chanson préférée de Naoko, personnage très important pour le protagoniste.

La traduction littérale du mot mori est « forêt » ce qui peut paraître un peu étrange puisque la traduction française est « La Ballade de l’impossible ». Néanmoins cette traduction prend tout son sens à la fin de l’œuvre. Pour autant, la traduction littérale aurait pu convenir ici puisque le mot « forêt » fait référence aux images verdoyantes que l’auteur nous décrit tout au long du récit. Cette ambiance calme et reposante qu’illustre la nature est très présente et entre en parfaite communion avec l’écriture poétique de Murakami. Au fur et à mesure de la lecture, nous avons l’impression que les descriptions et les sentiments des personnages ne font plus qu’un. Par exemple, après la mort de Naoko, Watanabe part plusieurs jours en « voyage » pour essayer d’évacuer son malheur. Il trouve refuge au bord de l’océan et les descriptions du paysage deviennent sombres, elles s’accordent véritablement avec ce qu’il peut éprouver :

 

« Des images d’elle venaient ainsi me frapper l’une après l’autre comme des vagues, me faisant dériver vers des lieux étranges. Là, je vivais avec les morts. Là vivait Naoko, et je pouvais lui parler, je pouvais la prendre dans mes bras. Là, la mort n’était pas un élément qui mettait un point final à la vie. […] Mais bientôt la marée se retirait et je restais seul sur le sable. J’étais sans énergie, incapable d’aller nulle part, et la tristesse m’enveloppait comme les ténèbres. » p.416

 

C’est d’autant plus perceptible dans l’adaptation cinématographique.



Des personnages attachants…

Watanabe : Personnage principal et narrateur, Watanabe fait des études de dramaturgie. Peu intéressé par ce qu’il étudie, la solitude et la lecture sont des échappatoires à une existence morne et sans avenir. Il préfère s’intéresser à l’histoire des États-Unis auxquels il voue un grand intérêt. Nous pouvons noter un parallèle entre les goûts du protagoniste et ceux de l’auteur. En effet, précédemment, nous disions que Murakami s’est intéressé dès sa jeunesse à la littérature américaine.

C’est également un passionné de jazz ; tout au long du roman Watanabe est bercé en toile de fond par du jazz. En parallèle, il travaille chez un disquaire en soirée et le dimanche.

Il se lie d’amitié à un autre étudiant, cynique, qui le déniaise en l’entraînant dans ses sorties peu catholiques :


Nagasawa : Ce garçon, étrange, peu sensible, fascine également par sa philosophie. Seule compte à ses yeux la liberté, et non le bonheur ou l’attachement affectif. Tout lui réussit : études brillantes, avenir professionnel international et petite amie fidèle qui lui pardonne sans cesse ses escapades nocturnes. Elle se suicidera par la suite. C’est dans l’expérience et le détachement que Nagasawa trouve le contentement.


Naoko : Marquée par le suicide de Kizuki, c’est une jeune fille très fragile et qui doit faire face à la mort dans son entourage : sa sœur s’est suicidée à 17 ans. Ces événements font de Naoko une personne très fragile émotionnellement et nous comprenenons mieux pourquoi la relation est impossible avec Watanabe. Après avoir révélé son secret à Watanabe, elle disparaît. Elle va dans une sorte de maison de repos nichée dans les montagnes pour sortir de sa dépression. Elle ne peut quasiment voir personne.


Midori : Camarade de classe de Watanabe, Midori est une jeune femme vive et un peu délurée avec qui Watanabe passe de bons moments. Elle a une vie compliquée (elle vit avec sa sœur dans la librairie de leurs parents, sa mère est morte, son père est à l’hôpital ; il mourra un peu plus tard dans le roman). Au début du roman, elle est en couple mais petit à petit elle va avoir des sentiments de plus en plus forts à l’égard de Watanabe. Finalement, elle décide de quitter son ami pour Watanabe, mettant celui-ci dans une situation délicate puisqu’il a promis à Naoko de l’attendre. Midori est l’antithèse de Naoko, elle a de nombreuses qualités que Naoko n’a pas, ce qui pourrait être une des raisons pour lesquelles Watanabe tombe amoureux d’elle : elle est extravertie, pleine de vie, fantasque et sûre d’elle. De plus, elle est très libérée sexuellement et n’a pas peur de dévoiler tous ses fantasmes à Watanabe (aller voir des films porno sado-maso avec lui). Elle a un grand manque d'affection et d'amour :

 

« J'ai toujours eu soif d'affection. J'aurais voulu au moins une fois dans ma vie recevoir de l'amour à satiété. Au point d'en être écœurée et d'en refuser davantage. Une seule fois, juste une seule fois. Mais ils ne l'ont pas fait, jamais (ses parents). Quand je jouais à l'enfant gâtée, ils me repoussaient, et ils ne faisaient que se plaindre que je leur coûtais de l'argent, ça a toujours été comme ça. Alors je me suis dit que je ferais tout pour trouver quelqu'un qui m'aimerait pleinement. J'étais en septième ou en huitième quand j'ai pris ma décision. »

 

Reiko Ishida : professeur de musique. On découvre ce personnage lors de l’hospitalisation de Naoko. Elle sera sa « colocataire» de chambre. À cause de problèmes mentaux dus à sa vie maritale et professionnelle, Reiko se trouve dans cet endroit depuis sept ans. Nous pouvons la considérer comme le lien entre Naoko et Watanabe. Elle entretiendra de longues correspondances avec ce dernier lorsque l’état mental de Naoko empirera. Elle est plus âgée que celle-ci mais se veut particulièrement prévenante.

Lors de ses visites, Watanabe se retrouve le soir en promenade avec elle. Elle lui parle des visions de Naoko et surtout lui confie les raisons de sa présence dans cette maison de repos. Elle non plus n’est pas au clair dans ses orientations sexuelles. Reiko peine à trouver un certain équilibre psychique. Comme les autres personnages du roman, elle a été confrontée au suicide.



Analyse

J’ai choisi trois axes : un amour impossible…, la mort comme échappatoire à la vie et enfin l’intertextualité et la vision d’un Japon occidentalisé.


Un amour impossible….

Dès le début du roman, nous comprenons que la relation entre Watanabe et Naoko sera semée d’embûches. En effet, ces deux personnages tentent de continuer à vivre malgré leurs blessures profondes. Néanmoins, nous pouvons voir que ces deux jeunes gens n’ont pas le même rapport à la vie : Watanabe tente de continuer à vivre et de profiter de sa condition d’étudiant alors que nous avons l’impression que Naoko se laisse vivre, voire qu’elle attend la mort. Watanabe a des difficultés à comprendre ce que ressent et veut Naoko, pourtant il reste à ses côtés, l’écoute et la comprend. Il va même jusqu’à faire la promesse de l’attendre… Naoko a un comportement étrange. Elle le fait venir près d’elle mais se tient pourtant à distance. Le lexique de la distance et de l’errance est très présent dans le roman. Elle ne réussit pas à exprimer ce qui la hante. Naoko demande au jeune homme de venir lui rendre visite à la maison de repos, lieu propice à l’onirisme. Petit à petit, nous comprenons que la relation platonique entre Naoko et Kizuki a rendu cette dernière peu sûre d’elle en ce qui concerne les relations intimes. Nous avons l’impression que Naoko a seulement besoin de savoir que quelqu’un pense à elle, qu’elle est aimée.

La sexualité est un des problèmes de la relation entre Naoko et Watanabe. Notons que la sexualité est un des thèmes récurrents du roman, les paroles échangées autour de la sexualité sont crues mais ne choquent pas à la lecture car elles sont justifiées. Au contraire, je trouve qu’elles soulignent l’aspect poétique du roman.

Nous pouvons dire aussi que le lien entre Midori et Watanabe est une sorte d’amour impossible tout au long du roman, voire jusqu’à la fin. Au début ce ne sont que des amis, bien que leur relation et leurs conversations soient étranges et très libérées. Midori demandera à Watanabe après la mort de son père de l’emmener voir des films pornographiques dans un cinéma adapté. Ce n’est pas courant comme demande.

Ces amours impossibles entrent en résonance avec la mythologie grecque dont l’auteur est un fervent admirateur. Nous pouvons donc faire un parallèle entre l’histoire d’amour vouée à l’échec de Watanabe et Naoko et les amours impossibles de cette mythologie. À la façon des tragédies grecques, Haruki Murakami nous peint des amours impossibles, même si le lecteur veut y croire jusqu’au bout.


La mort comme échappatoire

Nous l’avons dit, chacun des personnages s’est trouvé confronté à la mort au moins une fois, si ce n’est plus pour certains. Mais chacun l’aborde de manière différente. C’est comme si la mort planait au-dessus des personnages et que chacun devait lutter contre elle. Le roman commence et s’achève par la mort. Elle est annoncée de manière assez brutale. Par exemple, la mort de Naoko est dévoilée juste après une lettre de Reiko annonçant à Watanabe que Naoko « est en bonne voie de guérison » p. 410. Juste après, le chapitre 12 commence ainsi : « Après la mort de Naoko, Reiko m’écrivit plusieurs fois pour me dire et me répéter que ce n’était pas ma faute.» p. 413.

Cette phrase souligne également la culpabilité des personnages. Naoko se sent coupable de la mort de Kizuki, et c’est en quelque sorte ce qui la tuera. Naoko attend la mort, tandis que Midori vit et fait vivre Watanabe. La mort s’efface lorsqu’il est avec elle.

C’est avec elle que la phrase « La mort n’est pas le bout de la vie, elle en fait partie. » (p.42) prend tout son sens. Midori est pleine de vie, et, je trouve que c’est elle qui donne son dynamisme au récit, ainsi qu’une pointe d’humour. Midori apporte de la fraîcheur au roman.


L’intertextualité et la vision occidentalisée du Japon

À travers les diverses allusions aux musiques anglo-saxonnes (The Doors, les Beatles, Miles Davis ou Bill Evans) et aux lectures du personnage, Murakami semble nous donner une vision occidentalisée du Japon. Il semble nous démontrer que le pays des geishas et de la réussite individuelle était en pleine mutation dans ces années-là. Watanabe lit Scott Fitzgerald, que Murakami a traduit. Une nouvelle fois une allusion à la vie de l’auteur. C’est avec la présence de Nagasawa que l’intertextualité est à son comble. Tous deux parlent de Gatsby le magnifique dont ils sont fervents lecteurs. Ce roman de Scott Fitzgerald est une sorte de reflet de l’époque du jazz dans la littérature américaine. Ils évoquent aussi La montagne magique de Thomas Mann et L’Ornière de Hermann Hesse.

 

 « Les auteurs que j’aimais alors s’appelaient Truman Capote, John Updike, Scott Fitzgerald, ou Raymond Chandler, mais, en classe comme au foyer, je ne trouvais personne aimant lire ce genre de roman. À l’époque, il n’existait qu’une seule personne dans mon entourage qui avait lu Gatsby le Magnifique, et ce fut sans doute pour cela que lui et moi devînmes amis.» (p.50-51).

   

 
Adaptation cinématographique

   La-ballade-de-l-impossible-affiche.JPG

Le roman  a été adapté au cinéma en 2011 par un réalisateur français d’origine vietnamienne Tran Anh Hung. Il déclare à propos du roman :

 

« Soudain, par surprise, on s’aperçoit trop tard qu’on n’a pas suffisamment vécu, suffisamment aimé, suffisamment souffert par amour. Trop tard. On n’aura vécu qu’une infime partie des aspirations de la jeunesse, cette époque des grandes affirmations, des certitudes proclamées les larmes aux yeux. Le temps du saut dans l’inconnu qu’est le sentiment amoureux est passé. Passées également, les grandes frayeurs éprouvées dans l’amour. Et une poignante mélancolie vous saisit, une mélancolie de l’existence telle que même un sentiment amoureux renouvelé ne pourrait qu’en accentuer l’intensité. Voilà ce qu’il y a de saisissant dans La Ballade de l'impossible

 

 

Quelques différences avec le roman

Tout d’abord, la relation entre Watanabe et Midori n’est pas vraiment abordée comme dans le roman. L’histoire de Reiko manque également dans le film. La puissance et la crudité érotique manquent et de nombreux passages sont beaucoup trop longs. J’ai également regretté que de nombreuses scènes soient absentes, car le livre est très dense. Néanmoins, je pense qu’adapter un livre si dense focalisé sur la description psychologique des personnages n’est pas évident et que le réalisateur a dû faire des sacrifices. En revanche, les paysages sont magnifiques.



Mon avis 

La Ballade de l’impossible nous porte bien au-delà de l’histoire des différents personnages. Elle nous touche parce qu’elle parvient à dévoiler une part de nous-mêmes, à nous remettre en cause. La beauté du texte de Murakami repose sur une prose fluide, poétique et surtout mimétique. Malgré tout, j’ai mis du temps à entrer complètement dans le roman. J’avais quelques a priori sur le trio amoureux et le thème de la mort. Mais finalement j’ai beaucoup aimé.

On s’attache aux personnages ; à un moment donné il n’y avait plus de distance entre ma lecture et le roman. J’étais complètement absorbée. Le seul bémol est Naoko, j’ai eu des difficultés à apprécier ce personnage car je le trouve trop lent et un peu niais, indépendamment du fait que ce soit un personnage fragile et dépressif. En revanche, j’ai trouvé le personnage de Midori haut en couleurs, vraiment attachant malgré ses caprices et son hyperactivité. Elle m’a fait sourire, notamment avec une phrase qui revient souvent : « J'adore ta façon de parler. On dirait que tu es en train d'enduire un mur. On ne te l'a jamais dit ? »


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MURAKAMI Haruki sur LITTEXPRESS


Murakami Haruki Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

 

 

Article de C.M. sur Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

 

 

 

 

 


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Articles de Mélanie et Pierre-Yann sur Sommeil.

 

 

 

 

 

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 Article d'E.M. sur Chroniques de l'oiseau à ressort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Saules aveugles, femme endormie, articles de Mélanie et de Claire.

 

 

 

 

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Article de Charlotte sur Kafka sur le rivage et 1Q84

 

 

 

 

 

 

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