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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 07:00

Murakami Ryu Bleu presque transparent

 

 

 

MURAKAMI Ryū
村上 龍
Bleu presque transparent
限りなく透明に近いブル

Kagirinaku tōmei ni chikai burū

Première publication, 1976

Kodansha International Ltd

traduction
Guy Morel
et Georges Belmont
Robert Laffont, 1978
Picquier
Picquier poche, 1997







Murakami Ryū, auteur japonais né en 1952, a grandi près d’une base de la marine américaine. Bleu presque transparent est son premier roman. Il obtient le prix Akutagawa en 1976 et est adapté en film par Ryū Murakami lui-même en 1978.

Le livre traduit la vie d’une génération perdue qui bascule entre la tradition étouffante des adultes et le renouveau apporté par les Américains. C’est un témoignage sur la difficulté des jeunes à se trouver une identité et surtout une place dans cette société décadente. Ils tentent de s’adapter mais tombent dans les extrêmes et se perdent de plus en plus.

Ce roman dévoile la jeunesse de l’auteur, Ryū Murakami. Il est le personnage principal de son roman, on le comprend réellement à la fin, dans la lettre qu’il adresse à Lili sa petite ami d’autrefois.

Le livre est constitué d’un ensemble de scènes, des moments de vie qui relatent le quotidien d’un groupe d’adolescents à Tokyo. On découvre à travers les yeux de Ryū les journées des ces jeunes en marge d’une société qu’ils ne comprennent pas : « ils sont la génération perdue » sans identité ni repère.

Nous sont montrés la débauche de ces jeunes, les moyens de leur destruction, leur échappatoire qui est la drogue, le sexe, la violence sur un fond de musique rock and roll. Notre narrateur, à travers tout cela, se prend tout de même à rêver ou divaguer, à tenter d’échapper, par l’esprit du moins, à la saleté et à la désolation qui l’entourent.

Et il y a Lili, dont l’histoire et les moments vécus sont beaucoup plus sentimentaux et mélancoliques. Elle est sa partenaire ; leurs moments privilégiés et intimes sont des discussions, des escapades ou des souvenirs d’enfance. Lili le sort de son environnement habituel même si elle partage ses conditions de vie. La même saleté gluante l’entoure. Ces épisodes sont en décalage avec les scènes lugubres vécues en groupe. Ensemble ils se prennent à rêver. Ce sont des pauses calmes entre deux accès de violence.

À de nombreux moments on se retrouve seul avec le narrateur, il nous dévoile ses pensées et ses espoirs. Il se perd dans ses rêveries et se coupe du monde qui l’entoure.

Certaines scènes m’ont plus particulièrement interpellée :

 

– Dans les premières pages, on découvre petit à petit les personnages et leur mode de vie, le narrateur prend son premier shoot ; dès ces premières scènes, on comprend que la drogue est un thème récurrent de l’histoire. Ryū partage sans retenue les sensations qu’il éprouve lorsqu’il se shoote. Les descriptions sont méticuleuses et prenantes tout au long du livre.

– La seconde scène est une orgie de groupe avec les militaires américains de la base voisine appelé les «black Américains » ; c’est une scène de sexe de groupe mais poussée à l’extrême ; la scène est longue, environ vingt pages du roman, et s’étend sur plusieurs jours. La sexualité est bestiale, glauque, accompagnée de drogue et d’alcool. Le tout se déroule dans une chambre fermée empestant la sueur et le vomi. Le sexe est dénué de tout sentiment. Les corps déchirés, maltraités sont comparés à des marionnettes, manipulables à volonté ; les jeunes filles sont poussées à la prostitution par leurs copains.

– On trouve également dans ce récit de jeunesse l’omniprésence de la violence, sous plusieurs formes. Elle est tout d’abord psychologique ; ces jeunes ont peu de respect d’eux-mêmes, ils sont la « génération perdue » ; personne ne leur prête attention. Puis il y a la violence physique, celle qu’ils s’infligent à eux-mêmes : sexualité, drogue, conditions de vie. Non seulement ils se l’infligent mais ils l’infligent aux autres par la suite. Lors d’un concert, un gardien est passé à tabac par le groupe de garçons. La victime est comparée à de la nourriture. Son corps est  meurtri et brisé, sans qu’aucun de ses bourreaux n’éprouve de remords.

 

Ces jeunes expriment cependant leurs sentiments ; plusieurs sont en couple. Ils vivent « un semblant d’amour» malgré la détresse dans laquelle ils sont. Ces sentiments sont exacerbés, sans demi-mesure : Yoshiyama tente de se suicider par amour pour Kai ; la jeune femme lui dira alors « d’aller mourir ailleurs, dehors, pour leur foutre la paix ».



Murakami écrit son histoire sur un ton incroyablement cru et neutre. Rien n’est embelli, la crasse est omniprésente, il nous fait découvrir l’univers glauque de sa jeunesse. Les sentiments, les moments qu’il a partagés, ses rêveries, tout est retranscrit de façon précise et violente. Contrastent avec cela des descriptions neutres qui confèrent insignifiance et ridicule aux situations dont elles rendent comptent.


Anne-Morgane, 1ère année bibliothèques 2011-2012

 

MURAKAMI Ryū sur LITTEXPRESS

 

Murakami Ryu Bleu presque transparent

 

 

 

Article d'Océane sur Bleu presque transparent.

 

 


 

Murakami Ryu Raffles Hotel  

 

 

 

 

Article de Noémie sur Raffles Hotel.

 

 

 

 

murakami ryu parasites

 

 

 

Article de Laure sur Parasites.

 

 

 


 

Murakami ryu les bebes

 

 

 

 

Articles de Marie-Aurélie  et de Gaëlle sur Les Bébés de la consigne automatique

 

 

 

 


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Article de Charlotte sur Ecstasy, Melancholia, Thanatos

 

 

 

 






article de Lucille sur Ecstasy

 

 

 

 

 


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