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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 07:00

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MURAKAMI Ryū
Les Bébés de la consigne automatique

(Titre original : Coin Locker Babies), 1980
traduit du japonais par Corinne Atlan
Éditions Philippe Picquier, 1996

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Ryū est né près de Nagasaki en 1952. Auteur d’une trentaine de livres, Murakami a notamment écrit Bleu presque transparent (1976) qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires au Japon en seulement six mois. En 1998 il reçoit un prix pour son roman Miso Soup. À l’exception de son autobiographie 1969, l’ensemble de son œuvre est considérée comme sombre et profondément désespérée. Dans Les Bébés de la consigne automatique, Murakami reprend les thèmes qu’il a déjà abordés dans ses précédents livres. Il met en scène la vie étrange et désœuvrée de deux frères adoptifs qui, bébés, ont été abandonné dans le casier d’une consigne automatique.
                  

Hashi et Kiku sont deux faux frères, liés par l’abandon de leurs mères lors de l’été 1972. Sur les neuf enfants abandonnés dans les mêmes conditions ils sont les seuls à avoir survécu. Délaissés dans le casier d’une consigne automatique, ils ne doivent leur survie qu’à une énergie puissante et une force qui les habitera pour le reste de leur vie. Cet abandon va les conditionner à jamais. Diagnostiqués comme trop énergiques, les deux garçons vont être élevés à l’écart des autres enfants de l’orphelinat. Afin de canaliser cette force, le psychiatre qui les traite diffuse un son étrange : le son intra-utérin des battements du cœur de la mère perçu par le fœtus. Après avoir été adopté par Kazuyo et Kuwayama, les deux garçons partent vivre sur une petite île avec leurs nouveaux parents. Les deux enfants connaissent une existence paisible mais leur nature profonde n’a pas été étouffée. Chacun des deux enfants voit sa mère en chaque prostituée, en chaque mendiante qu’il croise. Les deux garçons restent en quête perpétuelle de leur mère mais cette quête est infinie car Kiku et Hashi rejettent toute mère quelle qu’elle soit. Leur seul souhait est de pouvoir la voir et enfin la réduire à néant. Cette violence latente sommeille en eux et ce seulement par à-coups.


L’année de ses quinze ans, Hashi fugue à Tokyo dans le but de retrouver sa mère. Après avoir été sans nouvelle de lui pendant plusieurs mois, Kiku décide de partir à sa recherche avec l’aide de Kazuyo. Bouleversée par le rythme de la ville, Kazuyo meurt dans les bras de Kiku sans avoir retrouvé son second fils adoptif. Malgré tout, Kiku choisit de rester à Tokyo et continue la recherche de son frère. C’est dans « l’ îlot de la drogue » que Kiku retrouvera Hashi. L’îlot est un quartier interdit au centre de Tokyo. Il est encerclé par des fils barbelés et la police patrouille tout autour afin que personne n’y pénètre ni ne s’en échappe. Hashi s’y prostitue.


Après s’être retrouvés les deux frères vont vivre chacun de son côté à Tokyo. Kiku fait la  rencontre d’ Anémone, mannequin et jeune femme hypnotique qui n’aime que son crocodile de compagnie. Dans l’optique de reproduire le son qu’il a écouté durant son enfance, Hashi devient chanteur et grâce à son manager connaît un immense succès. Pour accroître ce succès, son manager tente de retrouver la mère biologique du chanteur afin d’organiser une émission consacrée à ces retrouvailles. Mais l’enquête parallèle de Hashi va prouver qu’il s’agit de la mère de Kiku. En l’apprenant, celui-ci se rend sur le lieu du tournage et abat sa mère d’un coup de fusil à pompe. Immédiatement emprisonné, Kiku va se murer dans le silence pendant plusieurs mois.


Suite à l’arrestation de son frère, Hashi se sent plus heureux. Il a enfin la sensation d’avoir pris le pouvoir sur Kiku, lui d’habitude si fort. Mais plus le succès d’Hashi grandit, plus sa folie s’accroît. Après son mariage avec Niva, celle-ci tombe enceinte. La perspective de cette prochaine paternité va plonger Hashi dans un immense trouble. Hashi va développer une psychose schizophrénique irrémédiable. Les voix qu’il perçoit jour et nuit dans sa tête l’obsèdent et le poussent à tenter d’assassiner sa femme enceinte.


Peu à peu Kiku va se lier avec d’autres prisonniers avec lesquels il va décider de s’évader. Grâce à Anémone ils vont tous y parvenir. Durant toutes les années de son adolescence, Kiku a été hanté par la mystérieuse « datura », incantation prononcée par un vieux vagabond de l’île de son enfance ; celle-là même qui provoque une frénésie meurtrière chez tous ceux qui l’inhalent. Cette « datura » sera le Graal de Kiku. Elle sera l’ultime aboutissement de sa vie vouée à une violence étouffée et renfermée. Alors que Hashi s’échappe de l’hôpital psychiatrique où il a été interné, Kiku déverse sur Tokyo le gaz de datura provoquant un chaos destructeur sur toute la ville.


 

Les bébés de la consigne automatique
est régi par une violence inexprimée ainsi que par la folie provoquée par l’abandon d’une mère qui restera à jamais un mirage. A partir de ce profond traumatisme, les vies de Kiku et Hashi vont sombrer dans un cauchemar psychotique. Au travers des différents personnages croisés au fil du livre, Murakami fait état d’un Japon sclérosé dans des rapports sociaux fondés sur l’individualisme. Tous ses personnages sont fondamentalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’immensité d’une mégalopole qui a perdu toute dimension humaine. Les marginaux n’ont de place que dans « l’ îlot de la drogue », sorte de « cour des miracles » hideuse et effrayante où les pauvres âmes laissent libre cours à leurs névroses et sont contenus comme une maladie contagieuse hautement dangereuse. La violence dont font preuve ces personnages est leur seule possibilité d’action, leur seule capacité et leur dernier refuge.

 

Marie-Aurélie, 2e année Éd.-Lib.

 

 

 

 

MURAKAMI Ryū sur LITTEXPRESS


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Article de Charlotte sur Ecstasy, Melancholia, Thanatos

 

 

 

 






article de Lucille sur Ecstasy

 

 

 

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article de Céline sur Miso Soup

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Published by Marie-Aurélie - dans Réalisme magique
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