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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 07:00

linkMurakami ryu les bebes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MURAKAMI Ryu
Les Bébés de la consigne automatique

Titre original : Coin locker babies
Traduit du japonais par Corinne Atlan
Picquier Poche, 1998

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


AUTEUR

Le Japonais Murakami Ryu est un auteur et cinéaste contemporain. Auteur d’une trentaine de livres, il publie le premier à 24 ans : Bleu presque transparent, 1976. Pour cette œuvre il reçoit d’ailleurs le prestigieux prix japonais Akutagawa. Dans son ensemble, l’œuvre de Murakami Ryu est sombre, désespérée, dérangeante.


HISTOIRE

Été 1972. Deux bébés, abandonnés dans une consigne de gare. Hashi et Kiku, retrouvés encore vivants, vont grandir dans le même orphelinat comme deux frères. Recueillis par le même couple, ils ne se quittent pas. Du moins jusqu’à la fugue de Hashi, à la recherche de sa vraie mère. L’histoire de la jeunesse de deux Japonais. On peut penser que l‘absence de parents et le traumatisme de leur abandon dans d’horribles conditions ne leur permettent pas de se construire, de grandir sainement. Un psychiatre annonce qu’ils souffrent tous deux d’une sorte d’autisme. Il leur fait suivre une thérapie : pendant près d’un mois, les deux enfants sont isolés quelques heures dans une salle obscure, et, sous l’influence de somnifères, ils écoutent un son. Le son, les battements d’un cœur, comme un bébé l’entendrait, le ressentirait dans le ventre de sa mère. Ce son, Hashi le cherchera en permanence. Tout au long du récit. Et à force d’écouter, de mémoriser le moindre son existant, dans sa recherche désespérée, il deviendra un chanteur capable de contrôler, par sa seule voix, les émotions des gens. Quant à Kiku, c’est sa rencontre avec un homme solitaire et mystérieux, surnommé Gazelle, qui va jouer un rôle primordial dans sa recherche d’identité. Cet homme impressionne. Insondable, ténébreux. Il fera naître en Kiku un besoin vital de courir. C’est aussi lui qui lui parlera pour la première fois du datura. Sorte de drogue, le datura plonge la personne sous son emprise dans une véritable psychose destructrice. Dans un état d’exaltation violente, elle voit ses forces se décupler, se transformant en une redoutable « machine à tuer ». Et Kiku grandit dans l’optique de trouver du datura.


Ce roman retrace ainsi l’histoire de ces deux personnages perturbés. Kiku finira en prison pour avoir tué sa véritable mère ; Hashi deviendra chanteur dans un groupe de rock et se mariera avec une certaine Niva.

 

 

ATMOSPHÈRE

L’atmosphère générale de l’œuvre est pesante, écrasante. Tout au long du récit, on perçoit un climat chaud, lourd, humide. Les personnages étouffent en permanence, toujours décrits comme dégoulinants de sueur. C’est d’ailleurs cette chaleur oppressante qui ranime le bébé, dans un état proche de la mort, abandonné dans le casier de consigne de la gare. Dès les premières lignes.

« La sueur qui commençait à perler de tous ses pores inonda d’abord son front, puis sa poitrine, ses aisselles, et refroidit tout son corps. Il remua alors les doigts, ouvrit la bouche et se mit soudain à hurler sous l’effet de la chaleur étouffante. L’air était humide, lourd, il était trop pénible de dormir enfermé dans cette boîte doublement hermétique. La chaleur intense, accélérant la circulation de son sang, l’avait réveillé. Dans l’insupportable fournaise de cette obscure petite boîte en carton, en plein été, il venait de naître une seconde fois, soixante-seize heures après être sorti du ventre de sa mère. Il continua à hurler de toutes ses forces jusqu’à ce qu’on le découvre. »
(Editions J’ai lu, page 8)

 

 

LIEUX INSALUBRES

Les lieux sont souvent glauques, malsains. Deux exemples. Le premier, la mine désaffectée, délaissée, à moitié en ruine. Elle deviendra le terrain de jeux de Hashi et Kiku. Par ailleurs, c’est dans cette friche industrielle que vit le mystérieux Gazelle. Un deuxième lieu insalubre est l’îlot de la drogue : quartier de Tokyo, zone contaminée par un produit toxique, abandonnée et condamnée. Lieu de refuge de clochards, prostitués, criminels et drogués. Kiku et Hashi passent quelque temps dans ce quartier délabré, avec tous les marginaux de Tokyo pour voisins. Et souvent, au cours du récit, le lecteur se retrouve dans des quartiers ou autres lieux sordides.

 


MARGINALITE DES PERSONNAGES

La plupart des personnages de l’œuvre sont des exclus de la société. Gazelle, le squatter solitaire des ruines de la mine abandonnée, est obsédé par le datura. Les habitants de l’îlot de la drogue sont tous des marginaux. Les camarades de Kiku, dans le centre de redressement, sont tous de jeunes meurtriers. Hashi et Kiku eux-mêmes sont dérangés et dérangeants. Kiku, qui tue accidentellement sa mère biologique et va en prison. Mais surtout Hashi. D’abord il se prostitue dans l’îlot de la drogue, après avoir fugué de chez ses parents adoptifs, ensuite il sombre peu à peu dans la folie. Il va même jusqu’à se persuader qu’il a avalé une mouche à figure humaine qui, d’après une légende, rendrait les gens fous et les forcerait à faire de terribles choses.

 

VIOLENCE OMNIPRÉSENTE

Œuvre brutale. Personnages impétueux. Violence omniprésente. Quelques exemples. Kiku tue sa mère, lui arrachant la tête d’un coup de fusil. Hashi se coupe le bout de la langue pour avoir une voix plus rauque et mieux chanter pendant ses concerts. Kiku est toujours à la recherche du datura, laissant supposer une fin cruelle. Mais l’ultime exemple se trouve en Hashi. Le héros le plus perturbé selon moi. Hashi se cherche dans la mort des autres. Dans la mort de sa femme. Et du bébé qu’elle porte. Hashi, dans sa folie, se convainc qu’en tuant Niva et son enfant il pourra retrouver le son qui l’obsède depuis toujours.

Pour reprendre les propos de la traductrice Corinne Atlan,
« la violence monte en un crescendo angoissant, jusqu’au paroxysme final, dans une puissante évocation de la société moderne et de ses problèmes les plus actuels ».

Murakami Ryu jette un regard sans concession sur la société moderne. Il en fait un portrait noir, dans un style violent et très sombre, mais avec une certaine indifférence. Dérangeant.

 

 

Gaëlle, 2e année bibliothèques

 

 

MURAKAMI Ryū sur LITTEXPRESS

 

Murakami ryu les bebes

 

 

 

Article de Marie-Aurélie sur Les Bébés de la consigne automatique

 

 

 

 


murakami-ruy-melancholia.gif

 

 

 

Article de Charlotte sur Ecstasy, Melancholia, Thanatos

 

 

 

 






article de Lucille sur Ecstasy

 

 

 

Murakami-ryu-miso-soup.gif 

 

 

 

 

article de Céline sur Miso Soup

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Gaëlle - dans Réalisme magique
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