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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:00

Hawthorne La Lettre écarlate







Nathaniel  HAWTHORNE
La Lettre écarlate
The Scarlet Letter

traduction
de Marie Canavaggia
GF Flammarion, 2008








 

 

 

 

 

 

L’auteur et son œuvre

La lettre écarlate paraît en 1850. À sa sortie, l’ouvrage fait les frais de multiples contestations dues aux thématiques abordées et à la remise en cause du puritanisme par son auteur Nathaniel Hawthorne. D’origine américaine, l’auteur dénonce les dérives du puritanisme en lien avec l’histoire de ses ancêtres puisqu’il est le descendant d’un des juges (John Hathorne) qui ont participé au procès des sorcières de Salem.



Le contexte historique de l’œuvre

L’auteur situe l’intrigue de son roman dans la Nouvelle Angleterre puritaine du XVIIe siècle, dans la ville de Boston où de nombreux colons viennent s’installer. Parmi eux se trouve Hester Prynne, une jeune femme dont le mari, Roger Chillingworth, est porté disparu.

Dès le début, l’auteur nous présente la jeune femme, accompagnée d’un nourrisson du nom de Pearl, dans un contexte particulier, celui d’un jugement public où elle est l’accusée. L’auteur nous y dévoile l’objet de sa faute à savoir un adultère avec un homme dont les villageois ne connaissent pas l’identité mais qui n’est autre qu’Arthur Dimmesdale, le pasteur révéré du village.

Le drame se déroule donc sur sept années au cours desquelles le lecteur voit l’évolution d’Hester Prynne face à l'hostilité des villageois mais aussi celle de Pearl, son enfant.

En parallèle se déroule également la déchéance du pasteur, vécue comme une longue descente aux enfers.



Une œuvre symbolique

Au travers des personnages

Chaque  protagoniste joue un rôle clé dans le fil de l’œuvre et ce, notamment par le biais de leur évolution. Dès l’arrivée du mari disparu d’Hester Prynne dans le chapitre III, « la Reconnaissance », le récit prend une autre tournure avec l’apparition de cet homme bafoué qui voit sa femme humiliée aux yeux de tous et qui choisit volontairement d’intégrer le village sans révéler sa véritable identité, se faisant passer pour le médecin du village.

Une relation particulière va s’instaurer entre quatre personnages majeurs de l’histoire, Hester/Pearl et Roger Chillingworth/Arthur Dimmesdale. En effet, Pearl et Roger semblent jouer le rôle de bourreau, Hester et le Pasteur celui de victime.

Pearl s’illustre en tant qu’incarnation de la lettre écarlate que sa mère porte sur la poitrine, tout en elle le lui rappelle jusqu’à son surnom de « lutin » ou la comparaison avec les « feux-follets ». Pearl, dans la tourmente qu’elle fait subir à sa mère, revêt même à un moment le visage d’un démon puisque sa mère l’en croit possédée, dans le chapitre intitulé « Chez le gouverneur » (p.127). Cependant, vers le milieu du roman, la peur que su’elle inspire à Hester s’atténue et elle commence à jouer un rôle libérateur pour sa mère en lui permettant d’expier sa faute :

 

« N’était-elle pas chargée d’aider sa mère à venir à bout de la passion, en un temps toute puissante et, a présent encore, ni morte, ni endormie mais emprisonnée seulement dans ce cœur semblable à un  tombeau ? »  (« Hester et Pearl », p. 204).

 

Le rôle de bourreau joué par le médecin Roger Chillingworth, le mari d’Hester Prynne, est quant à lui nettement plus évident. Il découvre très rapidement l’identité du père de Pearl et la haine qu’il conçoit à l’égard du Pasteur va se décupler jusqu’à devenir folie et le pousser à commettre un crime. Tel un charognard, il va se repaître tout au long de l’ouvrage de la maladie qui ronge le pasteur ignorant de la véritable identité de son bourreau. 



Au travers de la lettre écarlate     

La lettre « A » est le signe de l’adultère commis par Hester Prynne et l’instrument de la punition qui lui a été infligée lors de son jugement public au cours du chapitre II. Elle doit la broder sur son corsage et la porter à la vue de tous. Cette « marque d’infamie » va petit à petit faire partie intégrante d’Hester Prynne jusqu’à devenir un élément de reconnaissance aux yeux des villageois dont la haine va évoluer au fil du roman en respect, face aux actes de charité et aux travaux de couture exercés par Hester. La lettre écarlate finit donc par devenir un symbole d’humilité et de générosité.

La lettre écarlate est également portée par le pasteur, même si elle est invisible, car à l’instar d’Hester Prynne, il souffre de cette marque du tourment, et alors qu’elle devient salvatrice pour Hester Prynne, pour le pasteur, elle est l’instrument de sa déchéance qui atteint son apogée dans le chapitre « la Révélation de la lettre écarlate », (p.282) lorsque le pasteur montre à la foule l’empreinte de la lettre écarlate sur son torse.



Au travers du wild

Dès le début de l’œuvre, l’auteur y fait référence avec l’arrivée du médecin qui était en réalité retenu chez les indiens. La maison de Hester, isolée dans les forêts de Boston nous apparaît également comme une sorte de lieu isolé, une terre d’asile, coupée de la haine des puritains. C’est également la forêt qui sera le témoin des retrouvailles d’Hester et du Pasteur qui se dérouleront du chapitre XVI au chapitre XIX (p.207-233).



Le style de l’auteur et les thématiques abordées dans La Lettre écarlate.

Dans son ouvrage, l’auteur fait office de narrateur. L’histoire est racontée de son point de vue et il interpelle le lecteur tout au long de son œuvre. Nombre de descriptions jalonnent le roman, que ce soient des personnages ou des lieux.


Du lyrisme se dégage également de l’œuvre et notamment dans les chapitres qui se réfèrent au wild tels que « Une promenade en forêt » (chap. XVI) où de nombreux éloges sont faits de la nature.

Quand au ton employé par l’auteur, il est surtout dramatique dans la description des sentiments et tourments de l’âme subis par les différents protagonistes. L’auteur s’évertue à nous restituer les souffrances de ses personnages en qui haine et passion s’entremêlent, douleur et souffrance sont jumelles.

Cependant, lorsqu’il s’agit de peindre les mœurs puritaines des villageois, le ton devient cynique et l’auteur l’emploie pour dénoncer l’ignorance et la peur constante du diable dans laquelle vivent les villageois. Même les personnages principaux sont en proie à ce mal, lorsqu’Arthur Dimmesdale se croit tourmenté par le diable, qui n’est autre que Roger Chillingworth, ou encore quand Hester pense sa fille possédée d’un esprit malin.



En conclusion, l’auteur nous offre donc, au travers de ce récit, un véritable portrait de la société puritaine du XVIIe siècle et de ses malheurs par le biais d’un récit empreint de symbolisme et de passion, porté par une héroïne aux mœurs modernes.


Célia, 1ère année bibliothèques 2012-2013

 

 

Nathaniel HAWTHORNE sur LITTEXPRESS

 

Nathaniel Hawthorne Le Hall de l'imagination

 

 

 

 

 Article de Laëtitia sur Le Hall de l'imagination.

 

 

 

 

 

 

 

Hawthorne La Lettre écarlate

 

 

 

 

Articles d'Estelle et de Cynthia sur La Lettre écarlate.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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