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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 07:00

Natsume-Soseki--A-travers-la-vitre.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

Natsumé SÔSEKI
À travers la vitre
Titre original : Garasudo no naka
Traduit du japonais
par René Ceccatty et Ryôji Nakamura
Éd. Rivages, 1993




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Natsume Sôseki (1867-1916), de son véritable nom Kinnosuke Natsumé, est un écrivain japonais diplômé de littérature anglaise à l’Université de Tokyo. Il fait partie de cette génération d’auteurs tournés vers l’Occident qui a vécu durant la modernisation du Japon. Une nation qui est passée d’un système traditionnel au pays que l’on connaît aujourd’hui avec une économie de marché à partir de l’ère Meiji.

Sôseki vit une enfance difficile car c’est un enfant non désiré qui est rejeté par sa famille. Il est obligé de vivre chez un couple de serviteurs jusqu’à l’âge de neuf ans avant de réintégrer son foyer d’origine à quatorze ans. C’est à cette époque qu’il assiste à la mort de son père, un événement qui l’affecte grandement et qui aura une grande influence sur son travail de romancier.

Au collège, il manifeste de l’intérêt pour la littérature chinoise et se destine à l’écriture. Après avoir obtenu un diplôme de littérature anglaise à l’université de Tokyo, il écrit plusieurs articles sur de célèbres poètes anglais et devient enseignant en 1893. Son expérience de professeur est à l’origine de son deuxième roman, Botchan (1906) ; un séjour universitaire à Londres inspirera plusieurs textes sur le monde occidental.

À son retour au Japon, Soseki décide de se consacrer totalement à l’écriture, notamment grâce au succès de son premier roman, Je suis un chat (1905), qui raconte les aventures d’un chat qui vit chez un professeur d’anglais et  porte un regard  naïf mais critique sur son maître en qui il n’est pas impossible de reconnaître l’auteur. Fort de la renommée de ses deux premiers livres, l’auteur effectue plusieurs voyages en Mandchourie (à l’époque sous domination japonaise) et en Corée grâce à ses relation dans l’administration coloniale, ce qui lui permet de parcourir le pays en toute liberté. Ces différents séjours susciteront plusieurs ouvrages.

À 45 ans, il tombe gravement malade et puise son inspiration dans la souffrance. Il décède finalement en 1916 d’un ulcère à l’estomac laissant son dernier roman, Meian, inachevé.

 

 

À travers la vitre (1915)

À travers la vitre est un journal de vie. Dans ce livre, Soseki exprime ses sentiments sur des événements marquants de son existence souvent liés à la perte d’un être cher, tels que son chien ou son frère, relate des erreurs passées qu’il se remémore avec amertume, comme le fait d’avoir eu un sourire inapproprié sur une photographie journalistique ou le dédain dont il fait preuve envers un de ses admirateurs qui lui demandait de lui écrire des haïkus et dont il a ignoré la requête.

Ce détachement et cette distance se manifestent à travers les commentaires et les poèmes de Sôseki ainsi que dans le titre même du livre. À travers la vitre, choix qui semble d’abord énigmatique, peut faire référence à une vision rétrospective de la vie que l’on regarde « à travers une vitre », métaphore qui traduit une certaine prise de recul par rapport à l’existence. Le thème central de l’œuvre étant la mort, on devine que derrière cette plume véridique et dérangeante se cache un auteur tourmenté qui cherche à se racheter de ses fautes avant de livrer son dernier soupir. À la lecture de cet ouvrage, que Soseki considère lui-même comme une confession, on comprend également que même si l’écrivain avoue avoir manqué certaines occasions ou avoir commis des erreurs par le passé, il reste attaché à l’existence et redoute la venue de la mort. On peut alors penser que ce livre, cette vitre littéraire à travers laquelle il nous offre de le découvrir, reste la dernière chose qui le raccroche à la vie.


Mon avis

Profondément ancré dans la culture japonaise, cet ouvrage m’a quelquefois mis mal à l’aise avec ses descriptions crues (par exemple la dépouille de son chien agonisant dépeinte avec un profond dégoût) ou bien à cause de son vocabulaire purement asiatique, car je ne possédais pas les connaissances nécessaires sur la vie du pays ou les mœurs de l’époque pour comprendre l’intérêt de cette œuvre. Deux lacunes qui m’ont empêché d’apprécier le récit à sa juste valeur.

On peut toutefois reconnaître la qualité du style, simple mais sévère, qui révèle une opposition entre la dureté de la vie, les tourments de l’auteur et les préoccupations souvent superficielles de la société japonaise qui se confrontent avec la volonté qu’éprouve Soseki de raconter les événements de manière sincère et originale, comme s’il souhaitait donner une dernière vision personnelle et testamentaire du Japon avant de disparaître.  

 

 

Valentin, 2e année Bib.-Méd.-Pat.

 

 

Natsume SÔSEKI sur LITTEXPRESS

 

natsume-soseki-couv.jpeg.jpg

 

 

Article d'Anthony sur Oreiller d'herbes.

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