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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 00:00

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Neil GAIMAN
Neverwhere
Titre original : Neverwhere
Traduit de l'anglais
par Patrick Marcel
Éditions J'ai lu, 2011
(première édition française 1998)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Neverwhere est l'un des premiers romans de fantasy urbaine – sous genre, mélange de fantasy et de fantastique où des créatures féeriques ou mythologiques vivent dans un environnement urbain – à avoir été traduit en France, c'était en 1998. Son auteur, Neil Gaiman est bien entendu écrivain, mais aussi scénariste et journaliste ; bref, il écrit beaucoup. On lui doit, entres autres, la série de comics Sandman, des romans comme American Gods, Stardust ou De bons présages qu'il a coécrit avec  Terry Pratchett, des recueils de nouvelles, des romans jeunesse ( Coraline, L'étrange vie de Nobody Owens), etc., etc., etc. Il signe également des scénarios de films et de séries télévisées : il a dernièrement écrit un épisode de Doctor Who, véritable institution chez nos voisins d'Outre-Manche.



Passons au livre...

Richard mène une vie tout à fait ordinaire : une petite amie, un boulot, un appart, le train-train quotidien, quoi. Un soir, en se rendant à une soirée avec son amie, il voit une jeune fille blessée gisant sur le trottoir. N’écoutant que son bon cœur, il la ramène chez lui sans savoir que ce geste va être le début de la fin… Sa fiancée le quitte, on ne le reconnaît plus nulle part, il a tout simplement été rayé de la carte ! Alors, évidemment, Richard cherche à comprendre. Il part donc à la recherche de la source de tous ses ennuis : Porte, la jeune fille qu’il a aidée. Mais ça, c’est sans savoir qu’il va pénétrer dans un monde n’ayant rien en commun avec son quotidien : un Londres secret, une ville souterraine située sous la capitale anglaise, un monde invisible aux yeux des mortels qui se révèle aussi dangereux qu’attirant... Bienvenue dans le London Below  !

Humour cynique, ambiances ténébreuses, Londres parallèle et marginale. Voici le cocktail explosif que nous propose Neil Gaiman dans son roman Neverwhere.

Le Londres souterrain est un endroit dangereux, féodal et labyrinthique ; peuplé de créatures étranges et souvent malveillantes. Les différents peuples qui y habitent sont regroupés en baronnies, toutes ces différentes races formant un peuple hétéroclite les jours de marché où on peut se procurer tout et n’importe quoi.

 

 

« Tout le monde achetait. Tout le monde vendait. Richard écouta les cris du marché en commençant à déambuler dans la foule.

– Ils sont beaux, ils sont frais, mes rêves. Cauchemars, cauchemars, première qualité ! Venez acheter mes beaux cauchemars.

– Aux armes ! Armez-vous ! Défendez votre cave, votre caverne ou votre terrier ! Vous voulez leur taper dessus ? On a ce qu’il faut. Allez, ma belle, approchez, venez par ici…

– Cochonneries ! beugla une vieille obèse dans l’oreille de Richard quand il passa devant son étal malodorant. Détritus ! poursuivit-elle. Ordures ! Déchets ! Fange ! Immondices ! Servez-vous ! Tout est cassé et abîmé ! Saloperies, saletés et vieux tas de merde. Allez, allez, faites-vous plaisir.

Un homme en armure battait un petit tambour, chantait en même temps :

– Objets perdus ! Approchez, approchez ! Voyez vous-mêmes. Objets perdus. Rien de trouvé ici, tout est garanti perdu. »

 

 

J’ai trouvé les personnages attachants : Richard, tout d’abord, ce gars complètement paumé au milieu de ce monde qu’il ne comprend pas ; un monde si différent du nôtre, où la magie plane, invisible, omniprésente. Il décide d’accompagner Porte pour retrouver sa vie et les choses rationnelles qu'il a perdues, même si pour cela il doit affronter moult dangers qu’ il ne saisit pas toujours. Il se montre courageux, malgré la peur constante, sentiment qu’il partage avec Dame Porte, la jeune femme qu’il a sauvée. Aussi paumée et terrifiée que son voisin du Londres d’en haut, la jeune fille vient de perdre sa famille dans des circonstances tragiques. Comme les autres membres de sa famille, Porte a le pouvoir d’ouvrir des passages, d’en créer, même lorsqu’ils sont apparemment inexistants.

Les personnages secondaires sont également très recherchés et approfondis. J’ai particulièrement aimé le personnage du Marquis de Carabas, être ambigu oscillant entre l’ombre et la lumière, grand manipulateur dont on ne sait jamais s’il agit de façon pernicieuse ou amicale. Et que dire de Messieurs Croup et Vandemar, tueurs sadiques dont les répliques sont terriblement grinçantes ?

 

 

« M. Croup appliqua sa main gauche contre le mur, doigts écartés. Il prit de la main droite cinq lames de rasoir, visa avec soin et les lança vers le mur. Elles s'y fichèrent toutes, entre les doigts ; ça aurait pu constituer le clou d'un numéro de lanceur de couteaux miniatures. M. Croup retira la main, laissant les lames plantées dans le mur, délimitant le contour de ses doigts, et il se retourna vers son partenaire pour recevoir son approbation.

Il n'avait pas impressionné M. Vandemar.

« Et alors ? Qu'est-ce qu'y a d'extraordinaire ? Z'avez pas réussi à atteindre un seul doigt. »

 

 

Gaiman joue sans cesse avec le lecteur, le semant dans les méandres de ce Londres inconnu, et pourtant terriblement familier. Ainsi les héros traversent-ils des lieux connus de tous, des stations de métro existant réellement : l'auteur manipule la réalité,  mêlant éléments fictionnels et noms de ces dites stations. Ainsi y a-t-il vraiment un comte qui tient sa cour dans un wagon de métro à la station Earls’court, une confrérie de moines encapuchonnée de noir à celle de Blackfriars ou un ange à celle d'Angel.

Le ton du livre est souvent très drôle, les répliques de Richard sont souvent cocasses, en harmonie avec les découvertes qu’il fait dans ce monde du dessous où toutes les créatures qu’il prenait jusqu’ici pour chimères tirées de contes de fées existent réellement. Gaiman sait trouver le mot, l’expression, la phrase justes pour nous plonger dans son univers, nous faire pénétrer dans cette cour des miracles chargée d'une atmosphère étrange et terriblement prenante.

En conclusion, Neverwhere, c’est une sucrerie à savourer sans retenue, une invitation au voyage, une écriture magique, poétique et terriblement imagée, un univers à découvrir les yeux grands ouverts... et ce, qu'on soit ou non adepte des littératures de l'Imaginaire.


Laure, AS Bib.-Méd.

 

 

 

Neil GAIMAN sur LITTEXPRESS

 

 

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Article de Caroline sur De bons présages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Article de Fany sur Coraline.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Laure - dans fantasy
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