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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 07:00

Nouvelles-d-Argentine.jpg
 
 

 

 

 

 

Sergio BIZZIO,
Gonzalo CARRANZA,
Ricardo PIGLIA,
Esther CROSS,
Sergio CHEJFEC
Nouvelles d’Argentine
Traducteurs
André Gabastou
François Gaudry
François-Michel Durazzo
Marianne Millon
Magellan Et Cie
Collection Miniatures, 2010


 

 

 

 

Aspect du livre
 
Caractéristiques extérieures

J’ai constaté que les couvertures de la collection Miniature ont un ton commun ou proche. Quelques exemples :
nOUVElles d'AlgérieNouvelles-du-Senegal.jpgNouvelles-d-Ukraine.jpg

Le titre est succinct mais informatif ; tous les titres de la collection Miniatures sont construits sur un même modèle.

Cinq auteurs ont participé à la rédaction.

Le résumé de la quatriéme de couverture présente une vision utopique de l’Argentine  mais parle peu de l’œuvre (il s’agit en réalité d’un extrait de la préface de Pierre Astier).

Extrait du résumé de la quatrième de couverture :

 

« ARGENTINE. S'étirant de la Terre de Feu (et de glace), où s'aventura naguère un certain Magellan, au sud du Brésil, de la Cordillère des Andes à l'océan Atlantique, l'Argentine est ce jeune pays de deux cents ans où survit encore le mythe américain de la terre promise, de la terre d'exil pour de nombreux Européens. C'est le pays des pampas à perte de vue, jusqu'à la Patagonie, des « gauchos », ces fiers gardiens de gigantesques troupeaux, du tango, cette danse nerveuse pratiquée sur les bords du rio de la Plata, le fleuve d'argent, où les hommes et les femmes se toisent fiévreusement. C'est le siège d'une capitale, Buenos Aires, à l'architecture et à l'atmosphère européennes… ».

 

Les autres informations qui y sont présentées relèvent de la notice bibliographique (voir ci-dessus).
 

Caractéristiques intérieures

Le papier est de bonne qualité.

Le texte est espacé, la police est claire.

Au début de chaque nouvelle une courte biographie de l’auteur est présente.

 
La préface

La préface est de Pierre Astier, directeur de la collection Miniatures (et anciennement éditeur du Serpent à plumes).

La collection Miniatures a pour but de présenter en quelques nouvelles (ici cinq)

q) des pays variés, elle l’a aujourd’hui fait pour 23 pays.

Les éditions Magellan & Cie ont rassemblé ces auteurs en demandant à chacun de rédiger une nouvelle pour sa collection ; les cinq auteurs natifs de Buenos Aires et de ses alentours ont accepté cette mission et nous présentent ainsi le pays sous différents regards.

 

image-7.png 
 
Une première nouvelle : « Ad Majorem dei Gloriam »
 
Le titre se traduit par « Pour la plus grande gloire de Dieu ». Le texte a été écrit par Gonzalo Carranza, écrivain et journaliste, et traduit de l’espagnol par François Gaudry.
 
Le contexte : L’histoire se déroule dans un monastère argentin. Selon moi, l’époque est la nôtre.
 
Les personnages : Le personnage/narrateur est un jeune prêtre jésuite très investi dans la foi et dans ses tâches. Il se nomme Père Heredia (son nom n’est que tardivement cité dans l’œuvre). Rapidement il devient le secrétaire général d’Avila, le Provincial de la compagnie en Argentine.
 
L’histoire : jour après jour, Le père Heredia accomplit sa tâche de secrétaire auprès  d’Avila. Néanmoins, une après-midi est bousculée : Avila lui demande de l’emmener en dehors  de la ville ; sentier après sentier il le guide jusqu’à une bâtisse.

 

« Quelques minutes plus tard, nous nous arrêtâmes devant l'unique maison en briques, une construction carrée comme une boite de chaussures, dont la façade exhibait une horrible fresque saturée de palmiers et de fleurs. À la porte nous attendait une femme grande et mince, vêtue d'un corsage bleu ciel et d'un pantalon de la même couleur. Elle avait les cheveux teints d'un roux si vif qu'il s'appelait cuivre. Le père Avila la salua par une sorte de toux, et sans attendre, disparut derrière un rideau à lanières de plastique multicolores. »

On comprend bien vite qu’il s’agit d’un « bordel ».
 
S’y trouve étendu sur un lit le corps du curé Maza. Le commissaire Bermudez informe le père Heredia et Avila qu’il annoncera à la population que sa mort a eu lieu en rendant visite à un malade. Pourtant, cette version ne convient pas au jeune prêtre qui, tracassé, décide de mener sa propre enquête. C’est pourquoi il cherche à rencontrer l’une des filles du bordel.

Il la questionne mais elle refuse de répondre. Il repart. De retour au monastère, un appel de la jeune fille a été passé pour lui : elle est à l’hôpital, on lui a tiré dessus. Il ne parvient pas à s’y rendre avant qu’elle ne décède. Au cours de son enquête un autre épisode de ce type a lieu si bien qu’il se retrouve dans une pièce sans fenêtre, ligoté.
 
Pour ceux qui souhaitent connaître la chute, je vous laisse la découvrir par vous-même !
 
La particularité de cette nouvelle : elle comporte un grand nombre de personnages, ce que je trouve plutôt rare.
 
Le sens : Je suppose que l’auteur a souhaité montrer qu’en Argentine et comme partout ailleurs perdure une vie monastique bien éloignée de la vie de chacun d’entre nous. De plus, le personnage principal n’est guère plus âgé que nous, ce qui suppose que nous pourrions être à sa place.


Une seconde nouvelle : « Le Cadeau »

Écrit par une romancière argentine nommée Esther Cross, ce texte a été traduit par Marianne Millon.
 
Le contexte : L’histoire se passe dans une famille argentine plutôt moderne, à la période de Noël.
 
Les personnages principaux : ce sont deux jeunes sœurs d’âges proches. La famille est présente tout au long de l’histoire ainsi que « l’Invité ».
 
L’histoire : Le soir de Noël toute la famille est réunie, la mère a invité l’une de ses connaissances : « Il m’a fait pitié parce qu’il est seul, sans famille ». Le repas se déroule parfaitement bien. Néanmoins, un conflit sournois règne entre les deux sœurs : l’invité a mis sur le tas de paquets une poupée, le problème étant qu’il n’y en a qu’une seule et qu’il part sans l’avoir attribuée à l’une des deux fillettes. Une guerre sans merci se déclare alors entre elles deux.

 

« À ma droite, ma sœur s'accrochait à la poupée. De l'autre côté, moi, invincible, qui  résistais. Les articulations en fil de fer du coup craquaient. Les bras, encastrés sous  pression, s'étiraient formidablement. Ma mère assurait que le son était exaspérant. Un de mes oncles prenait les paris. Ni les autres cadeaux, ni toutes les suggestions et les menaces, ne parvenaient à nous faire changer d'avis. La poupée en caoutchouc restait au milieu, moi, ferme à mon poste, ma sœur, inamovible, au sien ».

La décision est prise, elle doit être coupée en deux.

 

« Il n'était pas confortable de dormir avec elle. La poupée en caoutchouc était creuse. Pour éviter des sensations désagréables, je la plaçai sur son profil plein, fascinée par la vision de mon hémisphère de poupée ».

 

Durant tout le récit la famille va s’affairer autour de cette histoire de poupée : la mère va recontacter l’Invité afin de savoir où elle a été achetée ; ils partiront tous deux à la recherche d’une poupée identique, sans succès ; le conflit entre les deux sœurs s’envenime de plus en plus. Un beau jour, leur oncle arrive avec un paquet dans lequel il y a UNE poupée, mais une seule. La mère s’affaire alors et après avoir découpé la nouvelle poupée rassemble chaque partie avec le morceau lui correspondant de l’autre poupée.

À vous de découvrir la chute !
 
 
 
L’unité du contenu

Ces nouvelles sont très différentes les unes des autres dans leur contenu ; on constate bien qu’il s’agit d’un assemblage artificiel, sur ce point. Néanmoins, elles présentent un éventail de points de vue complet et diversifié sur l'Argentine. Toutes les catégories sociales sont représentées, tous les âges aussi.
 
 

Avis
 
Ce qui peut plaire

La diversité, les différents styles d’écriture, le projet, les histoires...
 

Ce qui peut déplaire

Les histoires, l’approche choisie, les termes employés, le changement de style d'écriture, le fait que l’œuvre ait été artificiellement conçue, les thèmes qui sont plutôt sensibles (vie monastique, vie en prison, sexualité...)
 


Jugements sur internet

Très peu nombreux ; je n'en ai trouvé qu'un, cela est peut être dû au fait que le publication est récente :

 

« Nouvelles et parfums bucoliques de cette mythique pampa qui se conjugue aux temps immémoriaux et aux espaces sans bornes des conquistadores espagnols qui égrenèrent les jalons des particularismes de l'Argentine. »

 

Mon avis personnel

J'étais assez mitigée à la fin de ma première lecture, je ne m'attendais pas à un tel contenu. Maintenant j'apprécie certaines nouvelles plus que d'autres. Néanmoins leur diversité est agréable car il permet un tant soit peu de découvrir le pays.
 
 
 
Les sources
 
 http://www.editions-magellan.com/livre/217-nouvelles-d-argentine

Présentation de la collection Miniatures sur le site des éditions Magellan :

 

Alors que la mondialisation des échanges progresse, que le monde devient un pour tous, des mondes-miniatures s’imposent, des pays et des régions entières affirment leur identité, revendiquent leur histoire ou leur langue, réinvestissent pleinement leur espace. Quoi de plus parlant qu’une miniature, la nouvelle, pour lever le voile sur ce monde-là, celui d’une diversité infinie et porteuse d’espoir ?

Cette collection, dirigée par Pierre Astier, est publiée en partenariat avec le magazine Courrier international.
 
Elles sont maliennes, libanaises ou corses… Elles vous entraînent vers des terres lointaines ou moins lointaines. Elles vous ouvrent à d’autres cultures, d’autres croyances, d’autres histoires. Les grandes plumes de la littérature contemporaine vous emportent loin, loin, loin…

 

 

Lise, 1ère année bib.-méd.pat. 2012-2013

 Exemples de couvertures de la même collection
 http://editions-magellan.com/collection/4-miniatures
 
Site sur lequel j'ai trouvé une critique de l'oeuvre
 http://www.rue-des-livres.com/livre/2350741834/nouvelles_argentine.html

Informations sur l'ancienne maison d'édition de Pierre Astier
 http://www.lacauselitteraire.fr/le-serpent-a-plumes/

 

 

 

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Published by Lise - dans Nouvelle
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