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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 07:00

OGAWA YOKO Parfum de glace

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OGAWA Yōko
Parfum de glace
Première édition japonaise : 1998
Traduit par
Rose-Marie Makino-Fayolle
Actes Sud, Babel, juin 2004
et Thesaurus, 2009






 
 

 

 

Une auteur reconnue, ses inspirations, son œuvre

Yōko Ogawa est née en 1962 au Japon et a suivi des études de littérature anglaise et américaine à l'université de Tokyo. Elle a remporté le prestigieux prix Akutagawa pour La Grossesse en 1991, et également les prix Tanizaki, le prix Yomiuri, et le prix Kaien. De plus, le tome 1 de ses œuvres, dont fait partie Parfum de glace, est sorti dans la collection Thésaurus d'Actes Sud, tandis que deux de ses nouvelles, L'annulaire et La formule préférée du professeur ont été adaptées au cinéma. Ses romans ont été traduits en français, allemand, italien, grec, espagnol, catalan, chinois, coréen et récemment en anglais, ce qui montre à quel point Ogawa est une auteur emblématique de sa génération.

Durant ses études, elle a découvert l'œuvre de Paul Auster, qui l'a profondément marquée. Tout comme lui, elle souhaite décrire le réel que l'on ne voit pas, ce qui nous échappe. Elle est également influencée par Steven Millhauser, John Irving, Haruki Murakami et Gabriel García Márquez.

Ses livres sont tous liés, et des thèmes récurrents apparaissent. Le personnage central est toujours une femme, et les hommes, s'ils sont présents, sont difformes, lointains, ou morts. Il y a une nostalgie, un besoin vital de conserver ses souvenirs qui traverse toute son œuvre. L'obsession de la rigueur et de l'ordre est la seule réponse au délabrement des lieux, à la perte de la mémoire. De plus, dans ce besoin de classement, les mathématiques ont une importance primordiale, et Ogawa a elle-même écrit avec un mathématicien un ouvrage sur l'extraordinaire beauté des nombres en 2006.

Pour plus d'informations sur Ogawa et le détail de son œuvre :  http://www.plathey.net/livres/japon/ogawa.html



Résumé

Hiroyuki, le compagnon de la narratrice Ryoko, s'est suicidé. Sans raison, il avalé de l'éthanol anhydre dans le laboratoire de parfum où il travaillait. Ryoko ne comprend pas et cherche des réponses. Pourquoi lui a-t-il affirmé que sa famille était morte alors que son frère et sa mère sont bien vivants ? Pourquoi lui a-t-il caché son talent pour le patinage et ne lui a-t-il pas dit qu'il avait été un champion des concours de mathématiques durant sa jeunesse ? Mais surtout, pourquoi s'est-il suicidé ? Ryoko va partir à la recherche de cet être mystérieux perdu à jamais, et tenter de trouver des réponses à Prague, lieu où sa vie semble avoir basculé des années plus tôt.



Le rêve

On retrouve là l'une des caractéristiques d'Ogawa, c'est-à-dire une poésie et un goût pour l'inexplicable. Ryoko a perdu « son » Rookie au sens littéral mais aussi figuré, puisqu'elle apprend que le surnom qu'elle lui donnait était en fait celui qui le suivait depuis sa plus tendre enfance. Mais au fond, elle ne sait même pas qui était le jeune homme en réalité. Elle n'a connu qu'une facette de lui, n'a vu que ce qu'il voulait bien qu'elle voie, il a une fois de plus contrôlé sa vie. Ryoko est perdue sans lui, elle est obsédée par sa disparition et ne cesse de revivre leurs moments à deux en se demandant s'ils étaient bien réels. La famille du défunt est tellement émerveillée par lui, vit tellement dans son souvenir, au point de passer des heures à astiquer ses trophées, que l'on se demande si un tel être a réellement pu exister. Depuis sa mort, Ryoko ne vit plus, et l'auteur décrit si peu ses sentiments que le lecteur a l'impression qu'elle est engourdie, spectatrice, comme dans un rêve.

Cet aspect onirique est évident dans la deuxième partie du roman, lorsque Ryoko découvre à Prague une grotte où vit un éleveur de paons et son troupeau. Elle comprend qu'Hiroyuki connaissait lui aussi cet endroit, et qu'il s'en est inspiré pour créer la parfum qu'il lui a dédié juste avant sa mort, Source de mémoire. C'est un espace à l'abri du monde, clos, sans bruit et où elle peut enfin cesser de se poser des questions. Soudainement, elle accepte l'inexplicable, ce qui est déroutant pour le lecteur. Mais au fond, cette attitude est logique, puisque liée au rêve. Dans un rêve, tout est banal, même le fait le plus étrange.



Le deuil

Bien que mort, Hiroyuki est omniprésent. Pour Ryoko, il est impossible de faire son deuil d'une personne qu'elle ne connaissait pas réellement, d'un étranger. Partir à la recherche de son passé, c'est inconsciemment vouloir être capable de lui survivre. Quelque part, elle se sent coupable de n'avoir pu empêcher le drame. Elle ne peut pas le laisser partir sans savoir qui il était vraiment. Elle veut comprendre ce qui a pu se passer, lui échapper. Ce livre est une sorte de voyage initiatique, presque un roman d'apprentissage où la narratrice devrait apprendre à vivre sans l'homme qu'elle aimait et à se détacher de ses souvenirs. C'est aussi une réflexion sur la mémoire et sur la capacité à se construire un avenir. La mère d'Hiroyuki est enfermée dans le passé de son fils aîné, elle passe ses journées à se remémorer ses victoires aux concours de mathématiques et à nettoyer ses trophées. Elle ne peut pas avancer, et on ne peut s'empêcher de faire un parallèle entre elle et Ryoko. Il faut que la jeune femme arrive son deuil, sinon elle risque de basculer dans la même folie. De plus, elle rentre totalement dans la famille du défunt puisque Akira, son frère, l'appelle « grande sœur ». Ce voyage est donc peut-être le seul moyen qu'elle a de surmonter cette épreuve. Enfin, l'histoire est hantée par une question cruciale : que reste-t-il de nous après la mort ? Lorsqu'elle voit le cadavre d'Hiroyuki, Ryoko veut l'embaumer pour garder quelque chose de lui. Mais au final, elle découvrira à Prague que l'essentiel n'est pas le corps, mais la mémoire. Le jeune homme a falsifié sa mémoire, a dit tant de mensonges qu'il est impossible de connaître la vérité, mais il est si important dans la mémoire de son entourage qu'il laisse une vive trace de lui. Grâce à son voyage à Prague, Ryoko va pouvoir lui dire adieu, et peut-être commencer son deuil.



Alors que l'on pourrait croire ce livre débordant d'amour et de désespoir, il n'en est rien. Ogawa décrit très peu les sentiments de la narratrice, elle est presque amorphe. Mais quelques passages nous touchent particulièrement par leur intensité, et c'est là que se trouvent la poésie et le lyrisme de l'œuvre. Elle nous pousse à nous poser des questions. Tout d'abord, le lecteur veut évidemment découvrir les raisons du suicide d'Hiroyuki. Il n'y a pas de réponse, car un suicide est difficilement explicable. C'est un geste personnel, poussé par le passé de chacun, son histoire, d'où l'importance de la mémoire. Avec un passé aussi falsifié que celui d'Hiroyuki, la mémoire devient trouble, incertaine. Ensuite, on se pose des questions sur notre propre vie. Est-ce que je connais bien mon entourage ? Comment une vie peut-elle basculer ainsi ? Est-il possible qu'il m'arrive la même chose ? Ainsi, on peut dire que Parfum de glace est un livre marquant, auquel vous repenserez peut-être furtivement en regardant votre compagnon (compagne), un ou une amie, un membre de votre famille que vous pensez parfaitement connaître.


Laura, 1ère année Éd.-Lib.

 

OGAWA Yoko sur LITTEXPRESS

 

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Article de Maëla sur L'Annulaire.

 

 

 

 

 

 

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Article de Sara sur Amours en marge

 

 

 

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article de Clémence sur La Petite Pièce hexagonale

 



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article de Kadija sur Une parfaite chambre de malade,

 

 

 

 

 

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Articles de  E.B.,  Delphine Marie,  Maylis sur Les Paupières

 

 

 

 

 

 

 

benediction-inattendue.jpg

 

 

 

 

Article de G. sur La Bénédiction inattendue.

 

 

 

 

 

 

 

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Articles de Marie, d'Axelle, de Laura sur Le Musée du silence.

 

 

 

 

 

 

 

 

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