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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 07:00
OGAWA-Yoko-Amours-en-marge.gif













OGAWA Yoko
Amours en marge

Titre original : Yohaku no ai
Traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle
Actes Sud, 2005
Babel, 2009



  







Yoko Ogawa est une écrivaine japonaise née en 1962 à Okayama. Dans sa jeunesse, elle est marquée par le Journal d’Anne Franck et sa philosophie mature, qui lui donnera le goût pour l’écriture. Elle a étudié à l’université Waseda à Tokyo (comme Haruki Murakami) et, grâce à son professeur de littérature, découvert Paul Auster. Elle est aussi influencée par d’autres auteurs comme Junichiro Tanizaki, Haruki Murakami mais aussi Fitzgerald, Capote et Carver.

Elle est l’auteure de nombreux romans ainsi que de nouvelles et d’essais ; elle a remporté le prix Akutagawa pour La Grossesse en 1991, le prix Kaien pour La Désagrégation du papillon en 1988, et d’autres encore comme les prix Tanizaki, Izumi et Yomiuri.

Elle s’est mariée à 24 ans et vit aujourd’hui avec sa famille dans la vieille cité marchande de Kurashiki où elle se consacre à l’écriture.

Rose-Marie Makino-Fayolle est la traductrice en français des œuvres d’Ogawa.

[Ma bibliographie est la synthèse de plusieurs sites. Pour en avoir une plus détaillée :
http://www.shunkin.net/Auteurs/?author=49]

   
Amours en marge est un roman de 18 chapitres qui raconte l’histoire d’une jeune femme victime d'un problème avec ses oreilles : elle entend des bourdonnements, des instruments de musique et tous les sons sont amplifiés. Elle se fait soigner dans la clinique F. Un jour, elle se voit participer à une table ronde pour répondre aux questions du journaliste d’un magasine de santé. Elle tombe alors sous le charme des doigts du mystérieux sténographe Y. Qui est-il vraiment ? Tout au long du récit, la narratrice nous raconte la relation qu’elle entretient avec lui, et ce n’est qu’à la fin, malgré de nombreux indices, qu’on découvre la véritable identité de Y.

C’est avec simplicité et transparence que la narratrice donne de la force et de la fluidité à son récit, caractéristiques du style d’Ogawa, sans oublier le mystère qui entoure les personnages et les lieux. La narratrice nous fait croire dès le début que tout est normal : elle nous décrit minutieusement ses souvenirs d'un garçon de 13 ans, ses journées monotones, les visites de Hiro (fils de la sœur de son ex-mari), les tendres moments passés avec Y. Tout cela dans un souci du détail mais qui jamais n’étouffe, peut-être grâce à l’absence de repères temporels qui nous emprisonneraient.

Généralement dans les œuvres d’Ogawa, le narrateur est une femme et le récit est à la première personne. En tant que lecteur, on a l’impression d’être, avec la narratrice, spectateur de ses aventures ; c’est une sensation assez particulière mais c’est le style de l’auteure.


Ce « premier roman « long » […] aborde d’une manière très sensuelle et poétique un thème majeur de l’œuvre de la romancière : la mémoire préservée, embaumée, immortalisée par une imperceptible trace qui capture le souvenir en même temps que la douleur qu’il a suscitée. » (Quatrième de couverture) C’est un des thèmes de l’univers romanesque de Yoko Ogawa, tout comme l’analyse des sentiments de la narratrice : la représentation du garçon de 13 ans, le musée avec le cornet de Beethoven, ses bourdonnements dans les oreilles, la manière dont elle se fait couper les cheveux par son ex-mari.

Les lieux fermés, anciens (la clinique F, le vieil hôtel - ancienne demeure familiale) font partis de cet univers par le silence qu’ils imposent et l’histoire qu’ils renferment.

Le chapitre 9 est essentiel : le lecteur prend conscience qu’il existe une incohérence entre la réalité et les actions de la narratrice, on bascule d’un monde à un autre.

Le titre peut peut-être s’expliquer par le divorce évoqué dans les premiers chapitres, l’attirance que la narratrice éprouve pour Y ; deux amours qui ne sont pas véritablement le thème principal du roman comme on pourrait le croire (surtout pour le dernier), mais qui sont « en marge » de la véritable obsession de la narratrice pour sa mémoire.

Petite citation (p.73) :
«Ne vous méprenez pas. Lorsque l’homme est confronté à un grand malheur, l’équilibre de ses sentiments se rompt. C’est ce qui s’est passé dans son cas. Est-ce que je me fais bien comprendre ? J’ai mis toute mon énergie à essayer de comprendre. Puis j’ai cherché où se trouvait le lointain point d’aboutissement de ce récit. »

    Personnellement j’ai beaucoup aimé ce roman. Le style d’Ogawa et l’histoire de la narratrice m’ont transportée entre le monde réel et la mémoire. Je l’ai ressenti et lu comme si j’écoutais de la musique contemporaine : à la fois perplexe parce que la fin est inattendue, et en même temps envoûtée parce que la musique de Yoko Ogawa nous emmène dans un univers onirique, peut-être un peu magique, où la réalité se détache de nous l’espace de quelques minutes, quelques heures.


Lara S., 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

OGAWA Yoko sur LITTEXPRESS


Yoko Ogawa, Amours en marge 1

 

 

 

Article de Sara sur Amours en marge

 

 

 

 

ogawa002.jpg



article de Clémence sur La Petite Pièce hexagonale

 




ogawa.jpg


article de Kadija sur Une parfaite chambre de malade,

 

 

 

 

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