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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 07:00

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OGAWA Yoko
Tristes Revanches
(Kamokuna shigai, midarana tomurai)
Nouvelles traduites du japonais
par Rose-Marie Makino-Fayolle 
Jitsugyo no Nihonsha, 1998
Actes Sud, 2004

Babel, 2008
 

 

 

 

 

 

 

 

yoko-ogawa.jpgL’auteur


Yoko Ogawa est une écrivaine japonaise née en 1962 à Okayama. Adolescente, elle est influencée par l’écriture du Journal d’Anne Frank. Elle découvre ainsi les mots et leur pouvoir. Pendant ses études de littérature américaine et anglaise, elle est une nouvelle fois influencée par le roman  Moon Palace de Paul Auster grâce au professeur Motoyuki Shibata qui est aussi le traducteur japonais de Paul Auster. En 1991, elle obtient le prix Akutagawa (prix littéraire prestigieux qui récompense les romans courts et les nouvelles) pour La Grossesse. Elle reçoit également le prix Tanizaki, le prix Izumi, le prix Yomiuri et le prix Kaien pour son premier roman court La Désagrégation du papillon (in  Une parfaite chambre de malade). Ses romans sont traduits en neuf langues. Sa nouvelle L’Annulaire a été adaptée au cinéma en 2005 en France. Son roman La Formule préférée du professeur a été également récompensée par le prix Yomiuri et a aussi été adaptée au cinéma au Japon en 2005. Cette nouvelle a notamment été publiée sous forme de bande dessinée et en format audio.
 

Tristes Revanches

Ce recueil présente onze nouvelles interconnectées : chacune comporte un ou plusieurs détails qui vont rappeler la nouvelle précédente ou la suivante ; le fraisier à la crème, par exemple, que l’on rencontre pour la première fois dans « Un après-midi à la pâtisserie » où il est question d’une mère venue acheter deux fraisiers à la crème dans une pâtisserie tenue par une jeune femme en larmes au téléphone. C’est l’anniversaire de son fils mais celui-ci aura malheureusement toujours six ans : il est décédé, asphyxié après être resté coincé dans un réfrigérateur cassé. Le fraisier à la crème revient dans la nouvelle suivante, « Jus de fruit », dont la jeune narratrice a voulu demander à un de ses camarades de classe de venir avec elle pour déjeuner en compagnie de « son  père » ; la jeune fille est effectivement illégitime. A la fin du repas, on leur sert donc un fraisier à la crème, que l’on retrouve dans la nouvelle « Bienvenue au musée des supplices » : la narratrice, une coiffeuse, a préparé un bon repas en attendant son compagnon. Le dessert est bien sûr un fraisier à la crème.

La pâtisserie se situe sur une place où est construite une horloge qui sonne tous les jours à cinq heures et présente un squelette, des soldats et un coq. On revoit cette horloge dans la nouvelle « Bienvenue au musée des supplices ». 

La jeune pâtissière présente dans « Un après-midi à la pâtisserie » est la narratrice de « Jus de fruit » où les deux jeunes gens, après le repas, se retrouvent devant une poste abandonnée. Dans ce local, on a entreposé des tas et des tas de kiwis bien frais.

Ces kiwis réapparaissent dans «  La vieille femme J ». La narratrice est écrivaine. Elle vient de s’installer dans un appartement et remarque que la propriétaire tient un petit potager où elle cultive notamment des kiwis. Elle y fait aussi pousser des carottes qui ont étrangement la forme de mains.

On apprend plus tard que c’est elle qui stocke ses kiwis dans l’ancienne poste abandonnée. Cette nouvelle est citée dans la suivante, « L’esprit du sommeil ». Le narrateur est un maître de conférences et médecin spécialisé dans les voies respiratoires. Il se retrouve coincé dans un train qui a eu un problème technique à cause de la neige. Durant l’attente, une classe de scouts commence à chanter L’Esprit du sommeil de Brahms. Il raconte que sa mère était écrivain et qu’elle avait écrit une nouvelle qui parlait de carottes en forme de mains et de kiwis.

Le personnage de ce médecin coincé dans la neige revient dans la nouvelle «  Blouses blanches ». L’histoire se déroule dans une pièce située à l’étage de la morgue, dans un hôpital. Une secrétaire et sa stagiaire sont en train de compter les blouses appartenant aux différents services de l’hôpital pour ne pas les perdre au retour de la laverie. Le médecin, coincé dans le train de la nouvelle précédente, est en fait l’amant de la secrétaire présentée dans cette nouvelle. Il est à nouveau cité dans la nouvelle «  Faufilage d’un cœur » : la narratrice est maroquinière et reçoit une commande étrange et originale d’une cliente à l’aspect étonnant : la confection d'un sac destiné à protéger son cœur, qui se trouve à l'extérieur de sa poitrine. Quand elle a fini la fabrication du « sac », tellement obsédée par sa conception qu’elle laissera mourir son hamster dont elle se débarrassera dans la poubelle d’un restaurant de hamburgers, sa cliente lui apprend qu’elle ne veut plus de ce sac. La maroquinière insiste et se rend à l’hôpital où sa cliente est partie pour une opération. Elle y entend cette annonce inlassablement répétée : on attend désespérément un certain Monsieur Y, médecin spécialisé dans les voies respiratoires et maître de conférences.

Le personnage de la maroquinière et le personnage de la secrétaire ainsi que le cadavre du hamster retrouvé dans la poubelle sont repris dans «  Bienvenue au musée des supplices ». Ce musée inquiétant est tenu par un vieil homme très bien habillé qui explique à la jeune narratrice, une coiffeuse, qu’il doit s’asperger d’eau de toilette à la fougère pour masquer l’odeur du tigre du Bengale dont il s’occupe. Dans «  Les derniers instants du tigre du Bengale », la narratrice est l'épouse légitime du médecin spécialisé dans les voies respiratoires. Elle rencontre le vieil homme du musée des supplices après avoir été témoin de l'accident d’un camion de tomates et ils assistent ensemble aux derniers moments de vie du tigre du Bengale.

Dans la nouvelle « Les tomates et la pleine lune », le narrateur est journaliste pour un magazine féminin. Il doit rendre un papier d’appréciation sur un hôtel. A cette occasion, il rencontre une jeune femme avec un chien noir, qui n’est autre que l’apparition de la « mère » du médecin spécialisé dans les voies respiratoires. Un autre jour, il la voit donner des tomates de l’accident de la nouvelle précédente au cuisinier de l’hôtel.

Dans la dernière nouvelle, «  Herbes vénéneuses », la narratrice assiste à un gala de charité. La musique de fond est L’Esprit du sommeil de Brahms. Elle rencontre un jeune serveur à la voix envoûtante. Elle décide alors de financer ses études au conservatoire de musique. Quand le jeune homme tombe amoureux, la narratrice ne peut le supporter. Elle fait un caprice. Elle n’aurait pas dû car le jeune musicien décide ensuite de ne plus accepter son argent. Elle part donc en promenade dans une forêt non loin de là pour se changer les idées et arrive à une clairière où l’on a entreposé des frigos. Encore ici un détail rappelant la première nouvelle « Un après-midi à la pâtisserie ».

On remarque donc que ces nouvelles sont extrêmement bien reliées les unes aux autres. Ce système d’interconnexions est très intéressant dans le sens où le lecteur ne reste pas passif. Il doit se concentrer pour suivre et bien se rappeler les détails déjà cités. Il entre ainsi encore mieux dans les nouvelles.   

Tous les personnages sont anonymes, au mieux désignés par des lettres, comme « Monsieur Y » ou « Madame J ». Cette absence de noms permet paradoxalement au lecteur de mieux entrer dans les différents personnages.

La construction de ce recueil rappelle celle des films Babel ou Amours chiennes du réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu qui assemble différentes visions de ses personnages sur la même histoire1. Dans ce recueil, c’est la même idée. Tel personnage est d’abord personnage principal et devient ensuite secondaire ou une simple citation dans la nouvelle suivante.


Commentaire

J’ai bien aimé ce système d’interconnexions. Il rend les nouvelles plus vivantes car les personnages semblent fuir, ne restant jamais à leur place en tant que personnage principal. Il est un peu difficile d’entrer dans le recueil au début à cause du manque d’actions concrètes mais la suite nous entraîne plus profondément dans un univers perturbant et fascinant en même temps.

 
 Alice, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

Note
1. On songe aussi, bien sûr, à Rashōmon d’Akira Kurosawa, d’après le recueil d’Akutagawa (fiche de lecture à venir).

 

 

 

OGAWA Yoko sur LITTEXPRESS


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Article de Maëla sur L'Annulaire.

 

 

 

 

 

 

Yoko Ogawa, Amours en marge 1

 

 

 

Article de Sara sur Amours en marge

 

 

 

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article de Clémence sur La Petite Pièce hexagonale

 



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article de Kadija sur Une parfaite chambre de malade,

 

 

 

 

 

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Articles de  E.B.,  Delphine Marie,  Maylis sur Les Paupières

 

 

 

 

 

 

 

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Article de G. sur La Bénédiction inattendue.

 

 

 

 

 

 

 

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Articles de Marie, d'Axelle, de Laura sur Le Musée du silence.

 

 

 

 

 

 

 

 

OGAWA La Grossesse

 

 

 

Article de  Sandrine sur La Grossesse

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Alice - dans Nouvelle
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