Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 07:00

Ooka-Shohei-Journal-d-un-prisonnier-de-guerre.gif


 

 

 

 

 

 

 

ŌOKA Shōhei                                      
大岡 昇平
Journal d’un prisonnier de guerre
俘虜記 (1949)
Furyo ki
Traduction de
François Campoint
Belin,
collection Littérature et politique, 2007






 

 

 

 

 

Ōoka Shōhei est né en 1909 à Tōkyō. Il a fait ses études à Kyōto puis il s’est fait connaître en tant que traducteur notamment de Stendhal. Il est mobilisé pour la guerre en 1944 aux Philippines et est fait  prisonnier par les Américains en janvier 1945 sur l’île de Leyte. C’est à son retour en décembre 1945 qu’il se met à écrire, la guerre ayant été l’élément déclencheur. Encouragé par son ami l’écrivain Kobayashi Hideo, il écrira Journal d’un prisonnier de guerre (1946-1950, Furyo-ki) mais aussi Feux et Chronique de la bataille de Leyte. Il meurt en 1988.

Ainsi Journal d’un prisonnier de guerre est un récit autobiographique sur sa capture lors de la guerre. L’ouvrage commence sur l’île de Mindoro au sein de la compagnie Nishiya en 1944. C’est alors que les Américains arrivent sur l’île et que les soldats japonais doivent se replier dans les montagnes où Ōoka Shōhei perdra ses compagnons et se retrouvera infecté de la malaria. Mourant, il est retrouvé par deux Américains qui feront de lui leur prisonnier.                                                                                                          

 Ōoka expose toutes les pensées qu’il a pu avoir pendant sa capture mais il remet aussi en question ses anciennes réflexions et les idées qu’il a pu émettre. Ce livre ne cesse de faire réfléchir et nous oblige à nous faire notre propre opinion. En plus de cette richesse, l’auteur nous offre la description minutieuse et aussi objective que possible du cadre qui l’entoure, qu’il s’agisse du temps, de ses camarades ou du campement.

C’est ce qui fait de ce livre un des plus grands récits sur la guerre. En effet ces descriptions très détaillées et objectives permettent d’en apprendre beaucoup sur la guerre et sur les conditions de vie des prisonniers et des soldats en sortant des habituels récits sur les tortures et les massacres. Donc certes on a cet aspect objectif qui permet de mieux découvrir la guerre mais le fait qu’il nous présente le fond de sa pensée nous informe et nous plonge dans les sentiments et les émotions de cet auteur qui ne cesse de philosopher sur les événements, lui-même et le monde qui l’entoure de manière très réfléchie et en même temps assez spontanée.

J’aimerais mettre l’accent sur le fait que Ōoka Shōhei, dans son récit, parle beaucoup des Américains et de l’influence qu’ont eue les Occidentaux sur les Japonais. En effet, de manière assez amusante et en même temps à travers une certaine méditation, l’auteur nous montre combien les Japonais s’occidentalisent par la littérature, la nourriture et commencent, en particulier l’auteur, à remettre leur gouvernement en cause.

Ce récit est certes un peu long (environ 500 pages) mais ce témoignage est sincère et il apporte beaucoup. Je le conseille vivement.


Lucille, 2ème année bibliothèques 2012-2013


Bibliographie

Un Aigle, dans Spirales n°28-29.

Lettres à mes amis français, dans Écritures japonaises

Journal d’un prisonnier de guerre (俘虜記, 1949)

La Dame de Musashino (武蔵野夫人, 1950)

Le regard de la sentinelle (歩哨の眼について, 1950), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines, tome I

Les feux (野火, 1951)

You are heavy (ユーアーヘヴィ, 1953), dans Anthologie de nouvelles japonaises, tome II.

L’ombre des fleurs (花影, 1958-1959)

Mémoires sur la bataille de Leyte (レイテ戦記, 1971), dans Le roman japonais depuis 1945

Le 15 août (1974), dans Cent ans de pensée au Japon, tome I

 

 

Partager cet article

commentaires

Recherche

Archives