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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 20:00

Gallmeister logo 1
Dans l’intimité de la librairie  La Machine à Lire, ce vendredi 8 octobre 2010, Oliver Gallmeister s’est adressé à la quinzaine de personnes présentes pour faire partager son expérience du métier d’éditeur dans le cadre du festival Lettres du Monde.

Après un début de carrière dans la finance – au sein du groupe Hachette Distribution – cet amoureux de la littérature américaine décide de créer sa propre maison d’édition, à son nom, en 2005, alors qu’il a à peine 35 ans et ne connaît pas du tout ce milieu.
Cormac-McCarthy.gif
Dans les années 80, les premiers Don DeLillo, Cormac McCarthy ainsi que les traductions qu’édite Christian Bourgois sont ses premiers émois littéraires. Il se prend de passion pour la langue anglaise et commence rapidement à lire les textes originaux. Grand amateur de pêche à la mouche et autres activités de plein-air, il découvre tout un pan de la littérature américaine – « littérature des grands espaces » comme il le nomme – pas encore traduit en français.  Son idée de créer une maison d’édition vient de là. Il a envie d’offrir ces textes à des gens comme lui : la trentaine, pas plus cultivés que les autres, tout simplement en recherche d’émotion(s).

Avoir travaillé comme contrôleur de gestion lui donne un avantage : savoir créer une entreprise. Pour le reste il a tout appris sur le tas. Il réussit à entrer en relation avec Anne-Marie Métailié qui lui prodigue de nombreux conseils et l’oriente vers d’autres professionnels. Il comprend vite que son projet va prendre du temps à s’élaborer et que cela ne peut plus être qu’un simple loisir. Dix mois s’écoulent avant que les premiers livres soient publiés.

Cette période est riche en recherches et démarches en tout genre. Le premier problème : la maquette des ouvrages. À entendre la manière dont il nous en parle, cela lui a créé de nombreux cas de conscience. Avec sa graphiste, ils font des recherches en librairie et multiplient les essais. Le résultat est au rendez-vous : une identité graphique bien remarquable et très stylisée. Oliver Gallmeister tient enfin entre ses mains le livre qu’il aimerait acheter : couverture noire, photographie discrète en noir et blanc, nom de l’auteur et titre dans de jolies couleurs, le tout relevé par un bandeau aux couleurs flashy plus attrayant. Car, comme le rappelle Oliver, il est avant tout là pour vendre.

Son deuxième problème : l’acceptation de ce qu’il veut publier. Il se rend rapidement compte, qu’en France, les ouvrages qui traitent de la nature sont difficilement acceptés au titre de littérature. Heureusement pour lui, le phénomène Into the wild va faire évoluer les mentalités. Ses premiers ouvrages bénéficient de l’engouement qui se tisse autour de la littérature des grands espaces (avec un retour vers Thoreau par exemple).

Oliver Gallmeister insiste sur le fait qu’il ne publie que les textes qu’il aime, qu’il est fier d’ajouter à son catalogue et plus encore de défendre. Quand on lui pose la question de comment il fait ses choix, il répond que c’est surtout dû au hasard… Des recherches personnelles pour sept livres sur dix, des auteurs qu’il suit maintenant depuis la création de sa maison (tels que  Pete Fromm,  David Vann ou  Trevanian), et maintenant parfois des manuscrits qu’on lui fait parvenir par agent. Il reconnaît avoir du mal à parler des textes qu’il fait paraître et insiste sur le fait que les éditeurs sont des « hommes de l’ombre » et que tout cela « est bien trop intime ».


Les deux collections d’origine, « Nature Writing » et « Noire », sont rejointes en 2009 (grâce à l’arrivée de Laurent Beccaria au sein des éditions Gallmeister) par « Americana » qui s’approprie des thèmes plus urbains. Gallmeister s’ouvre avec cette dernière à l’ensemble de la littérature américaine contemporaine.  Et depuis peu, « Totem » (la collection poche) complète le catalogue. 
Trevanian.gif
Cette petite maison d’édition peut se targuer d’un réel succès, grâce aux relais que sont les libraires assez friands de ses ouvrages – et l’éditeur insiste bien sur ce point ! – mais  aussi grâce à la presse élogieuse qu’a reçue Sukkwan Island de David Vann (Prix de lecteurs de L’Express).

 

 

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    Cette rencontre s’est close sur une lecture, toute en intensité, d’une nouvelle de Pete Fromm (extraite d’Avant la nuit) par la comédienne Dominique Garras.  

« Épuisette » nous lance dans une scène de mariage fort peu habituelle : « Quelle idée de se marier dans de telles conditions ! » ne cesse de répéter la narratrice, mariée sans trop de conviction, à  l’aube et en pleine nature. S’ensuit une scène de pêche pour le moins cocasse (à qui attrapera le plus gros poisson, sachant que les blancs ne comptent pas) et pleine de tension, dans un décor où froid et brouillard ont vite fait de gagner le lecteur (les spectateurs dans notre cas).

 

 

 

En sortant de là souffle comme un vent de dépaysement… On a envie de sauter dans le premier avion pour aller découvrir le Montana.  Ou alors de vite rentrer chez soi pour se plonger dans un Pete Fromm ou autre Edward Abbey !


Joanna, 1ère année Éd.-Lib.

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Published by Joanna - dans EVENEMENTS
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