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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 07:00

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Olivier ADAM
Les Lisières
Flammarion, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Adam_(%C3%A9crivain)

 

 

L’histoire

Paul Steiner, un écrivain, vient d’avoir quarante ans. Alors qu’il pensait enfin avoir trouvé un équilibre en Bretagne avec sa femme et ses enfants, sa femme le quitte, ne le supportant plus. La vie de Paul se trouve alors bouleversée et sa « Maladie », une sorte de dépression, le rattrape. De plus, sa mère est à l’hôpital et souffre de pertes de mémoire. Il doit retourner dans sa ville d’enfance, « V. », en banlieue parisienne, où son père l’accueille avec un grande indifférence. Ce voyage va lui permettre de faire un bilan de sa vie actuelle mais également de la situation d’une France en déclin.

 

Le personnage principal : Paul Steiner

Paul Steiner n’a aucun souvenir de son enfance antérieur à sa tentative de suicide à l’âge de dix ans. Il a été anorexique durant son adolescence, jusqu’à ce qu’il rencontre sa femme, Sarah, qui va l’aider à s’en sortir. Ils vont alors tous les deux fuir, d’abord de « V. » vers Paris. Puis, quand la Maladie rattrapera Paul, ils fuiront de nouveau vers la Bretagne. Cependant, depuis quelque temps, la Maladie touche à nouveau Paul. Il se laisse aller, ne parle plus et pèse plus de cent kilos. Il devient impossible à vivre et Sarah le quitte. Du fait de l’hospitalisation de sa mère, il revient chez lui après vingt ans sans avoir jamais vraiment donné de nouvelles.

« À force de fuir de lieu en lieu, de lisière en lisière, est-ce qu'on ne finit pas par vivre aux lisières de sa propre existence ? »

On peut voir de nombreuses similitudes entre la vie de Paul Steiner et celle d’Olivier Adam. Tout comme Olivier Adam, Paul Steiner a grandi en banlieue parisienne. L’auteur et son personnage habitent tous les deux en Bretagne. Ils sont écrivains et participent à l’écriture de scénarios de films. Ainsi, dans le fond, les vies de Paul Steiner et d’Olivier Adam sont similaires. On peut donc se demander quand l’auteur ne retrace plus sa vie et entre dans la fiction, où se situe la frontière entre l’autobiographie et la fiction ?


 
La mère de Paul montre de plus en plus les signes de la maladie d’Alzheimer. Son père, un ancien ouvrier communiste, s’apprête à voter pour le Front National. Son frère, François, qui est vétérinaire, vit dans un quartier aisé et a des idées politiques conservatrices, opposées aux siennes. Le narrateur n’est pas proche de sa famille, il ne s’entend pas bien avec son frère et son père et n’a jamais vraiment été proche de sa mère. Ce roman, et principalement la situation du narrateur, nous permettent d’ouvrir les yeux sur l’éclatement de la cellule familiale et les difficultés à communiquer aujourd’hui.

 

« D'où venait qu'après tant d'années une mère et son fils se connaissaient si mal, se parlaient si peu, se témoignaient si peu de tendresse ? D'elle ou de moi ? Était-ce là un symptôme de plus de mon incapacité à entrer réellement en contact avec les autres, de cette manie que j'avais de les fuir, de ce paradoxe qui me faisait me replier sur moi et refuser les marques d'affection, les démonstrations d'intimité, en même temps que je me plaignais intérieurement de ma solitude, de la froideur et de l'abstraction des liens qui m'unissaient aux autres : mes amis, mes parents, mon frère ? »

 

Durant son séjour, Paul découvrira l’existence d’un lourd secret de famille qui pourrait être la cause de son amnésie partielle et de ses rechutes permanentes dans la « Maladie ».

Ce séjour va également permettre à Paul de revoir les personnes qu’il a connues durant sa scolarité, des personnes à qui il n’a jamais donné de nouvelles après les avoir quittées. Certains vont avoir réussi mais beaucoup vont avoir échoué dans leurs objectifs. La majorité n’ont pas d’emploi stable, vivent dans des situations précaires et ont souvent du mal à boucler leurs fins de mois. Leurs utopies de l’adolescence se sont envolées. Sophie, son ancienne meilleure amie, est devenue une mère au foyer, à l’opposé de son projet d’avenir. Elle est très fragile et Paul va venir détruire cet équilibre.

 

Portrait de la France d’aujourd’hui

Les banlieues sont pour l’auteur à la lisière de la France. Elles sont mises à l’écart, stigmatisées, et personne ne s’en occupe. La situation de ses anciens camarades de classe en est la preuve formelle. L’inégalité des chances frappe de plein fouet ces banlieues.

 

« J'avais le sentiment d'avoir perdu le contact. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'en dépit des mots les choses s'étaient inversées : le centre était devenu la périphérie. La périphérie était devenue le centre du pays, le cœur de la société, son lieu commun, sa réalité moyenne. [...] Oui, cela ne faisait plus aucun doute, la périphérie était devenue le cœur. Un cœur muet, invisible, majoritaire mais oublié, délaissé, noyé dans sa propre masse dont j'étais issu et que je perdais de vue peu à peu. »

 

 L’auteur montre également l’ampleur de l’évolution des idées du Front National dans la population. Le père de Paul, ainsi que plusieurs de ses anciens amis, sont de plus en plus réceptifs aux discours de Marine le Pen, appelée « La Blonde », pourtant au départ à l’opposé de leurs convictions. Ils envisagent de voter pour elle aux prochaines élections.

Olivier Adam fait également une critique de la France mondaine, des écrivains de Saint-Germain-des-Prés. Il fait une critique du monde littéraire notamment à travers la vision de ses anciens camarades et de sa famille sur sa nouvelle vie, sur les livres qu’il écrit.

 

« Tu sais, tes livres, si je dois être sincère, je ne les aime pas trop. Tu es trop noir. Mais tu as toujours été comme ça. À tout voir en noir. À te plaindre. À te morfondre. Mais bon, vous êtes tous pareils les artistes. À vous torturer. À vous prendre la tête. On dirait des adolescents mal grandis. »

 

 

La structure du roman

Le livre est divisé en trois grandes parties :

 

–  Le retour du personnage principal chez ses parents

–  Le retour en Bretagne

–  Le nouveau départ de Paul au Japon.

Le rythme du roman est plutôt lent. Il y a beaucoup d’analepses durant lesquelles le narrateur rappelle ses souvenirs, cela nous permet de connaître son passé.

L’utilisation de l’imparfait montre bien l’importance des descriptions dans ce livre. Le narrateur est interne ce qui permet de suivre ses pensées.

 
 
Mon avis

Ce roman permet, à travers l’analyse que fait le narrateur de sa vie, de se remettre soi-même en question et de réfléchir à sa propre vie, notamment à la relation avec les parents.

À mon avis, ce livre dépeint bien la situation actuelle en France. Le fait qu’il soit en lien avec l’actualité (élections, Fukushima) est très intéressant. Olivier Adam a un regard très juste sur la société et les personnes qui la composent. Il est capable de décrire à la fois les pensées les plus profondes des personnages et l’environnement dans lequel ils évoluent.

Néanmoins, j’ai eu l’impression vers la fin que les arguments du narrateur tournaient en rond, les mêmes souvenirs et propos reviennent tout au long du livre. Paul Steiner semble reprocher au reste de la société de ne pas le comprendre.


Margot, 1ère année bibliothèques-médiathèques 2012-2013

 

 

Olivier ADAM sur LITTEXPRESS

 

Olivier Adam, Le coeur régulier

 

 

 

 

Article de Lucile sur Le Cœur régulier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le facebook d'Olivier Adam », par Patrice.

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