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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 07:00

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Olivier MARTINELLI.
La nuit ne dure pas
13e note,  2011


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce roman est fondé sur l'histoire, la création et le développement du groupe de rock bordelais qui existe vraiment, Kid Bombardos, composé de trois frères et de leur ami d'enfance. C'est un roman de fiction fondé sur des éléments réels, qui décrit le monde assez particulier des artistes, des musiciens et d'autant plus particulier qu'il s'agit de la vie des membres d'un groupe de rock. Cet ouvrage est divisé en trois grandes parties dans lesquelles la narration passe successivement de l'un à l'autre des trois frères. Les noms des musiciens ont été changés pour ne pas pousser la comparaison livre –­ réalité trop loin. Ce livre a été publié chez 13e note, éditeur naissant puisque cette maison a été créée en 2008 sous l'impulsion d’Éric Vieljeux qui souhaitait s'intéresser à tous les écrits concernant le milieu underground et le monde du rock'n'roll d'abord à travers la littérature américaine mais s'est rapidement ouvert au reste du monde.



L'auteur commence son récit à travers les yeux d'Arthur, l'aîné de la famille et bassiste du groupe. Arthur a été viré de chez ses parents après leur avoir fait vivre un enfer : il avait commencé par découcher assez régulièrement et il raconte qu'il a saccagé la maison familiale un jour de manque de drogue. En effet, on apprend dès les premières lignes de ce roman qu'il a des addictions à diverses drogues, on le voit lutter pour sortir la tête de l'eau. Heureusement, parmi ses addictions, il y a aussi la littérature – il tient une librairie – et surtout la musique. C'est d'ailleurs cette dernière qui va l'aider à vaincre ses démons. On suit sa rencontre avec Sophie, jeune étudiante en littérature qui va également le motiver, le pousser dans cette voie et finalement lui faire ressentir de nouveau le plaisir de vivre et d'être heureux.

La deuxième partie est racontée par le plus jeune de la bande mais non moins talentueux en tant que batteur, Seb. On suit ce personnage dans sa fugue à Paris, avec son lot de rencontres et notamment celle d'Alice, qui le fera devenir un homme. Les mots sont touchants, la narration ne sombre jamais dans la niaiserie, on ressent les événements véritablement comme les personnages eux-mêmes. Olivier Martinelli utilise un langage empreint de poésie, par exemple lorsqu'il évoque la première fois de Seb, il la décrit comme suit : « une douleur d'une douceur infinie m'a fait lâcher prise ». J'ai trouvé cette phrase d'une beauté incroyable lorsqu'elle est remise dans son contexte. L'auteur arrive à restituer les souffrances et les espoirs propres aux enfants qui grandissent. Il y a, dans cette partie consacrée au benjamin de la famille, une fragilité, une innocence alors que, lorsque Arthur était le narrateur, on était face à un personnage déchu, déçu de la vie et qui avait perdu les espoirs et illusions que son petit frère a gardés.

La dernière partie se focalise, elle, sur Dominic, le « leader » du groupe, auteur-compositeur des morceaux de Kid Bombardos. Elle commence mal, très mal même puisque le personnage nous montre à quel point il s'est enfoncé dans son désespoir, entre la rupture avec Charline, son incapacité à retrouver l'inspiration pour écrire des morceaux. Dominic en arrive à un point où il voudrait mourir. On le voit s'enfoncer, un peu plus à chaque instant, et sombrer dans la tristesse. Encore une fois, l'auteur ne tombe pas dans le pathos, il ne nous montre pas un cliché de l'adolescent dépressif mais au contraire un simple être humain torturé par la vie. Comme les deux autres parties du livre, celle-ci se termine sur une note d'espoir puisque non seulement Dominic retrouve l'inspiration pour composer mais c'est cette inspiration qui lui permettra de retrouver Charline.

De plus, tout le récit est truffé de références musicales et littéraires. La façon dont les différents narrateurs nous décrivent les titres nous donne profondément envie d'aller lire ou écouter. On est curieux de savoir ce qui les touche, ce qui leur donne la force d'avancer, ce qui les encourage à vivre malgré tout.

En fait, leur adolescence respective, pleine d’embûches, de douleurs et tribulations représente finalement ce que chacun d'entre nous pourrait ressentir, vivre à n'importe quel moment de la vie. C'est ce réalisme, cette façon de retranscrire les souffrances des personnages avec grâce et sans fioritures qui fait la beauté de ce roman.

 

 

M.D., Année spéciale édition-librairie

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