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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 07:00

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Oscar COOP-PHANE
Zénith-Hôtel                              
 Finitude, 2012







 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie d'Oscar Coop Phane sur le site des éditions Finitude
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Oscar Coop-Phane est né en 1988. Après une enfance des plus classiques — divorce parental, gamelles en vélo, Miel Pops le matin — il veut devenir peintre, et puis non. Il quitte le domicile maternel à 16 ans pour vivre avec une jolie blonde dont il est amoureux. Ça ne l’empêche pas de passer son bac et de faire hypokâgne & khâgne option philo depuis sa mansarde.

Ensuite il choisit de tout plaquer et, tout en étant pion pour gagner sa vie, il lit, lit et lit encore. Du matin au soir, du soir au matin, il lit Bove, Calet, Calaferte, Dabit, Céline...


A vingt ans, il s’exile à Berlin où il passe un an à écrire, à lire Proust et à se griller les neurones sur la scène techno. Là-bas il écrit Zénith-Hôtel, le quotidien d’une prostituée parisienne. Retour difficile à Paris.

Il travaille la nuit comme barman dans un bar à cocktail du Xe arrondissement. Et puis il obtient le Prix de Flore 2012 pour Zénith-Hôtel, son premier roman paru aux éditions Finitude.

C’est court, oui, mais il n’a que 24 ans...



Ses œuvres

Zénith-Hôtel (2012)

– Demain Berlin (2013) aux éditions Finitude. 


Avec son roman Zénith-Hôtel, Oscar Coop-Phane reçoit le prix de Flore. Le prix de Flore est un prix littéraire français qui récompense un jeune auteur au talent prometteur. Celui-ci est choisi par un jury constitué de journalistes. Ce prix est décerné au Café de Flore à Paris tous les ans au mois de novembre.

Oscar Coop-Phane est seulement âgé de 24 ans lorsqu’il reçoit ce prix en 2012.

L’auteur parle de son livre lors du salon Lire en Poche à Gradignan en 2012 :

 

 http://www.youtube.com/watch?v=GdwKCtgCuPA



Le livre et son résumé

Zénith-Hôtel, c’est la vie d’une prostituée qui vit à Paris, Nanou. Nanou est lasse de vivre cette vie depuis tant d’années, mais pourtant elle sait bien qu’elle est condamnée à faire la même chose jusqu’à la fin : fumer des cigarettes dans sa chambre d’hôtel, se préparer, enfiler ses talons hauts, boire son café, fumer une seconde cigarette et attendre sur les trottoirs de la place Clichy… Attendre un homme qui viendra la voir seulement pour recevoir un peu de tendresse et une partie de plaisir. Elle a l’habitude, Nanou, elle sait qu’elle est là pour ça et puis que quelques minutes plus tard, l’homme reprendra sa route, sans accorder plus d’importance à la femme qu’il a trouvée là, au beau milieu de la ville. La vie de cette prostituée n’a rien d’original : tous les jours elle fait la même chose, tous les jours elle rencontre des hommes, des hommes normaux de tous horizons qui viennent partager quelques minutes de leur vie avec elle. Elle se sent fatiguée, le corps sale mais elle continue…

Les hommes dont il est question sont présentés tout au long du livre. On découvre leur vie tout à fait banale : Emmanuel est pion, il n’est d’ailleurs pas très dégourdi, Victor ne se promène jamais sans son chien Bâton, et il y a aussi Luc qui se fait appeler Moby One à cause de sa passion pour les mobylettes. L’auteur dresse de chacun de ces personnages un portrait type dans lequel on remarque une particularité. Justement, cette particularité paraît tellement absurde qu’on en déduit que leur vie n’a absolument rien de passionnant.

Tous ces portraits sont coupés par des brèves du journal intime tenu par Nanou, la prostituée parisienne. Elle y raconte sa vie, ses habitudes et également ses émotions. Elle ne parle pas de ses hommes mais seulement de ce qu’elle fait à côté de son boulot, les choses du quotidien. Elle dit qu’elle aime écrire, cela lui permet de penser à autre chose, elle nous fait part de sa tristesse et de sa lassitude face au monde dans lequel elle vit. Le pire, c’est qu’elle dit qu’elle n’est pas la seule : toutes les personnes qui déambulent dans la rue vivent avec leur désespoir, elle dit même que dans la rue, on ne se sent pas bien :

 

 

« Il y a un type en face de moi qui vend des roses. Il trimballe sa tristesse et un gros bouquet de fleurs rouges d’une terrasse à l’autre. Il cherche l’amour, c’est son gagne-pain. »

 

Cette prostituée-là en devient attachante, elle est entièrement consciente de permettre à des hommes inconnus de s’évader quelques minutes, de se détacher de leur vie habituelle et de leur offrir ce qu’ils désirent. Mais Nanou, elle, ne s’attache pas, elle prend les moments tels qu’ils viennent puis elle continue sa vie, ce n’est pas le genre à faire des manières.

 

« Je suis une pute de rue. Pas une call-girl ou quelque chose comme ça ; non, une vraie pute de trottoir, à talons hauts et cigarettes mentholées. »

« Je n’ai pas de tendresse. C’est quelque chose que j’ai perdu. Même les mômes dans la rue, les gentilles têtes blondes ou brunes qui lancent des bouts de bois et qui courent dans tous les sens, ne m’attendrissent plus. »

 

 

 

Analyse et avis personnel

Le style d’écriture utilisé par Oscar Coop-Phane rend l’œuvre réaliste. Il utilise un langage très familier, voire cru à certains moments. Mais il faut savoir que l’histoire racontée dans ce livre n’est que fictive, elle ne raconte pas un fait réel.

Le fait qu’il ait choisi de mélanger des passages du journal intime du personnage principal avec les descriptions des hommes qu’elle rencontre donne un côté original au contenu de l’œuvre. À chaque fin de portrait d’un homme, on retrouve quelques lignes écrites en italique qui résument la rencontre des deux personnages : l’homme banal avec Nanou. Ces lignes sont écrites sous la forme d’une conversation dans laquelle nous comprenons qu’ils vont se rendre dans la chambre d’hôtel de la prostituée.

Les brèves du journal intime sont donc écrites à la première personne du singulier, nous sommes invités à découvrir les moments très personnels et intimes de la femme, elle nous livre aussi bien ses peines que ses petits bonheurs ; nous suivons dans les moindres détails la totalité de ses émotions.

Les portraits, quant à eux, sont écrits à la troisième personne du singulier. Ils décrivent des actions quotidiennes de certains hommes de manière amusante. Nous arrivons très vite à nous attacher à eux. Il faut le savoir, Nanou a aussi bien une « clientèle d’écorchés » que des gens normaux. Nanou sait s’attendre à tout. Bien qu’il n’y ait aucun rapport entre tous les hommes décrits, le lien qui les unit est facilement reconnaissable : c’est elle.

L’auteur nous révèle son désir d’écrire une œuvre sans suspens, sans véritable élément déclencheur qui va mettre le lecteur en haleine et lui donner envie d’aller jusqu’au bout du roman pour voir la chute finale. Non, ce qu’a voulu transmettre Oscar Coop-Phane, c’est le récit d’une vie, la vie normale d’une prostituée parisienne qui se confie dans son journal intime et qui croise tous les jours de nouvelles personnes qui se retrouvent dans un monde trop grand pour eux. « Et elle est belle jusque dans ses faiblesses, cette humanité-là. »

 

 

Zénith-Hôtel est pour moi un véritable chef-d’œuvre. C’est un livre émouvant, avec des personnages très attachants. L’auteur sait trouver les mots justes pour rendre l’entièreté du roman tout à fait tendre et passionnant. Suivre cette prostituée parisienne dans sa vie quotidienne nous fait prendre conscience du monde dans lequel nous vivons, et parvient presque à nous faire ressentir les mêmes émotions que cette femme, creuse et triste à la fois. C’est un texte très poétique qu’on ne regrette pas d’avoir lu. Sa lecture est rapide et très bouleversante. Oscar Coop-Phane a su montrer le monde solitaire des grandes villes avec une belle émotion et un style d’écriture digne d’un vrai auteur de littérature contemporaine ! Son prix de Flore obtenu en 2012 lui est bien mérité !


Laurie G, Édition-Librairie 2012/2013

 

 

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