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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 07:00

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Otto T. & Grégory JARRY
Petite histoire des colonies françaises
Flblb
tome 1 : L’Amérique française, 2006
tome 2 : L'Empire, 2007
tome 3 : La Décolonisation, 2009    

 



 
Biographie des auteurs

Les parcours respectifs des deux auteurs de ces ouvrages sont résumés sur :


 http://www.flblb.com/Gregory-Jarry.html


 http://www.flblb.com/Otto-T.html

 

L'œuvre

« Mesdames et Messieurs, mes chers compatriotes. La France occupe aujourd’hui un rang de première catégorie parmi les nations du monde, car elle a su, par le passé, prendre part à la plus belle des entreprises humaines : la Colonisation. Et je suis ici, parmi vous ce soir, pour vous raconter la fabuleuse histoire des colonies françaises. Cette histoire, que vous connaissez peut être mal, vous pouvez en être fiers : elle nous a permis de manger des citrons et des bananes en toute saison depuis des générations. »
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Le décor est planté, nous allons assister à une leçon d’histoire pas comme les autres, racontée par le Général de Gaulle lui-même, enfin

« (…) ne soyez pas naïfs, vous savez bien que je ne suis pas réellement le général de Gaulle, car je suis mort le 9 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Églises. En réalité, je suis l’image du général de Gaulle, reconstituée à partir des archives de l’époque »

 

 

Bien que d’un humour corrosif, le texte n’a pas une simple vocation à nous faire rire, il ne s’agit aucunement d’une parodie de livre historique, les différents volumes se veulent aussi clairement didactiques. En effet, cette série est très documentée et permet d’avoir une approche intéressante de cette période de l’Histoire, souvent mal connue. En parallèle, le dessin minimaliste (mais toujours efficace) en bichromie d’Otto T. est assez surprenant mais tout à fait complémentaire du texte ; le dessinateur apporte réellement sa propre vision des événements racontés par Grégory Jarry.


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Dans Petite histoire des colonies françaises, les auteurs se moquent (jamais méchamment) de ces « pseudo grands hommes » qui font l’Histoire et adoptent un ton irrévérencieux au possible. La chronologie des événements est rigoureusement respectée et le premier tome nous conte donc l’histoire de l’Amérique française, débutant par les traditionnelles querelles franco-anglaises ; on y est surpris de tous les bienfaits apportés par la France aux autochtones qui « apprirent le français avec beaucoup de plaisir, car c’est une langue qui s’apprend facilement ». Trois siècles de présence française en Amérique y sont ainsi cyniquement exposés.      
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Le second tome, quant à lui, nous parle de la longue colonisation de l'Algérie, du Maroc, de la Tunisie, de l’Afrique de l'Ouest, de l’Indochine, et de la Nouvelle Calédonie, des atrocités commises pour ce faire, mais toujours sur un ton ironique et extrêmement drôle. L’humour est en effet toujours aussi noir et fait toujours autant mouche.

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Avec le troisième tome, nous nous attaquons à la décolonisation. Ce volume débute par la Première Guerre mondiale, passe rapidement sur la Seconde et poursuit plus longuement sur les durs affrontements suivants entre la France et ses colonies. Et pourtant, on rit (jaune) une fois de plus.

La bande annonce mise en ligne à l’occasion de la parution du tome 2 de Petite histoire des colonies françaises est visible à cette adresse : http://www.dailymotion.com/video/x2ymzy_petite-histoire-des-colonies-franca_creation, elle donne un bon aperçu du ton général des différents volumes de cette leçon d’histoire un peu loufoque.

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Le tome 4, La Françafrique, est à paraitre très prochainement.
 
En attendant, quelques extraits des différents tomes déjà parus :

tome 1 : « La nouvelle colonie comptait trois cents hommes et quatre femmes (qui ne dormaient pas beaucoup la nuit). Laudronnière fit construire Fort Caroline et durant l’hiver, les choses tournèrent au vinaigre. Les Indiens refusèrent d’apprendre le français (pourtant c’est facile), les vivres finirent par manquer et une mutinerie éclata dans le fort. Au moment où Laudronnière décidait de tout envoyer valser et de rentrer en France. Jean Ribault enfin libéré s’amenait avec sept vaisseaux, six cents hommes, du fromage de chèvre et des tonneaux de vin rouge ! On fit la fiesta mais la gueule de bois fut redoutable. »

tome 2 : «Débarquée le 14 juin 1830, notre armée de conquête, en infériorité numérique mais équipée de matériel moderne, ne fit qu’une bouchée des 50 000 soldats du dey qui s’empêtraient les pieds dans leur djellaba. Le 5 juillet, Alger capitula et les Français, pensant être accueillis en libérateurs par les Arabes sous le joug turc depuis trois siècles, oublièrent de demander l’autorisation pour mettre la ville à sac, violer les femmes et plumer des autruches. […] Abd el-Kader leva une armée dans l’ouest de l’Algérie et déclencha le Djihad, la guerre sainte contre l’envahisseur français. Il engagea ses troupes dans la pratique du harcèlement et rendit la vie impossible à nos braves soldats qui ne demandaient qu’à faire la sieste après avoir rasé les villages. »
 
tome 3 : « Ce phénomène par lequel un peuple se sépare d’êtres humains dont il a conquis les terres et le cœur depuis des dizaines d’années, les historiens auraient pu l’appeler "drame d’amour ". Finalement, ils ont opté pour "décolonisation". […] En réalité, nous avons décolonisé par pure bonté d’âme. À la fin des années 50, il était devenu insupportable à une majorité de Français qu’on branche des électrodes sur les testicules d’un homme pour lui redonner goût aux bienfaits de la colonisation. Alors nous leur avons rendu la liberté et nous avons arrêté de nous comporter de manière paternaliste avec eux. Cependant, à ceux qui le souhaitaient, nous avons tendu la main et nous avons donné un peu d’argent qu’on appela "aide au développement". Ils pouvaient l’employer sans contrôle de notre part et ce n’est pas de notre faute s’ils s’en sont servi pour nous acheter des armes. […] L’État français et les nouveaux États décolonisés n’étaient pas en droit d’entraver la bonne marche du commerce. En quelque sorte, la décolonisation fut la privatisation de la colonisation. »

À lire sans attendre, même pour les réfractaires à l’Histoire !

Une exposition consacrée à cette série aura lieu pendant le festival de la bande dessinée d'Angoulême du 27 au 30 janvier 2011.
Pour plus d'informations :

 http://www.bdangouleme.com/programmation-2011/6/27/toute-la-journee/0/petite%20histoire%20des%20colonies%20francaises/70

 

Aude, A.S. Éd.-Lib.

 


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