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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 07:00

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Patrick MODIANO
De si braves garçons
Gallimard, 1982

Folio, 1987


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Modiano naît en 1945 à Boulogne-Billancourt ; il est le fruit de l’union d'une actrice d'origine flamande et d'un homme d’affaires italien.

La mort de son frère Rudy alors qu’il n’a que dix ans signe pour Jean Modiano (Patrick de son second prénom) la fin de son enfance. De cette période il gardera une profonde nostalgie. Entre 1956 et 1960, Modiano fréquente le pensionnat de l’école du Montcel à Jouy-en-Josas où il a été placé par ses parents ; il y croisera d’autres enfants de parents fortunés. Après avoir décroché son bac au lycée Henri-IV, il se consacre entièrement à l’écriture. Il peut se prévaloir d’un soutien de choc en la personne de Raymond Queneau qui lui permet d’entrer dans le monde littéraire parisien. C'est en 1967 qu'il publie La Place de l’étoile, son premier roman sur l’Occupation pour lequel il obtient le prix Roger Nimier. Il est récompensé en 1972 pour Les Boulevards de ceinture du Grand Prix de l’Académie française. C'est en 1978 qu'il obtient le prix Goncourt pour Rue des boutiques obscures. Il reçoit en 1984 le prix de la fondation Pierre de Monaco pour l'ensemble de son œuvre. Aujourd’hui à la tête d’une bibliographie personnelle de plus de trente-sept livres, il est connu et reconnu comme l’un des écrivains français contemporains les plus talentueux. Outre ses romans, Modiano doit aussi cette célébrité à ses collaborations aux scénarios de quelques films dont Lacombe Lucien de Louis Malle en 1974.



De si braves garçons

Cette autofiction se décompose en quatorze chapitres qui racontent chacun un souvenir en liaison avec le narrateur de l’histoire que l’on imagine être Modiano lui-même sans que cela soit dit explicitement.

On pourrait résumer la trame de façon très brève en disant qu'un ancien pensionnaire du collège de Valvert, vingt ans plus tard, se souvient de cette période de sa jeunesse et retrouve une partie de ses camarades. De ce livre ce dégage une vraie nostalgie d’un temps révolu qui a marqué le narrateur de façon profonde. Le collège de Valvert est plus qu’un simple décor ; en effet, la description que le narrateur nous en donne ressemble en grande partie à l’école du Montcel que Patrick Modiano fréquenta entre 1956 et 1960. Grâce à cette transposition on peut s’apercevoir que plusieurs éléments de l’enfance de Modiano sont présents.

Les premiers chapitres nous placent dans le décor de ces années passées il y a plus de vingt ans dans le collège de Valvert. On y voit le côté militaire et rigoureux qui y régnait comme en témoignent les premières lignes du texte :

 

« vous vous étonniez, la première fois, de ce mât, au sommet duquel flottait le drapeau français. À ce mât, chaque matin l’un d’entre nous hissait les couleurs après que M. Jeanschmidt eut lancé l’ordre :

– Sections garde à vous ! ».

 

La fugue du narrateur évoquée elle aussi dans les premières pages, même sile  récit n’évoque que le retour du fugueur au pensionnat,est un autre élément pouvant attester du fait que ce texte contient des éléments autobiographiques puisque, à Jouy-en-Josas, Modiano fugua plusieurs fois.

Au fil des pages, l’action se déplace dans le temps, nous transporte du passé et des souvenir liés à Valvert et ses pensionnaires au présent et aux retrouvailles du narrateur avec tous les acteurs du pensionnat, que ce soient ses professeurs ou ses anciens camarades.

Au fil du récit de ces diverses rencontres, on découvre que Modiano met un place un schéma commun à tous les chapitres du livre. Dans un premier temps il nous raconte une anecdote qu’il a vécue à Valvert, puis il nous parle de la personne avec qui il a vécu cette histoire. Il fait grandir les personnages, on les voit jeunes puis on devine leur trajectoire pour les retrouver vingt ans après.

Petit à petit, le narrateur reconstruit Valvert tel qu’il était, tant au niveau des bâtiments qui le composaient que des règles qui le régissaient. Résumer les histoires des quinze chapitres serait trop long car à part un même point de départ (le pensionnat de Valvert), chaque histoire est autonome, n’a pas besoin du reste du livre pour avoir un sens. De ce fait il n’est pas étonnant d’apprendre, par exemple, qu’une première version du chapitre huit, consacrée à Daniel Desoto, avait été publiée en 1979 sous le titre Docteur Weiszt (nouvelle publiée dans Le Monde dimanche du 16 septembre 1979). Ce cas s’est répété pour trois des quinze chapitres.



Dans ce livre, Modiano aborde plusieurs thématiques récurrentes. En premier lieu celle de l’Occupation, dans l’histoire du’un certain Kurt surnommé Johnny, un de ces « "anciens" qui demeuraient vivants dans la légende du collège » (p.117). Johnny donc, Autrichien juif, vivait à Paris durant l’Occupation. Alors que sa vie semble se régler, il est arrêté puis déporté après une rafle à la sortie du métro parisien. Le narrateur nous raconte à quel point cette arrestation fut brutale, comme peut-être pour dire que la vie peut à tout moment basculer, qu’on le veuille ou non. Valvert est considéré par ses pensionnaires comme une bulle de relative insouciance en comparaison avec leurs vies en dehors de ce pensionnat : leurs parents ne leur prêtaient aucune attention comme en témoigne la scène racontée dans le chapitre 3 où le narrateur va chercher les affaires d’un de ses camarades sans que ses parents s’inquiètent vraiment de ce qu’il va advenir de leur fils.



Pour moi, lire ce livre fut aussi comme être le spectateur d’une bataille. Une bataille entre les souvenirs du narrateur et son présent. Je m’explique, j’ai ressenti comme dit précédemment la réelle nostalgie que le narrateur semble éprouver de cette époque comme en témoigne le seul fait qu’il cherche à savoir ce qu’il est advenu de ses anciens camarades mais ce passé vaut-il mieux que son présent d’acteur de théâtre abonné aux seconds rôles ? On trouvera peut-être des éléments de réponse dans le dernier paragraphe du roman qui raconte comment le narrateur et un autre ancien pensionnaire reviennent aux sources, à Valvert.


Guillaume, 2e année bibliothèques 2012-2013

 

 

 

Patrick MODIANO sur LITTEXPRESS

 

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 Article de Pauline sur Dimanches d'Août

 

 

 

 

 

 

 

 

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