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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 07:00

PhilipRoth-PortnoyEtSonComplexe-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philip ROTH
Portnoy et son complexe

titre original
Portnoy's Complaint (1969)

traduction

d'Henri Robillot

Gallimard, 1973

Collection Folio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Études d'Adrien et de Pauline

 

 

 

 

 

1. Fiche de lecture d'Adrien

 

philiprothBiographie

Petit-fils d’immigrés juifs originaires de Galicie et fils d’un modeste agent d’assurances, Philip Roth est né le 19 mars 1933 à Newark, dans le New-Jersey. Après avoir commencé ses études à Newark – lieu de son enfance et de son adolescence qui sera un point de repère dans nombre de ses livres –, P. Roth entre à l’université de Bucknell – Pennsylvanie –, puis à l’Université de Chicago. Il commence ensuite une carrière de professeur de Lettres, à l’université de l’Iowa, qu’il achèvera au début des années soixante pour se consacrer à l’écriture. Il reprendra, plus tard, son travail de professeur aux universités de Princeton et de Pennsylvanie, enseignant l’écriture et la littérature comparée.

Le premier ouvrage de Philip Roth, Goodbye Colombus, est aussi son premier grand succès. Dépeignant l’univers juif-américain du milieu du siècle, cet ouvrage est vivement critiqué par certains. Roth est accusé de réaliser une caricature grossière des Juifs américains et certaines associations se liguent contre la publication de cet ouvrage. La parution du roman Portnoy et son complexe – un ouvrage satirique sur la communauté juive américaine – suscite encore la controverse. Une fois de plus, ce nouveau livre subit de nombreuses critiques acerbes quant à la manière dont son sujet est traité. Philip Roth devient « l’enfant terrible du roman juif-américain ».


S’essayant à divers type d’écrits, Philip Roth a publié des satires politiques –Tricard Dixon et ses copains -, des fables postmodernistes – Le Grand Roman américain – mais aussi des autofictions dont le cycle Zuckerman.

 


Résumé

Portnoy et son complexe (1969) est l’ouvrage qui propulsa Philip Roth au-devant de la scène littéraire américaine et qui le transforma en célébrité majeure aux yeux du monde. Cet ouvrage est une satire humoristique de l’univers juif-américain dans lequel Philip Roth a grandi.

L’ouvrage est en réalité présenté comme un monologue continuel déclamé par Alexander Portnoy, un homme d’une trentaine d’années, issu d’une famille juive, bourré de complexes, de névroses, et d’obsessions diverses. L’homme raconte à son psychanalyste, le docteur Spielvogel, l’avancée de sa vie et l’évolution de son mental. Il lui explique et décrit les premières bribes de souvenirs qui lui passent par la  tête. Il parle d’abord de son enfance pour ensuite faire un bond de dix ans en avant, puis finalement revenir quatre ans plus tôt. Si le personnage effectue des va-et-vient dans la chronologie de sa vie, la lecture de cet ouvrage n’en est pas pour autant complexe. L’ensemble est parfaitement structuré et s’organise autour de trois points majeurs qui sont la famille – notamment la mère de Portnoy –, le milieu juif-américain et les problèmes relationnels qu’Alexander rencontre avec les femmes.


Nous pourrions ajouter un quatrième point à ceux déjà cités : la masturbation. En effet, Portnoy raconte durant des pages et des pages les longs moments qu’il passait à « s’empoigner le manche », en pensant aux demoiselles américaines croisées dans la rue, en accrochant un « soutif » de sa sœur à la porte de la salle de bain. L’auto-érotisme, comme l’érotisme en duo – ou en trio – est en effet un thème important dans Portnoy et son complexe. Il ne faut pas pour autant penser que cet ouvrage est pornographique ou érotique. Point du tout ! Il faut juste comprendre que Philip Roth écrit l’histoire d’un homme complètement névrosé, obsédé, et que certaines de ses obsessions sont en rapport avec le sexe.

Ce roman ne se limite pas au seul thème du sexe même si c’est un élément majeur de la vie de Portnoy. Les longues tirades du psychanalysé dépeignent aussi le milieu juif américain, avec cynisme, ironie, et parfois tendresse. Alexander caricature les traits stéréotypés de la communauté juive : l’extravagance, la possessivité et surtout la fierté démesurée des mères juives, la soumission des fils et des maris aux femmes de la maison qui cherchent à tout gérer, le besoin de conserver un lien avec la communauté en mariant ses enfants à d’autres enfants du groupe, le « racisme » envers les non-juifs, etc. Il faut avouer que si Philip Roth n’avait pas été d’origine juive, son roman aurait pu être considéré comme antisémite. Il faut surtout voir dans ces descriptions de la moquerie innocente et surtout l’utilisation des origines de l’auteur – et des idées reçus sur lesdites origines – pour mettre en place un univers qui sera le terreau des névroses du personnage.

 

 

 

Personnages

Alexander Portnoy est donc le personnage principal de l’histoire. Il est obsédé par le sexe — notamment les femmes non-juives — mais aussi par le respect des droits de ses concitoyens, cherchant à se racheter d’on ne sait quelle faute en sauvant la veuve et l’orphelin grâce à son travail. Portnoy est un homme stressé, hypocondriaque, instable au niveau de ses relations. Il critique souvent le milieu juif d’où il vient et s’interroge souvent sur le bien-fondé des préceptes formulés par certains rabbins et par la communauté. De caractère sanguin et impulsif, Alexander se retrouve toujours dans des situations glauques et étranges, acceptant d’abord d’aller au de-là des limites de la morale inculquée par ses parents, pour ensuite se reprocher ses actes et avoir honte de lui-même.

La famille d’Alexander Portnoy est composée de son père – un agent d’assurances plutôt minable, éternellement constipé et introverti qui subit l’extravagance de sa femme et de ses enfants –, sa mère – une femme possessive aux réactions souvent exagérées – et sa sœur. Si Portnoy décrit ses parents avec tendresse, il se permet aussi de les accuser de tous les maux. Depuis le début du roman, on comprend qu’Alexander reproche à sa mère de l’avoir bourré de névroses.

Le Singe, de son vrai nom Mary Jane Reed, est, des jeunes femmes rencontrées par Alexander Portnoy, celle qui est restée le plus longtemps auprès de lui. Elle apparaît comme son total opposé au niveau de l’éducation : inculte, illettrée, vulgaire. Mais cette demoiselle n’en reste pas moins une personne aussi mal dans sa peau que son compagnon. Elle s’accroche à Alexander car il représenterait le fils de famille juive parfait, sage et modeste, lui promettant un avenir tranquille. En réalité, le Singe incarne l’esprit de transgression de Portnoy qui sait très bien que sa famille détesterait le voir avec un tel personnage.

 

 

 

Liens avec la vie de l’auteur

Longtemps, l’ouvrage Portnoy et son complexe a fait débat quant à son rapport avec la vie personnelle de l’auteur. En effet, comme Alexander Portnoy est un fils de famille juive partageant la même date et le même lieu de naissance que Philip Roth, beaucoup ont extrapolé en imaginant que ce récit était une autobiographie déguisée.


En réalité, seuls quelques points concordent avec la biographie de Roth et ceux-ci sont peu importants quant au déroulement de l’histoire.

Comme Portnoy, Philip Roth a été profondément influencé par les récits radiophoniques de la Seconde Guerre mondiale durant son adolescence. Portnoy, comme Roth – et son homologue littéraire, Zuckermann –, ont écrit dans leur jeunesse des pièces pour la radio.

Le personnage féminin central ? Mary Jane Reed, est une caricature de la première femme de Philip Roth. Le Singe partage avec l’ex-femme de Roth un besoin de se raccrocher à l’identité juive de son compagnon en espérant recevoir l’amour familial qui lui a manqué dans sa jeunesse.

Il faut comprendre que Philip Roth utilise ses origines et certains faits de sa vie pour construire son roman. Il pose les bases de son histoire avec des faits réels. C’est en cela que l’on peut dire que Roth écrit, avec Portnoy et son complexe, un ouvrage d’autofiction.

 

 

Avis personnel

J’ai bien aimé cet ouvrage qui, de prime abord, a l’air de se résumer à une succession de scènes de masturbation frénétique – chose qui ne m’enchantait guère lorsque j’ai commencé cette lecture. L’écriture de Roth, mélangeant un langage soutenu mais aussi argotique, offre une richesse lexicale des plus délectables. L’histoire, elle-même, derrière les descriptions plus que complètes de l’acte d’auto-érotisme et du coït, est très intéressante. Elle nous fait découvrir le milieu juif-américain des années 30 à 60 avec humour et ironie, ne tombant ni dans l’accusation ni dans le pathétique ou encore la mièvrerie sentimentale.


En librairie, je conseillerais facilement ce roman à des personnes qui veulent connaître Philip Roth et qui n’ont pas encore eu l’occasion de le lire car cet ouvrage montre quelques aspects de son style et met en place des thèmes qu’il abordera tout au long de ses autres œuvres.

Adrien, 2e année Éd.-Lib.

 

 

 


  2.   Fiche de Pauline


 

Philip-Roth-Portnoy-2.jpg

 

 
« Je fus élevé dans la tradition juive, qui m'enseigna à ne jamais épouser une fille non juive, à ne jamais me raser le samedi et, plus spécialement, à ne jamais raser une fille non juive un samedi. »  Woody Allen

 

 

 

Philip Roth

Philip Roth est né à Newark, une ville proche de New York, en 1933. Il y grandira dans un milieu modeste. Cette ville et son origine sociale serviront de cadre à un grand nombre de ses romans.

Au début des années 1960, lors de la publication de son premier livre Good Bye Columbus, un recueil de nouvelles, Philip Roth est considéré comme un auteur subversif et provocateur. Et encore aujourd’hui ses romans et ses propos sur la littérature peuvent choquer.

Voici, par exemple, ce qu’il dit du métier d’écrivain :

 

« L’écrivain, c’est celui qui fournit l’étincelle. Sa machine à écrire est comme une poubelle. Il y verse des ordures, puis du pétrole, puis des ordures à nouveau et, quand vient le moment, il jette une allumette. Le feu prend si ce sont des ordures à lui, et si c’est un artiste ».

Portnoy et son complexe est son troisième roman, publié en 1967 aux Etats-Unis et en 1970 par Gallimard pour sa traduction française.

Mais qu’est ce que le complexe de Portnoy ? Voici la définition qui apparaît en préface de l’ouvrage :

« Portnoy (complexe de), (pôrt'-noïkon-plè-ks'), n. [d'après Alexander Portnoy (1933- ).] Trouble caractérisé par un perpétuel conflit entre de vives pulsions d'ordre éthique et altruiste et d'irrésistibles exigences sexuelles, souvent de tendance perverse. Voici ce qu'en dit Spielvogel : "Exhibitionnisme, voyeurisme, fétichisme, auto-érotisme et fellatio s'y manifestent à profusion ; par suite de l'intervention du ‘Surmoi’' du sujet, toutefois, ni ces fantasmes ni ces actes n'engendrent de réelles satisfactions d'ordre sexuel, mais plutôt un insurmontable sentiment de honte et la peur du châtiment en particulier sous forme de castration." (Spielvogel O. "Le Pénis éperdu", Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse, vol. XXIV, p. 909). L'on peut considérer, selon Spielvogel, que la plupart des symptômes reconnus ont pour origine les liens nés des rapports mère-enfant. »

Avec cette définition, Philip Roth dresse le décor de son roman. Il faut d’ailleurs s’interroger sur le terme même de roman… En effet, tout comme son personnage, Philip Roth est né en 1933, tout comme son personnage, il est juif, et tout comme son personnage, il a vécu à Newark….

Tout au long du récit, le lecteur va s’interroger sur la vie de ce pauvre Alex Portnoy, car si son enfance, puis son adolescence se sont vraiment déroulées ainsi, on comprend aisément que Philip Roth ait ressenti le besoin de faire une psychanalyse auprès de ce bon Docteur Spielvogel…



Pour résumer

Alex Portnoy est juif. Alex Portnoy est adolescent. Alex Portnoy a une mère. Alex Portnoy est obsédé par le sexe faible. En d’autres termes, Alex Portnoy a un sérieux problème….

C’est pourquoi, devenu adulte, il décide de se confier à son psychiatre. Ce dernier n’intervient pas dans le livre, on note sa présence uniquement quand Alex l’interpelle. Sa seule intervention est la dernière ligne du livre « Pon (dit le docteur). Alors, maintenant, nous beut-être bouvoir gommencer, oui ?» où l’on note, là encore, le douloureux passé d’un jeune homme juif obligé de se confier à un psychiatre à l’accent allemand à couper au couteau (doit-on, là encore, voir le signe d’un conflit avec sa mère et donc son identité juive ?…).

 

 

Alex Portnoy est juif.

« La première distinction que vous m’ayez appris à faire, j’en suis certain, n’était pas entre le jour et la nuit ou le chaud et le froid, mais entre les goyische et les Juifs ! Mais maintenant il se trouve, mes chers parents, alliés et amis assemblés qui se sont réunis ici pour célébrer mon bar mitzvah, il se trouve, bande de ploucs, bande de ploucs étriqués ! – oh combien je vous hais pour vos cervelles juives étriquées ! y compris toi, rabbin Syllabe qui pour la dernière fois de ta vie m’as envoyé chercher au coin de la rue un autre paquet de Pall Mall dont tu empestes l’odeur au cas où personne ne te l’aurait encore dit – il se trouve que l’existence ne se borne pas tout à fait au contenu de ces écœurantes catégories ! Et au lieu de pleurer sur celui qui refuse à l’âge de quatorze ans de jamais remettre les pieds dans une synagogue, au lieu de gémir sur celui qui a tourné le dos à la Saga de son peuple, versez des larmes sur vous-mêmes, créatures pathétiques – qu’attendez-vous – toujours à sucer, sucer ces aigres raisins de la religion ! Juifs, Juifs, Juifs, Juifs, Juifs ! Elle me sort déjà des oreilles, la Saga douloureuse des Juifs ! Rends-moi un service, mon peuple, et ton douloureux héritage, fous-le-toi dans ton cul douloureux – Il se trouve que je suis également un être humain ! »

Alex Portnoy (et donc Philip Roth ?) entretient une relation particulière avec la religion juive, la religion de sa mère. Il a bien compris qu’il appartenait à ce peuple martyr et ne voit en aucun cas pourquoi il devrait en supporter le lourd héritage. À une époque où les souvenirs de la Shoah sont encore sensibles, Alex ne voit pas pourquoi son identité juive serait plus importante que sa propre identité. Il rejette donc en bloc cette religion, allant jusqu’à se moquer du rabbin de son quartier.


Alex Portnoy est adolescent.

Comme tout adolescent Alex se pose des questions sur le sexe. Mais Alex n’est pas n’importe quel adolescent, pour lui le sexe vire rapidement à l’obsession. Pas une journée sans qu’il se masturbe ou pense à le faire.

On découvre, grâce à Philip Roth, ce que peut déclencher la vue d’une simple tranche de foie ou bien une pomme évidée… Les expressions employées sont crues, sans détours, mais c’est là que réside le talent de Philip Roth. Son expression proche de l’oralité, avec des phrases longues, peu ponctuées, et des digressions permanentes sont au service de son propos.

Au-delà de la provocation et de l’humour des situations exposées, Philip Roth se sert de la masturbation comme d’une rédemption. Ses nombreuses éjaculations sont pour lui un exutoire : il sait que sa mère et la religion banniraient immédiatement ses pratiques, mais, par la provocation, il tente de se libérer de l’emprise familiale et religieuse.

« Vint ensuite l’adolescence – la moitié de mon existence à l’état de veille passée enfermée dans la salle de bains à expédier mon foutre soit dans la cuvette des cabinets soit au milieu des affaires sales dans le panier à linge, soit, flac, projeté de bas en haut contre la glace de l’armoire à pharmacie devant laquelle je me tenais planté, caleçon baissé, pour voir à quoi ça ressemblait à la sortie. Ou alors, j’étais courbé en deux sur mon poing transformé en piston, les paupières étroitement closes mais la bouche grande ouverte, pour recevoir cette sauce gluante à base de chlore et de petit lait sur ma langue et mes dents – encore qu’assez souvent, dans mon aveuglement et mon extase, je récoltais tout dans ma houppe savamment ondulée comme une giclée de lait capillaire .»


Alex Portnoy a une mère.

On s’en doute, ici, le problème principal d’Alex Portnoy et, malheureusement pour lui, c’est l’un des seul dont il ne peut pas se débarrasser…

Madame Portnoy est LA caricature de la mère juive : possessive, inquiète, étouffante, hypocondriaque et extrêmement croyante.

Elle ne fréquente que des familles juives, dans des quartiers juifs, et a peur de tout ce qui pourrait interférer dans sa vie d’héritière du peuple juif, allant jusqu’à avoir peur des hamburgers consommés par son fils en dehors de la maison et qu’elle prononce avec le même dégoût que si elle disait Hitler.

« Vous auriez dû la voir s’activer, ma mère, pendant la saison de la polio ! Elle aurait dû être couverte de décorations par les organisateurs de la « Marche des Dimes » ! Ouvre la bouche, pourquoi as-tu la gorge rouge ? Est-ce une migraine dont tu ne m’as pas parlé ? Tu n’iras pas jouer au base-ball, Alex, jusqu’à ce que je t’aie vu remuer le cou. Tu as le cou raide ? Alors pourquoi le bouges-tu comme ça ? Tu manges comme si tu avais mal au cœur ; as-tu mal au cœur ? Enfin, je te dis que tu manges comme si tu avais mal au cœur. Je ne veux pas que tu boives à la fontaine de ce terrain de jeu. Si tu as soif, attends d’être rentré à la maison. »

En toute logique, Alex Portnoy a également un père. Ce dernier ne fait pas preuve d’une grande consistance, et pour cause : il est définitivement constipé… Cette constipation n’est-elle pas l’illustration de cette castration générale liée à la religion juive et à la place quasi inexistante qu’elle laisse aux hommes ?

« Il préparait des décoctions de feuilles séchées de séné dans une casserole, et cette cuisine, jointe au suppositoire en train de fondre, invisible, dans son rectum, composait toute sa sorcellerie. »



Alex Portnoy est obsédé par le sexe faible.

Nous avons déjà vu qu’Alex Portnoy était obsédé par le sexe et donc par les femmes. Mais Alex Portnoy est surtout obsédé par les goyische, les filles non-juives. Et là encore cela ne facilite pas sa relation avec son patrimoine juif…

Sa mère refuse tout ce qui est non-juif, et lui n’est attiré que par ça. Il va jusqu’à se promener dans les quartiers chics de Manhattan afin de comprendre qui sont ces étranges créatures aux boucles blondes et aux prénoms exotiques qui le font tant rêver.

Les seules relations à peu près stables qu’il aura dans sa vie d’adulte seront avec des non-juives, ce n’est d’ailleurs qu’avec elles qu’il arrive à avoir des érections…

« Mais les shikses, ah les shikses, c’est encore autre chose (…). Je suis à ce point subjugué que mon état de désir est au-delà de l’érection. Ma petite bite circoncise se ratatine tout bonnement de vénération. À moins que ce ne soit de crainte. Comment peuvent-elles être si somptueuses, si éclatantes de santé, si blondes ? »



Quand l’autofiction dénonce les travers du monde contemporain

Au-delà de ses considérations sexuelles et de la description de son enfance complexe, Philip Roth met en avant le problème du communautarisme des quartiers juifs américains des années 1950. Son personnage, son double, tente en permanence de sortir de son quotidien mais s’y retrouve perpétuellement enferré.
Quand, enfin, Alex Portnoy décide d’affronter son héritage juif en se rendant en Israël, on comprend que jamais il ne pourra vivre comme un non-juif. Sur la terre de ses « ancêtres », pourtant peuplée uniquement de Juifs (même les chauffeurs de taxi sont juifs, à son plus grand étonnement !), Alex Portnoy se retrouve totalement impuissant, au sens propre du terme.

Avec Portnoy et son complexe, et dans l’ensemble de ses romans, Philip Roth propose sa fresque de la société américaine qu’il connaît et qu’il peut donc se permettre de critiquer. Il est essentiel, selon lui, de donner une trame réelle à ses récits même si « je ne suis pas certain de donner une vision de la société dans son intégralité, mais plutôt d’un segment de la société, celui que je connais, plutôt urbain, plutôt bourgeois » (Interview Télérama n°3017).


Pour ceux qui ne maîtrisent pas le yiddisch, un glossaire est mis à leur disposition à la fin de l’ouvrage. C’est donc le moment ou jamais de perfectionner son accent et d’enrichir son vocabulaire argotique !

 

 

Pauline, A.S. Éd.-Lib.


Philip ROTH sur LITTEXPRESS

 

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Fiches de  Caroline et de  Sandrine sur Le Complot contre l'Amérique

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Pauline et Adrien - dans fiches de lecture AS et 2A
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