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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 07:00

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Philippe CLAUDEL

La Petite Fille de Monsieur Linh

Stock, 2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur l’auteur

 

Philippe Claudel est un écrivain et réalisateur français né en 1962. Aujourd’hui  maître de conférences à l’université de Nancy, il enseigne à l'Institut européen du cinéma et de l'audiovisuel. Depuis son premier roman, Meuse l’oubli, paru en 1999, l'écrivain lorrain enchaîne les succès littéraires. Il publie notamment Les Âmes grises (Stock) en 2003 qui reçoit le prix Renaudot et fait l’objet d’une adaptation cinématographique, La petite fille de Monsieur Linh en 2005 (Stock) ou Le Rapport de Brodeck en 2007, chez le même éditeur, roman primé au Goncourt des lycéens. Il réalise son premier film (un drame familial) Il y a longtemps que je t’aime avec Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein, sorti au début de l’année 2008.

 

 

L’histoire

 

« C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu’il s’appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui. »


Ainsi débute le roman de Philippe Claudel. Monsieur Linh fuit son pays meurtri par la guerre (peut-être le Vietnam), s’exile de la terre où reposent son fils et sa belle-fille, tués par une attaque armée. Seule lui reste sa petite fille née depuis dix jours, Sang Diû, qu’il chérit plus que tout au monde. Après un long voyage en mer, Monsieur Linh débarque en pays inconnu et s’installe dans un centre de réfugiés. Plein d’attentions pour Sang Diû, le vieil homme attendra plusieurs jours avant d’oser pénétrer dans l’agitation de la ville. Un jour, il fait la rencontre d’un certain Monsieur Bark ; les deux hommes deviennent amis, bien qu’ils ne parlent pas la même langue. Alors qu’ils entretiennent des rendez-vous quotidiens, Monsieur Linh est transféré dans un autre établissement (qui s’avérera être un asile) au sein duquel il ne trouve pas sa place et perd la trace de son fidèle ami.


La chute du roman est marquée par un rythme alerte : le vieil homme fugue, erre dans la ville, retrouve Bark et frôle la mort, percuté par une voiture. Ses quelques dernières pages sont aussi l’occasion d’une révélation qui propose une relecture du roman : la petite fille de Monsieur Linh est en fait une simple poupée. La lumière est faite sur les moqueries des passants, les regards soupçonneux, l’extrême sagesse de l’enfant, le transfert du vieil homme à l’asile. Cette révélation donne aussi toute sa valeur à l’amitié qui lie le vieil homme et Bark, lui qui avait su reconnaître le véritable homme qu’était Monsieur Linh.


Les principaux enjeux du récit
 


L’exil


En fuyant son pays, Monsieur Linh doit faire face à un profond sentiment de déracinement. Quitter sa terre natale déchire ce vieil homme, lui qui avait déjà construit toute sa vie au sein de son village. L’exil conduit à une vie d’errance : tout est inconnu. Monsieur Linh est apeuré par l’agitation de la ville, rien ne lui est familier. Noyé dans la solitude, l’homme ne parvient pas à s’approprier cette nouvelle terre : cette impossibilité se traduit par une perte du sens olfactif. Monsieur Linh ne sent rien, il ne reconnaît aucune odeur, comme si aucun élément de ce pays ne le pénétrait.  Afin de lutter contre le déracinement, ou du moins pour mieux vivre avec, Monsieur Linh entretient la mémoire de ses proches: il se remémore régulièrement les souvenirs qui touchent  à sa famille, ceux qu’il aimait ainsi que les images de son village et de sa terre.



Le rapport à la mort


La perte d’un être cher assujettit les personnages à une profonde souffrance, les condamnant à vivre dans l’absence et le souvenir. Monsieur Linh a perdu sa femme, son fils et sa belle-fille et Bark est veuf. Ces deux hommes évoquent quotidiennement les défunts ; ceux-ci font partie d’eux-mêmes. L’unique pulsion de vie de Monsieur Linh est l’existence de Sang Diû. C’est pour elle qu’il se lève chaque matin, c’est pour la délivrer de la guerre qu’il a fui son pays. Bark se rend chaque jour sur l’ancien lieu de travail de sa défunte épouse. Chacun des deux hommes organise sa vie autour de la répétition d’actes qui comblent l’absence. Pourtant, Linh et Bark ne sont pas en tous points comparables dans leur rapport à la mort. Monsieur Linh, lui, sombre dans la folie : il refoule totalement la mort de sa petite-fille. Il projette son désir de vie sur une simple poupée qui appartenait à la véritable Sang Diû, morte avec ses parents. La blessure de guerre du vieil homme est trop profonde.



L’amitié comme terre d’accueil


Linh et Bark se lient très rapidement d’amitié et se rencontrent chaque jour. Ce couple est pourtant improbable : physiquement, les deux hommes sont radicalement opposés, l’un vieux et rachitique, l’autre grand et particulièrement robuste. Mais le plus frappant est la capacité à communiquer que les deux personnages installent : chacun parle une langue que l’autre ne comprend pas. L’échange passe par les gestes, le simple plaisir d’entendre une voix familière, une présence rassurante, qui comble une absence. Bark devient pour Linh une terre d’attache ; la fumée des cigarettes que Bark consomme en continu est la première odeur que Monsieur Linh ressent. En présence de son ami, Monsieur Linh retrouve ses sens, il se sent à sa place. La relation entre les deux hommes devient de plus en plus intense au fil des pages, bien qu’aucun mot ne soit réellement échangé. Cela donne toute sa valeur à leur amitié.

 

 

Conclusion

 

La petite fille de Monsieur Linh est un roman remarquable par son écriture fluide et épurée qui met en jeu des thèmes parfois graves et toujours émouvants.     

 

 

Capucine, AS Bib.-Méd.-Pat.

 

 

 

 

 

Philippe CLAUDEL sur LITTEXPRESS
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Sur le Rapport de Brodeck, articles d'Emma  et de Marie .

 

 

 

 

 

 

 






Sur Les Petites Mécaniques, articles d'Elsa,
de Marie-Aude, de Sandrine.



 

 

 

 




Parallèle entre "L'autre", in Les Petites mécaniques, et La Ligne de fuite de Dabitch et Flao, par Julie.

 

 

 

 

fictions-intimes-couv2.jpg 



 Article de Julie sur Fictions intimes de Laura Vasconi et Philippe Claudel.

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