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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 07:00

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Philippe DELERM
Je vais passer pour un vieux con
et autres petites phrases qui en disent long
 Seuil, 2012
 
 


 

 

 

 

 
L'auteur
 
Philippe Delerm est un écrivain français, né le 27 novembre 1950 à Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise). Il enseigne les lettres au collège Marie-Curie de Bernay (Eure). Il envoie ses premiers manuscrits en 1976, se heurtant d'abord à des refus d'éditeurs. En 1983, La Cinquième Saison suscite l'intérêt, mais c'est son recueil de nouvelles, La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, qui le fait connaître du grand public en 1997.

Je vais passer pour un vieux con, et autres petites phrases qui en disent long, est son 46ème ouvrage. Il a écrit sept ouvrages en collaboration avec sa femme Martine, .
 
Source
http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Delerm
 
 
 
Résumé
 
« Traquant les apparentes banalités de nos discours, nos petites phrases toutes faites, Philippe Delerm révèle pour chacune un monde de nuances, de petits travers, de rires en coin. La vérité de nos vies, en somme. Tour à tour attendri, moqueur ou mélancolique, il s’attache aux détails qui nous dévoilent un monde. Des mots qui nous échappent, des instants vécus par tous. »
 
Source
http://www.seuil.com/livre-9782021056495.htm
 
 
 
L'unité du recueil : une étude ludique des banalités langagières
 
Les petites phrases de tous les jours ont droit d'inventaire dans cet essai. Philippe Delerm revendique dans le titre et dans sa première nouvelle le terme de « vieux con » avec un soupçon de malice. Il enchaîne les petites nouvelles partant d'une phrase, toute simple, que tout un chacun a pu entendre ou prononcer soi-même. Les anecdotes se succèdent avec humour à travers ce recueil, comme avec la chronique « J'étais pas né » :

 

« Celle-là, elle a la palme. Tout en haut du podium des phrases les plus stupides et les plus agaçantes. […] Question à mille euros : "Vous connaissez la bêtise ?" Levez les yeux au ciel, cherchez. Vous étiez déjà né. » (pp. 47-48).

 

L'auteur joue avec les mots, manipule la langue pour s'approcher au plus près de ce que cachent ces petites phrases dites avec spontanéité. Il les analyse, les interprète, leur donne sens et en capte toutes les nuances. Il use d'humour et d'ironie, notamment dans « J'en parle dans le livre », clin d'oeil à ce qu'il a vécu tout au long de sa vie d'écrivain, mais aussi d'un sérieux teinté de compassion, comme dans la nouvelle « Les mots sont dérisoires » :

 

« On a vraiment pesé chacun des mots qui disent l'impuissance du langage. […] Les mots qui vont au-delà de la mort ne sont plus du langage. Dérisoires au regard du silence éternel des espaces infinis qui effrayaient Pascal et nous effraient. Dérisoires et pourtant... » (pp. 35-36)

 
 
Delerm, un auteur qui décortique le monde contemporain
 
Pour cet ouvrage, comme pour les précédents, Philippe Delerm s'est fait observateur du réel. Il retranscrit pour ses lecteurs des moments vécus par tous. Comme celui (que son fils Vincent lui a rappelé), où, à plusieurs en voiture, on cherche une place pour se garer. Alors il arrive qu'on ait le malheur de dire : « Et là, c'en était pas une ? » Rester diplomate, ne pas irriter le conducteur. Et pourtant, vient cette phrase, utilisée au conditionnel ; on n'est pas tout à fait sûr mais on participe à la recherche... Delerm illustre avec brio ce moment, et se met à la place de celui qui aura prononcé la phrase fatidique :

 

« Dans l'urgence du combat, votre sérénité simulée deviendra quand même une offense, tant elle contrastera avec l'excitation montante du chauffeur, et sonnera à ses oreilles comme un reproche pour son manque d'équanimité. » (pp. 70-71)

 

Avec mélancolie, Delerm revient sur une époque (presque) révolue, celle où l'on pouvait se rendre chez les commerçants en bas de chez soi, dans la nouvelle « Je vais chez Mentec » :

« Maintenant, ils [les commerces] sont tous fermés, et c'est une autre façon de vivre dans un village. Il y a eu un plan d'urbanisation. La place est toute neuve, avec de jolis emplacements de parking devant les commerces vides. » (p.112).
 
 
 
Mon avis
 
Philippe Delerm a une écriture agréable. Ses nouvelles se succèdent et sont comme des petites confiseries qu'on mangerait au fil de la lecture. Il a l'art de raviver en nous des souvenirs.

À la réflexion, cet ouvrage, sous ses dehors anecdotiques et humoristiques, nous fait réfléchir sur la portée des phrases que nous prononçons. Pourquoi utilisons-nous ces phrases toutes faites ? Avons-nous peur du silence, de ne pas trouver les bons mots ?

Ce recueil de nouvelles est léger, mais délicieusement sarcastique et nous confronte à nos abus de langage.
 
Interview de l'auteur : http://www.dailymotion.com/video/xr8zjb_je-vais-passer-pour-un-vieux-con-philippe-delerm_creation?start=1#.UMJIwo7bISo

 
Margaux P., AS Éd-Lib 2012-2013

 

 

 

 

 

 


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