Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 07:00










Radhika JHA
L'Éléphant et la Maruti
traduit de l'anglais par Simone Manceau
Éditions Picquier, 2002


















Rhadhika JHA, écrivaine indienne, parvient à se faire connaître dés son premier roman,  L'Odeur, qui obtient le prix Guerlain en 2002. Elle travaille aujourd'hui comme attachée culturelle à l'ambassade de France en Inde.

Le thème récurrent dans son œuvre est la société indienne qui oscille entre tradition et occidentalisation.

L'ŒUVRE

 L'Éléphant et la Maruti est un recueil composé de trois nouvelles.

« L'Eléphant et la Maruti »

Shweta est la femme d'un ministre ; un matin, elle arrive en retard à la BHEL ( Bharat Heavy Electrical Limited) à cause d'un éléphant qui a écrasé sur la route une Maruti (la voiture la plus répandue en Inde) ; pour cette raison, elle perd son travail.

Excédée, elle fait accuser Kishore, l'employé du parking, de vouloir lui voler de l'argent. Or, ce jour de malchance pour Shweta était un jour d'espoir pour Kishore car il devait recevoir sa première paye ; le destin en décide autrement et Kishore perd l'argent qui était destiné à son patron à cause de policiers véreux.

La femme de Kishore, Sushila, réalise à partir de photographies d'acteurs et d'actrices indiens des tableaux colorés. Son art lui vaut d'être battue par sa belle-mère mais, à ce moment, une Anglaise attachée au respect des droits de la femme passe par là et demande à Sushila si elle peut réaliser d'autres tableaux , Sushila accepte.

En attendant, Kishore tente de récupérer l'argent de son patron par tous les moyens.

La peur au ventre, le soir, il retrouve son patron (le seth) ; celui-ci l'invite chez lui. Kishore se retrouve devant un éventail de symboles de richesse : le bar,la télévision,la liasse de billets …

Mais au contact de son patron, Kishore apprend qu'il possède l'essentiel dans sa vie, l'amour.

Analyse

Dés cette première nouvelle, Delhi nous apparaît comme la ville « de tous les possibles » car Sushila devient à ses dépens l'héroïne d'un film de Bollywood grâce à l'Anglaise, à l'instar de la petite Rubina Ali de Slumdog Millionnaire de Danny Boyle. Par ailleurs, Kishore apprend grâce à son patron que l'argent ne fait pas le bonheur. Lui qui fantasmait sur sa première paye découvre qu'il possède déjà l'essentiel, l'amour.

«  L'espoir »

Une réflexion sur la Delhi moderne s'engage entre une femme et un homme, tous deux journalistes, ils émettent deux avis différents: pour la femme (Sheila, sa ville natale devient « une poubelle à mendiants » ; pour l'homme, Delhi est « une terre d'accueil » car au Bihar, d'où il est originaire, il n'y pas de travail.

Cette réflexion débute en plein embouteillage, dans une voiture, le matin.

Au fil du récit, l'homme rencontre diverses personnes ; il fait ensuite leur portrait à Sheila afin que celle-ci change d'avis sur Delhi. Ces personnages sont:Shibu, le
mendiant lépreux à qui l'homme prend l'habitude de donner quelques pièces chaque matin (un matin, Shibu disparaît et l'homme le cherche parmi les autres mendiants), un autre mendiant qui a perdu son travail à cause de l'évolution des machines et Kishan, originaire du Bihar, devenu électricien pour la Blue Star.

Analyse

A travers cette nouvelle, Delhi prend les traits d'une ville nourricière, dans le sens où elle donne assez à ses mendiants pour survivre, et les traits d'un foyer d'accueil où celui qui le veut peut réussir, à l'image du vendeur de bétel qui possède deux voitures alors qu'il est parti de rien.

Cette ville est même érigée au rang de divinité par un des mendiants que rencontre l'homme : « [...] de nouveaux dieux naissent tout le temps. Cette ville est mon Dieu. ».


« Le mariage »

Une femme du milieu mondain, Barra considérée comme exubérante et provocatrice, arrive en retard le jour de son mariage.

Analyse

Cette nouvelle est à part car elle se concentre sur un seul personnage, Barra, que l'on découvre à travers deux autres personnages : un ancien camarade de classe de Barra et son futur mari, Sanju. Barra est un  être de la nuit, une femme fatale ayant eu beaucoup d'amants ; elle n'a pas réellement de métier, c'est une célébrité : « Qu'il s'agisse de politique, de philosophie, d'art, de son petit ami du moment ou de son opinion sur les homosexuels de Delhi, Barrabundla faisait toujours la une. »

SIMILITUDES ENTRE CES NOUVELLES


Toutes ces nouvelles partagent le cadre privilégié de Delhi, ce cadre est annoncé par le sous-titre du recueil « Fictions de Delhi » , par ailleurs, l'importance donnée à la voiture est particulièrement marquée dans la deuxième nouvelle car la voiture devient vraiment ici un lieu de vie et de réflexion.

Le plus important à savoir est que la route, à Delhi, est le seul lieu appartenant à tous les hommes : « Sur la route, peu importe qu'on soit brahmane, ministre, épouse de bureaucrate ou balayeur. Quatre roues s'immiscent entre l'individu et le statut social. »

La première et la deuxième nouvelles partagent beaucoup de similitudes ; par exemple, elles commencent toutes avec des personnages issus de classes favorisées pour dériver ensuite vers des personnages de classes défavorisées (les castes inférieures) et elles reposent toutes deux sur le dialogue.

On pourrait dire que Radhika Jha fait l'apologie de l'individu car on a le sentiment qu'elle veut que chacun de ses personnages soit unique, qu'ils ne soient pas des stéréotypes, par exemple avec les personnages des mendiants ; chacun a sa propre histoire
: Shibu, ancien « naxalite », ancien lépreux, et l'autre mendiant, victime de l'évolution des machines.

MON AVIS
 
Ce recueil de nouvelles m'a permis de dresser dans mon esprit un paysage de l'Inde, en particulier de Delhi dont je n'avais aucune connaissance. Delhi m'est alors apparue comme un ville où tout est possible, comme l'Eldorado indien. Mais d'un autre côté ce livre m'a déçue par une écriture trop simple dans le sens où tout est linéaire sauf au moment où Kishan raconte son histoire ou encore au moment où l'ancien camarade de classe de Barra se souvient d'elle ; dans l'ensemble, la structure de l'histoire reste chronologique.

Aurélie, 1ère année Ed.-Lib.

Radhika JHA sur Littexpress




Article de Claire sur L'Odeur

Partager cet article

Repost 0
Published by Aurélie - dans Nouvelle
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives