Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 07:00
radhika-jha-Le-cuisinier-la-belle-et-les-dormeurs.gif














Radhika JHA,
Le Cuisinier, la belle et les dormeurs

Trois nouvelles traduites de l’anglais
par Simone Manceau,
éditions Picquier, 2005
Picquier poche, 2009

 






Résumé des nouvelles



L’auteur nous présente trois nouvelles qui mêlent imagination et faits réels afin que le lecteur puisse se poser des questions sur différents thèmes : la vieillesse, la beauté et la religion.

- Dans « Le Cuisinier », on découvre le personnage de Marcello Tocinelli, chef d’un petit restaurant italien de renom, qui se rend compte d’un complot fomenté par sa famille afin de lui imposer la retraite. Tout au long de l’histoire, il tentera de découvrir exactement les termes de ce complot ce qui l’emportera au plus profond de la paranoïa et même de la folie : il compare l’art de cuisiner à celui de la chasse. Il tentera de prouver à tous qu’il est encore apte à occuper ses fonctions en préparant un repas de noces au résultat surprenant.

- Dans « La Belle », l’histoire est racontée par une écolière indienne dont la seule particularité est d’être sensible à la beauté, qu’elle ne possède pas. Or, un jour, elle fera la rencontre de Mandakini, une nouvelle élève dont la beauté surpasse les limites du possible. Cette beauté sera le fil conducteur qui relie pourtant des problèmes à la chaîne auxquels sera confrontée leur amitié. La rencontre avec un photographe professionnel, ami de Mandakini, sera l’étape ultime à laquelle les deux amies seront confrontées avant d’être transformées à tout jamais.

- Dans « Les Dormeurs », on assiste à un fait de société en Inde au travers des yeux d’un fonctionnaire, coincé dans un village perdu à cause d’une panne de véhicule. Les villageois s’avèrent être devenus insomniaques à cause de la cohabitation entre deux cultes différents : le christianisme et une forme d’hindouisme. Depuis l’implantation de l’église, des problèmes ont apporté petit à petit la misère au village, combattue la nuit par les cultes, les chants et les prières des hindouistes qui réveillent les chrétiens. Or, le jour, personne ne peut se reposer car les cloches de l’église sonnent toutes les heures. L’arrivée du fonctionnaire mettra le « feu aux poudres » dans cette cohabitation, rendant les villageois fous de haine. Ils combattront jusqu’à la mort.


 

Motivations de l’auteur


Le premier lien frappant entre ces nouvelles est la force des émotions, des ressentis par rapport à la lecture. En effet, bien qu’il y ait trois thèmes différents abordés, le lecteur ne peut s’empêcher de ressentir la même chose : le dégoût. Les événements sont rapportés de façon brute et sans détours afin de choquer et pour faire mieux réfléchir à l’importance que l’on accorde à ce qui est futile.

« Le Cuisinier » propose une réflexion sur la vieillesse : Marcello refuse en bloc l’idée qu’il ne serait plus compétent, l’esprit refuse l’état de vieillesse. C’est le corps qui le lui fera sentir : on se rendra compte qu’il a perdu son odorat, outil précieux du cuisinier (comme du prédateur). Le lecteur est d’abord surpris par les propos de Marcello sur la cuisine puis il sera apeuré, dégoûté par sa perception du mélange des saveurs.

Mandakini va complètement changer de point de vue sur la beauté de son amie. La beauté est d’abord plainte car la jalousie ou la convoitise la met en danger. Puis on découvre un revers de situation lorsqu’elle devient vanité. Mandakini va tout faire pour poser comme un vrai modèle sous l’objectif de son ami photographe et les événements font que la narratrice comme le lecteur sera, encore, surprise et dégoûtée par le comportement de la belle. Après avoir vu la vanité d’aussi près, la narratrice sera aveugle à toute sorte de beauté, elle qui y était si sensible.

Enfin, « Les Dormeurs » est une nouvelle de réflexion sur un fait d’actualité : la cohabitation des religions en Inde. Ici, le dégoût est également provoqué par les sens : un mélange d’odeurs de crasse puis la vue du sang et des corps mutilés. On se demande si ce conflit est réellement nécessaire, on retourne aux guerres de religions… Ce texte engagé nous rappelle que cette situation est toujoursprésente dans d’autres pays.

Les messages proposés par ces nouvelles sont d’autant plus clairs que Radhika Jha utilise divers procédés efficaces : elle va au fond des choses avec une écriture simple et accessible et un art de solliciler les sens qui accroche le lecteur. Celui-ci est manipulé, ballotté au fil des histoires par la poésie qui émane de l’écriture.

Mes impressions ont été confirmées par une interview de l’auteur lue à l’adresse suivante :

http://www.indereunion.net/actu/radhikajha/interRadhika.htm

 

Ma critique


Bluffant ! J’ai été entraînée dans le courant de ces textes avec une facilité déconcertante. Si la fin des nouvelles est prévisible, on ne peut savoir comment on va nous y amener ni comment cela va se poursuivre après l’histoire. L’écriture allie la poésie et les propos peu ragoûtants avec brio et on ne peu que rester scotché aux histoires. Je le conseille fortement !
 

Delphine, 1ère année Edition-Librairie


Radhika JHA sur LITTEXPRESS
Radhika-Jha-L-Elephant-et-la-Maruti.gif


Article d'Aurélie sur L'Eléphant et la Maruti









Article de Claire sur L'Odeur

Partager cet article

Repost 0
Published by Delphine - dans Nouvelle
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives