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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 07:00

Carver débutants1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond CARVER
Débutants
L'Olivier, 2010.
Titre original
Beginners
Traduit de l'américain
par Laetitia Devaux.



 

 

 

 

 

 

 

Débutants de Raymond Carver a une histoire un peu particulière.

En effet, une partie des nouvelles présentes dans ce recueil a déjà été publiée une première fois, dans les années 80, lorsque l'auteur était toujours en vie (Carver est décédé en 1988 des suites d'un cancer). Cette première publication, nous la connaissons sous le titre Parlez-moi d'amour. Mais celle-ci est parue sans l'accord de l'auteur et est plutôt le résultat du travail de son éditeur. Gordon Lish, qui publie Carver depuis ses débuts, travaille pour la maison Knopf, à New York. Il procède, au moment de la publication de Parlez-moi d'amour; à un découpage des textes et à de sensibles modifications de certaines des nouvelles. Raymond Carver en est bouleversé et, malgré ses supplications, Lish publie le recueil. Une des phrases de Carver, à la veille de la parution, est restée célèbre : « Mon principal souci est que ces histoires demeurent intactes. Aide-moi sur ce livre comme un bon éditeur, le meilleur … mais pas comme un nègre. »

Heureusement, en 2010, soit 22 ans après la mort de l'auteur, les éditions de l'Olivier entreprennent de publier les nouvelles de Carver en intégralité, dans le cadre d'une rétrospective sur l'auteur. A partir de 2010, et jusqu'en 2012, neuf volumes seront publiés en grand format. Débutants est le premier.




Dans cette publication de la version originale du manuscrit, on retrouve une part tellement importante de l'auteur que l'on pourrait être tenté de le rapprocher du genre autobiographique.


Raymond Carver est né en 1938 d'un père alcoolique et a vécu à ses côtés jusqu'à sa mort, en 1967, baignant quotidiennement dans une atmosphère violente et malsaine. Lorsqu'il se marie, en 1956, et devient père de deux enfants, la réalité et la difficulté de la vie le rattrapent et, fatalement, Carver suit les traces de son père ; il sombre dans l'alcoolisme à son tour.

L'ombre de cette maladie plane lourdement sur les nouvelles de Carver. La majorité présente au minimum un personnage ayant un problème avec l'alcool, un homme ou une femme, jeune ou vieux.

Qu'il s'agisse d'une aide pour tourner une page de sa vie ( « Si vous dansiez »), d'un soutien pour surmonter une épreuve ( « Gloriette » ) ou, au contraire, de la cause de la destruction d'une famille ( « Un dernier mot » ), l'alcool est omniprésent, comme un réflexe, un objet rassurant, comme un mal aussi.

Un mal qui ronge le genre humain et qui est là, qu'on le veuille ou non, comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de chaque être, fragile ou non, ou simplement humain.

Les nouvelles traduisent à la fois le désespoir de l'auteur, qui ne peut se sortir de cette maladie qui le détruit mais également son envie d'en finir avec une conduite dévastatrice. Comme lui, ses personnages veulent se soigner, s'en sortir, pour revivre.




L'auteur, homme tourmenté, met aussi en scène l'amour. Après son divorce d'avec la mère de ses enfants, Carver traverse une phase de solitude et expérimente les sentiments d'abandon et d'échec.


De cette période trouble naîtra la phrase « What we talk about when we talk about love ? » ( De quoi parle-t-on vraiment lorsque l'on parle d'amour ?), titre original de Parlez-moi d'amour.


Carver décline dans Débutants l'amour sous toutes ses formes. Celui d'une mère au chevet de son fils accidenté ( « Une petite douceur »), celui à toutes épreuves d'une fille pour son père alcoolique (« Un dernier mot »), celui de deux amis de longue date (« Tu veux que je te fasse voir quelque chose ? ») et, bien sûr, celui qui unit un homme et une femme.


L'amour entre deux êtres est décrit avec justesse, avec poésie aussi. Les mots, même durs, que l'auteur utilise pour décrire la passion destructrice qui anime un couple en pleine crise d'adultère (« Gloriette »), ou l'incroyable tristesse de l'amant délaissé par sa femme (« Si vous dansiez ») sont empreints de légèreté, de magie.


Et même si l'issue des nouvelles est parfois bouleversante (« Neuneu », « Débutants », « A moi ») , on ne peut ressortir que charmés de cette lecture, tant le style de Carver est élégant, soigné, profond et intense.





Raymond Carver a, ici, couché sur papier ses craintes et ses doutes, ses forces et ses faiblesses, comme pour tenter d'expier ses fautes. Des textes courts, forts, poignants, empreints de sensibilité et qui contribuent à donner forme à l'univers exalté de l'auteur.



Aurélie., A.S Édition-Librairie.

 

 

 

Raymond CARVER sur LITTEXPRESS

 

 

Raymond Carver Qu est ce que vous voulez voir

 

 

 

 

Article de Julie sur Qu'est-ce que vous voulez voir ?

 

 

 

 

carver001.jpg

articles de
Valentin et de Camille sur Neuf histoires et un poème,

 

 



carver-vitamines.jpg


 articles de Joséphine et de Cécile sur Les Vitamines du bonheur,





carver tais toi



article d'Elise sur Tais-toi, je t'en prie.

 

 

 

carver.jpg

 




Article de François et de Cynthia sur Parlez-moi d'amour.

 

 

 

Carver la vitesse foudroyante du passé

 

 

 

Article de Valentin sur La Vitesse foudroyante du passé

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Published by Aurélie - dans Nouvelle
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