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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 07:00

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Raymond CARVER
Parlez-moi d'amour
Titre original :
What We Talk About When We Talk About Love
Traduction française :
Gabrielle Rolin
Edition originale Américaine :
Alfred Knopf, 1981
Edition originale Française :
Editions Mazarine, 1981
Réédition majorée d'une nouvelle
absente de la première édition française
aux éditions de l'Olivier, 2010.

 

 

 

 

 

Raymond Carver, grand nom de la littérature étatsunienne, est né en 1938. Il grandit dans une famille modeste issue du milieu ouvrier et se marie à 18 ans. À 20 ans, il est déjà père de deux enfants et cumule les petits emplois à côté de ses études. Il devient rapidement alcoolique comme l'était déjà son père, et connaît le succès grâce à ses nouvelles au début des années 70.

Parlez-moi d'amour, paru en 1981 (1986 en France), se compose de 17 nouvelles. Ces nouvelles se situent pour la majorité dans l'Amérique profonde, et proposent une description de la société américaine moderne à travers des bribes de vies, des instants volés. C'est là une des nombreuses marques d'originalité de Carver : plutôt qu'une histoire, celui-ci décide de mener le lecteur dans de petits bouts de vies, parfois sans importance, de personnages malheureux, déviants, à la recherche constante d'un bonheur qui leur échappe. Dans « La troisième Chose qui a tué mon père », le voisin du héros, nommé Simplet, délaisse l'amitié qui le lie au personnage pour les perches présentes dans l'étang de son jardin. Peu à peu, Simplet ne vit plus que pour ses perches et leur consacre toute son attention, de manière obsessionnelle, presque folle. Cette obsession le mènera à sa perte lors d'un orage pendant lequel il sera resté auprès de ses perches et mourra avec elles, tombé dans l'étang. Simplet était à la recherche désespérée d'amour, et ce désespoir l'a tourné vers ses perches, qui lui ont alors fait perdre la conscience de la réalité.

Mais le plus intéressant chez Raymond Carver reste sûrement son écriture, parfaitement en adéquation avec les sujets qu'il traite. La naissance de cette écriture s'est d'ailleurs faite de façon assez particulière, qui permet d'en apprendre plus sur le monde du livre aux États-Unis. L'éditor étatsunien n'a pas la même place que l'éditeur européen dans le cheminement du livre, du manuscrit à l'imprimé : en effet, celui-ci peut modifier et couper le texte à sa guise, instaurant une co-écriture entre l'auteur et l'éditeur. L'éditeur de Raymond Carver, Gordon Lish, a ainsi travaillé sur son recueil Débutants et l'a réduit jusqu'à 75 % dans certaines nouvelles. Cela a donc donné une dimension totalement différente aux nouvelles, qui ont immédiatement eu un grand succès aux Etats-Unis.

Cette écriture qui a permis la reconnaissance de Raymond Carver est donc l'initiative de Gordon Lish, mais Carver va alors profiter de cela et en faire sa plume personnelle. Le secret d'une histoire réussie était selon lui : « entrer, sortir et ne pas s'attarder ». Un journaliste lui demandait un jour un conseil de style, il répondit : « Rognez, rognez et rognez encore ». Voilà tout le style de Carver : là où une majorité d'auteurs va tenter d'étoffer ses textes, Carver, lui, réduit au minimum, évide ses textes jusqu'à donner l'impression d'un style inexistant.

Cette écriture est ainsi en correspondance totale avec le caractère des personnages. Dans la nouvelle éponyme « Parlez-moi d'Amour », qui clôt le recueil, des couples discutent à propos de l'amour. C'est d'ailleurs le seul moment du recueil où l'amour est traité explicitement. Le nom original de la nouvelle (et donc du recueil) est What We Talk About When We Talk About Love, soit littéralement « De quoi l'on parle lorsque l'on parle d'amour ». C'est là qu'on retrouve les caractéristiques de l'écriture de Carver : les personnages parlent de l'amour d'une façon extrêmement niaise, en n'abordant que très platement le sujet. Ils nous paraissent vides, vides de personnalité et de réflexion.

Toutefois, malgré leurs thèmes souvent sombres, toutes ces nouvelles ont su trouver le juste équilibre : elles ne nous affectent pas vraiment, mais arrivent à nous toucher avec justesse. Très courtes, elles restent divertissantes et originales ; Carver nous transporte dans l'Amérique profonde à travers ces bribes d'existences, et, si l'on n'est pas obligé d'adorer, il est difficile de s'ennuyer à la lecture de Parlez-moi d'amour.

François P., 1ère année bibliothèques-médiathèques

 

Raymond CARVER sur LITTEXPRESS

 

 

Raymond Carver Qu est ce que vous voulez voir

 

 

 

 

Article de Julie sur Qu'est-ce que vous voulez voir ?

 

 

 

 

carver001.jpg

articles de
Valentin et de Camille sur Neuf histoires et un poème,

 

 



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 articles de Joséphine et de Cécile sur Les Vitamines du bonheur,





carver tais toi



article d'Elise sur Tais-toi, je t'en prie.

 

 

 

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Article de Cynthia sur Parlez-moi d'amour.

 

 

 

Carver la vitesse foudroyante du passé

 

 

 

Article de Valentin sur La Vitesse foudroyante du passé

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Published by François - dans Nouvelle
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