Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 07:00

Raymond-Chandler-sur-un-air-de-navaja-1.PNG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond CHANDLER    

Sur un air de navaja               
The Long Good-Bye
Traduit de l’américain
par Janine Hérisson et Henri Robillot
Gallimard
Collection Folio policier, 2008
1ère édition 1954

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

 Raymond Thornton Chandler est un auteur américain de polars. Il est né à Chicago en 1888. Il a grandi à Londres, en Grande-Bretagne, dès 1895, après le divorce de ses parents. Il vit donc seul avec sa mère. Il a fait des études de littérature classique puis a été naturalisé anglais en 1907. C’est aussi un poète et scénariste qui a tout d’abord travaillé comme journaliste pour la Westminster Gazette et le Daily Express. Il retourne ensuite aux États-Unis en 1912. Il rencontre Cissy Pascal avec qui il se marie en 1924. Ses premières nouvelles sont publiées dans la revue Black Mask. Vient ensuite son premier roman qui est publié en 1939, il s’agit du livre Le Grand Sommeil, qui est un succès. Raymond Chandler sera alors engagé comme scénariste par la Paramount. Il a notamment réalisé Le Dahlia bleu. De plus, nombre de ses romans ont été adaptés au cinéma, dont deux adaptations célèbres du Grand Sommeil, une en 1946 avec Humphrey Bogart dans le rôle de Philip Marlowe, et une en 1978, avec Robert Mitchum dans ce même rôle. Philip Marlowe est le personnage récurrent de Raymond Chandler. Il s’agit d’un détective privé qui vit à Los Angeles. Arrivent ensuite les années 50, années noires de Chandler, où il sombre dans l’alcoolisme et ne publie qu’un seul livre qui est Sur un air de navaja en 1954. C’est cette même année que sa femme décède. Quant à lui, il meurt d’une pneumonie en 1959.

 
 
Résumé

Sur un air de navaja ou The Long Good-Bye nous raconte l’histoire de Philip Marlowe. À Los Angeles, chez lui, il rencontre Terry Lennox. Il s’agit des toutes premières pages du livre :

« La première fois que je vis Terry Lennox, il était fin soûl […]. Le gardien du parking avait sorti la Rolls et maintenait la portière ouverte car le pied gauche de Terry Lennox pendait à l’extérieur comme s’il en avait oublié l’existence. Lennox avait un visage jeune malgré des cheveux plus blancs que l’ivoire. On voyait à ses yeux qu’il était beurré jusqu’à la racine des cheveux […].

 Une fille était assise à côté de lui : chevelure d’un magnifique blond vénitien, sourire vague aux lèvres et, sur les épaules, un vison bleu si prestigieux que, près de lui, la Rolls n’avait plus l’air que d’un quelconque tacot de série. »

 La femme à côté de lui est sa femme, elle s’appelle Sylvia. Très vite, Lennox et Marlowe deviennent amis. Marlowe l’aide même à le sortir d’un faux pas quand il le retrouve ivre sur la voie publique. Lennox intrigue beaucoup Marlowe, car il a le visage plein de cicatrices et révèle peu son passé. Ils se retrouvent très souvent au même bar pour boire un verre, un gimlet plus précisément. Un jour pourtant, Marlowe reçoit un appel, il s’agit de Lennox qui a retrouvé sa femme morte et veut s’échapper. Marlowe, persuadé de son innocence, l’aide donc à quitter le pays en lui faisant traverser la frontière mexicaine. Il regarde Terry Lennox partir.

Cependant, une fois rentré chez lui, Marlowe se fait arrêter par deux policiers, car c’est le dernier à avoir vu le principal suspect, c’est-à-dire Lennox. Il se retrouve au commissariat, mais il est très vite relâché car Lennox a été retrouvé mort. Il s’est suicidé en laissant derrière lui une lettre d’aveux. Marlowe n’en revient pas. Pourtant, quelques jours plus tard, il reçoit une lettre de Lennox qui lui confirme qu’il a bien laissé « une lettre d’aveux ».

L’affaire étant close, Marlowe se retrouve ensuite engagé par l’éditeur Howard Spencer et sa femme Eileen Wade pour retrouver un écrivain qui s’appelle Roger Wade. C’est presque un jeu d’enfants pour le détective. Cependant, il trouve cet homme très mystérieux, car il boit beaucoup, et a donc souvent des trous de mémoire. L’histoire s’accélère quand Marlowe, toujours persuadé de l’innocence de Lennox malgré ses aveux, se rend compte que les Wade étaient voisins de Sylvia, et que la femme du médecin de Roger Wade, n’est autre que la sœur de la victime, Sylvia. Dans la maison des Wade, il rencontre aussi Candy, leur domestique qui est lui aussi très mystérieux.

 Pour Marlowe, tout le monde a l’étoffe du suspect, que ce soient Roger Wade et ses trous de mémoire, Candy, qui n’aime pas beaucoup Marlowe, le Docteur Loring ou même Eileen Wade, qui malgré sa beauté a un comportement plus qu’étrange.

Plusieurs intrigues se succèdent donc, jusqu’à la révélation finale, l’ultime pièce du puzzle qui permet de comprendre enfin le fin mot de l’histoire.

Deux histoires distinctes en apparence, mais qui se rejoignent pour former un tout.

 

Analyse

C’est donc une histoire plutôt sombre, avec des meurtres, racontée à la première personne. Les hommes, principalement Marlowe, sont caractérisés par leur goût pour l’alcool, les femmes, le tabac, ici la pipe, et la violence. En effet, Marlowe a quelques problèmes avec les autorités et ne supporte pas leur supériorité juridique. Il existe une sorte de jeu du chat et de la souris entre eux, mais la violence est bien là :

« En perte d’équilibre, j’étais en train de me lever quand [Dayton, le policier] m’expédia un crochet du gauche très sec. J’entendis des cloches sonner, mais pas celles de Pâques. »

On peut remarquer ici, le ton sarcastique, ou ironique, qu’emploie le narrateur. C’est aussi une des principales caractéristiques de Marlowe. Par ailleurs, on peut remarquer que les femmes, dans ce livre, ont peu d’importance, ce sont plutôt des femmes objets, qui ont peu de consistance, seraient presque transparentes. Nous sommes donc dans un univers très masculin.

 L’histoire se passe à Hollywood, et c’est un peu comme aujourd’hui avec des gens très riches, écrivains, médecins…, c’est un peu l’avant Hollywood que nous connaissons aujourd’hui.

Nous avons donc une rencontre entre deux mondes plutôt différents, un détective privé d’apparence modeste et des personnes aisées qui vivent dans le luxe.

On découvre aussi une ville peu rassurante, avec des individus ivres sur la voie publique, quelques voyous régnant sur la ville, des policiers qui aspirent à un maximum de tranquillité et qui veulent expédier au plus vite possible les affaires, un sentiment d’insécurité. Los Angeles paraît donc peu sûre.

 C’est un livre très intéressant qui nous emmène dans un univers un peu glauque. Une histoire passionnante, facile à lire grâce aux chapitres qui sont assez courts. Nous avons affaire à un vrai roman policier où on suit le détective dans son enquête, ses hauts, ses bas, ses bonnes comme ses mauvaises pistes. On cherche le tueur avec lui, cette immersion est sûrement facilitée par la narration à la première personne. Une histoire assez logique, sans coup de théâtre, même si on se doute quelque peu de la fin du livre, mais qui apparaît comme vraisemblable.

L’écriture est simple, avec pas ou peu de mots compliqués mis à part quelques termes d’argot.

Pour résumer, nous sommes bien tenus en haleine par l’auteur.

Pour finir, une remarque sur le titre français, qui est Sur un air de navaja. La navaja est un long couteau espagnol ; cependant, le mot n’est jamais écrit noir sur blanc dans le livre, même si un couteau de ce style apparaît dans l’histoire mais de façon très furtive, et il n’a quasiment pas d’importance pour l’histoire. Il y a donc, pour moi, une incohérence dans le choix de cette traduction de titre.
 

Marion, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marion - dans polar - thriller
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives