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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 07:00

Raymond-Federman-chut.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond FEDERMAN
Chut
éditions Léo Sheer
Collection Laureli, 2008

 

 

 

 

 

 

 

La photo de couverture représente la mère de Raymond Federman (à droite) avec une de ses sœurs (à gauche) et sa mère tenant le cousin de Raymond Federman.

 

 

 

 

 

Raymond Federman a écrit beaucoup de livres en rapport avec plusieurs moments  de sa vie. Il parle souvent d’un événement traumatisant de son enfance ; lors de la rafle du Vel d’Hiv, en juillet 42, les policiers viennent chez lui pour arrêter toute sa famille. À ce moment, sa mère le pousse dans un débarras et lui dit : « Chut !». Il a alors 13 ans.

Chut !, our l’essentiel, ne raconte pas son histoire après cet événement mais plutôt ce qui le précède. L’auteur souhaite parler de la vie de ses parents et de ses sœurs avant qu’elle ne s’arrête.



Le livre est structuré de façon originale.

Raymond Federman ne raconte pas ses souvenirs de manière chronologique mais au fur et à mesure qu’ils lui reviennent. Le livre est constitué d’anecdotes mais aussi de moments importants liés à la guerre (par exemple, l’exode vers la Normandie). Même si cet ouvrage est centré sur son enfance, il va parler de temps en temps d’événements postérieurs à ses treize ans. Chut est la dernière œuvre autobiographique de Raymond Federman. Il n’a pas publié ses livres dans l’ordre chronologique de sa vie. C’est pour cela qu’il fait parfois référence à ses autres livres parle d’un moment postérieur ses treize ans. Il glisse également au milieu de son récit des poèmes qu’il a écrits en rapport avec le souvenir qu’il raconte.

Parfois également intervient un « narrateur intérieur » ; c’est en quelque sorte son double. Le texte est alors en italique. Généralement, c’est pour faire des commentaires sur ce que Raymond Federman écrit. Par exemple, il critique le fait que Raymond Federman fasse référence à ses œuvres antérieures ou suppose que l’éditrice ne va jamais vouloir le publier s'il introduit tel ou tel élément. Cette voix pourrait aussi être celle du lecteur.



Contenu autobiographique
 
On apprend que Raymond Federman a passé son enfance à Montrouge, dans un appartement, au 4, rue Louis Rolland et que le propriétaire de l’immeuble était son oncle. L’enfant y habitait avec son père, Simon, sa mère, Marguerite, et ses sœurs, Sarah et Jacqueline. Ils vivaient dans la pauvreté. Son père était malade. C’était un artiste qui n’avait jamais pu vendre ces œuvres. Il  jouait à des jeux d’argent. Il avait 37 ans lors de la rafle du Vél d’Hiv.
 
Sa mère est décrite comme une femme qui pleurait, qui était triste mais forte de caractère et gentille. Pas très belle physiquement. Elle avait cinq sœurs et deux frères. C’est la seule à être morte durant la guerre. Le reste de sa famille était passé en zone libre. Sa sœur, Marie, qui habitait à l’étage du dessous, lui avait proposé de partir avec eux en emmenant ses enfants mais en abandonnant son mari. Ce dernier n’était pas apprécié dans la famille de Marguerite Federman car il était accusé d’infidélité et ne gagnait pas beaucoup d’argent. Marguerite avait refusé.
 
On a l’impression que ce livre est un hommage à sa mère. Raymond Federman lui doit la vie. Il écrit d’ailleurs à la fin : « Ce livre est pour ma mère ». Le premier mot est aussi le dernier : « Chut ». C’est le dernier qu’il ait entendu d’elle. Elle avait 39 ans lorsqu’elle fut déportée.
 
Il parle très peu de ses sœurs. Il dit au début qu’il se rappelle mal ce qu’ils se disaient mais il a conservé certains souvenirs d’elles. Elles avaient quinze et onze ans.



L’écriture
 
On a l’impression que Raymond Federman se dévoile au lecteur. Il parle de choses intimes que d’autres personnes préfèrent occulter par honte ou par gêne. On a l’impression qu’il ne se cache pas.

Il écrit son histoire avec des mots simples, recourt à l’humour pour parler de sujets graves. Il dit s’inspirer en cela de Beckett, sur qui il a écrit.

Il sème le doute dans l’esprit du lecteur car on peut se demander pour certains souvenirs s’ils sont vraiment authentiques. L’imaginaire et l’interprétation se mêlent donc aux événements réels.
 
Enfin, l’histoire personnelle de Raymond Federman et et l’Histoire s'interpénètrent. Il dit d’ailleurs qu’il suppose telle ou telle chose sur la mort de ses parents car c’est ce que les survivants des camps de concentration ont raconté : « tout ça c’est de l’Histoire, mais pas leur histoire. » On a donc un point de vue personnel sur cette guerre, par exemple lorsque sa famille part pour la Normandie, au moment de l’arrivée des Allemands à Paris.



Avis personnel
 
J’ai vraiment aimé ce livre. Je le conseille fortement. Je ne lis pas souvent des autobiographies mais celle-ci est différente. Elle se lit rapidement car elle est courte, simple. Hormis les moments liés à la guerre, les anecdotes qu’il raconte peuvent nous faire penser à des choses que nous ferions nous aussi.


Emmanuelle, 2e année bibliothèques 2012


Raymond FEDERMAN sur LITTEXPRESS

 

Raymond Federman La voix dans le débarras

 

 

Article de Benjamin sur La Voix dans le débarras.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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