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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 07:00

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Raymond QUENEAU
On est toujours trop bon avec les femmes
Gallimard 1947
Folio 1981

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raymond Queneau (1903-1976) est un romancier, poète et dramaturge français, fondateur de l’Oulipo. Son œuvre témoigne d’une volonté d’expérimenter de façon systématique, à la fois mélancolique et humoristique, les possibilités du langage parlé ou écrit.

Pour plus d’éléments biographiques : http://www.oulipo.net/oulipiens/RQ



Le roman On est toujours trop bon avec les femmes, fut publié pour la première fois en 1947 sous le pseudonyme de Sally Marla. En effet, il fut précisé que le livre était traduit par Michel Presle. Il est suivi en 1950 du Journal Intime de Sally Marla.

C’est pourquoi la version Folio comporte toujours une Note du traducteur où il est précisé que les événements décrivant l’insurrection de Dublin, le lundi de Pâques 1916, ne relatent pas les faits réels.



Quatrième de couverture

 « Le lundi de Pâques 1916, à Dublin, une insurrection nationaliste irlandaise éclate. Sept rebelles prennent possession du bureau de poste de Eden Quay, le vident de ses occupants légaux et soutiennent un siège farouche contre les loyaux soldats de Sa Majesté britannique. Mais une jeune fille, Gertie Girdle, est restée, qui va poser de nombreux problèmes aux assiégés — et notamment celui-ci : parviendront-ils à se conduire correctement avec elle, en vrais gentlemen ? Ce n’est qu’à ce prix qu’ils pourront, après leur mort, être considérés comme des héros véritables. »



Ce roman de Raymond Queneau est à la fois particulier et humoristique. Car bien évidemment, le véritable défi de l’histoire n’est pas la réussite de cette insurrection mais bien le comportement de ces hommes face à cette jolie jeune fille, innocente et pure. Enfin… c’est ce que nous laisse supposer le début du récit.

Au fil d’un texte découpé en maints petits chapitres, le lecteur navigue entre les différents personnages, D’une part, nous avons le récit de nos sept hommes, et d’autre part, celui de Gertie, enfermée dans les toilettes du bureau de poste, se demandant ce qu’il peut bien se passer. Au fur et à mesure que l’histoire avance, on découvre un peu plus la personnalité de chacun. La découverte de Gertrude par Caffrey va bouleverser nos gaillards, car ils vont devoir se comporter correctement avec elle. Et par comportement correct, Raymond Queneau sous-entend qu’il va falloir la respecter.

Le lecteur peut donc s’inquiéter du sort de cette jeune pucelle britannique, si jolie et si prude. En effet, elle se réfère beaucoup à dieu lors de ses monologues aux « lavatories ». Mais par un étrange retournement de situation, il s’avère que ce n’est pas elle la victime en danger mais plutôt eux…

Ils vont vite être entourés de Britanniques et se faire bombarder par un navire de la marine, sous l’ordre du commandant Cartwright, qui n’est autre que le fiancé de notre chère demoiselle.



Les personnages

 Mac Comark, Kelleher, Callinan, Dillon, Gallager, Caffrey, O’Rourke sont nos sept rebelles. On remarque un décalage culturel entre tous ces hommes originaires de divers endroits du pays. Certains proviennent de milieux lettrés (O’Rourke est étudiant en médecine) tandis que d’autres vivent dans des endroits plus reculés, où la population peut sembler arriérée. C’est le cas de Gallager, originaire de Inniskea, petite île irlandaise dont les habitants vivent principalement du pillage des bateaux naufragés et vénèrent une pierre enroulée de dentelle, qui ferait tomber la pluie.

John Mac Comark, le leader de la bande est un homme droit, qui veut défendre son pays, il n’a pas peur de mourir pour lui, pour sa liberté. Pourtant, Gertie le déstabilise et il est difficile pour lui d’avoir les idées claires en sa présence. Le comportement de la jeune femme l’étonne.

O’Rourke, étudiant en médecine, est un peu à l’opposé de ses compatriotes. Très respectueux envers Gertrude, il n’imagine pas un instant qu’elle ait pu être à l’initiative d’actes peu catholiques. À ses yeux, elle est forcément victime de ses geôliers. Un contraste très prononcé se dessine entre le jeune homme et la demoiselle, les rôles semblent s’inverser. En effet, les réactions de O’Rourke, ses déclarations enflammées, dévoilent au lecteur un côté très fleur bleue, que l’on attribue plus souvent aux femmes.

On se rend compte que ce ne sont pas de mauvais hommes, ils peuvent sembler parfois simples ou rustres. Seulement, il leur est difficile de savoir quel comportement adopter avec une demoiselle. Les besoins primaires sont présents et c’est leur assouvissement qui pose problème. Vont-ils pouvoir résister à ses charmes et rester corrects avec cette jeune blondinette ?

Gertie Girdle, de son vrai prénom Gertrude, est une jeune Britannique travaillant au bureau de poste de Eden Quay. Avant-gardiste, elle porte les derniers vêtements (et sous-vêtements) à la mode, ce qui va être un atout particulier pour elle face à ses geôliers. Fiancée au commandant Cartwright, elle reste tout de même persuadée que beaucoup d’hommes sont amoureux d’elle. Blonde, avec de grands yeux bleus, nous lui donnerions « le bon dieu sans confession ». Pourtant, on découvre au fil des pages, un aspect de la jeune fille plutôt étonnant. C’est là que réside toute l’ingéniosité du roman car il est difficile de deviner ce qui l’attend à la fin du livre.



L’écriture

Par certains aspects, cet ouvrage semble annoncer les travaux de l’Oulipo*, qui verra le jour une dizaine d'années plus tard. En effet, beaucoup de mots originaires de la langue anglaise sont présents dans le texte. Mais Raymond Queneau s’est amusé à les rédiger de manière phonétique. Ainsi, WC devient vécés ou lavatories ; whiskey se transforme en ouisqui. Cela donne une volonté de rester de ménager une distance avec la langue anglaise même si le thème du récit est un événement historique de l’Irlande.

Le langage utilisé par les rebelles est cru, familier. Ce qui renforce l’image que nous pouvons avoir d’eux, des brutes, des hommes virils, qui n’ont peur de rien et qui contraste avec celle qu'offre la jeune Britannique, polie. C’est peut-être volontaire de la part de Queneau pour marquer cette différence entre les Irlandais et les Britanniques et jouer avec les stéréotypes.

 

Ainsi, On est toujours trop bon avec les femmes est un livre drôle, qu’il faut prendre au seconde degré. Parfois déroutant quant au comportement des personnages, il nous relate les événements qui ont eu, véritablement ou non, lieu ce lundi de Pâques 1916, et nous découvrons ce qui a pu pousser ces hommes à cette insurrection.

Un livre sympathique, qui se lit très rapidement et dont on prend plaisir à découvrir le dénouement.


Hélène, 2e année éd-lib.

 

 

* L’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) est un groupe d’écrivains fondé par François Le Lionnais, mathématicien et Raymond Queneau en 1960. C’est un atelier de littérature expérimentale qui a eu pour membres importants Italo Calvino, Georges Perec ou encore Jacques Roubaud. Son travail est fondé sur l’utilisation de contraintes formelles afin d’encourager la création littéraire.

 

 


Raymond QUENEAU sur LITTEXPRESS

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Article de Joséphine sur En passant.

 

 

 

 

Raymond Queneau Le Vol d Icare

 

 

 

 

 

 Article d'Agathe sur Le vol d'Icare.

 

 

 

 

 


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