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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 07:00

Régis Jauffret Ce que c'est que l'amour

 

 

 

 

 

 

 

 

Régis JAUFFRET
Ce que c’est que l’amour
textes extraits de
Microfictions, Gallimard, 2007
Gallimard, 2009
Folio 2€

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce que c’est que l’amour est un recueil de trente-huit nouvelles, ou plutôt microfictions, car elles ne font pas plus d’une page et demie, deux pages. Ce sont donc des instantanés, des clichés de vie qui sont transcrits par l’auteur. C’est d’ailleurs d’un ouvrage plus complet, intitulé Microfictions et qui ne recueille pas moins de cinq cents nouvelles, que sont extraites les trente-huit de ce petit ouvrage de 132 pages. De façon très méthodique, l’ensemble des nouvelles est rangé par ordre alphabétique, de la lettre B à la lettre Z.
 
Au premier contact avec le livre, le titre crée chez le lecteur certaines attentes ; il pourrait imaginer que l’auteur s’attelle à une sorte d’éloge de l’amour, de la vie de couple, des sentiments que peut inspirer le sujet si vaste qu’est l’amour. S’ensuit alors une certaine incompréhension quant au choix de la couverture, qui représente une pomme finement tranchée. Finalement, une fois le lecteur pris dans le tourbillon des pages, il comprend que Régis Jauffret, à la manière dont la pomme est tranchée, va disséquer les relations amoureuses, opérer à cœur ouvert en quelque sorte, et le tout sans même mettre de gants ; il a une façon d’écrire très crue, très vraie, qu’il qualifie lui-même de « meurtre sans préméditation », c’est-à-dire une écriture sèche, qui va puiser jusqu’aux limites de l’obscène et du vulgaire.
 
Cet extrait, de « Vulgaire comme l’amour », est loin d’être le seul à montrer ce que  Jauffret se permet d’écrire :

 

« Vulgaire comme l’amour. Une histoire de cul, on s’embrasse après pour faire passer le goût. Je t’avais attrapée au bar de l’hôtel. Tu avais tellement bu, tu n’avais plus rien d’une humaine. Il faisait trop sombre, je ne distinguais pas les détails de ta laideur qu’on aurait dite dessinée par un graveur à l’eau-forte qui t’aurait haïe. Je t’ai fait grimper dans la chambre comme un clebs. Tu grognais pendant que je te tronchais, tu ressemblais tellement à un animal que j’avais l’impression de me livrer pour la première fois à la zoophilie.


– Maintenant tu es ma femme.

La mère de mes enfants, celle dont je me contente pour mes besoins sexuels. Quand il n’y a qu’une seule cuvette dans un appartement, on est bien obligé d’y aller pisser. Ton vagin comme un chiotte. Tes grandes lèvres comme un abattant, tes poils noirs en guise de couvercle, et ton clitoris comme le bouton d’un loquet. » (page 127).


Régis Jauffret propose un éventail d’histoires d’amour, à la fois violentes, égoïstes, possessives et maniaques. Une phrase particulièrement choquante a retenu mon attention lors de ma lecture : après que son mari a eu un accident, la femme dit : « Il ne m’a accordé le suicide qu’après six mois de négociations » (page 83). Toutefois, l’auteur énonce aussi des vérités : « Nos enfants sont perturbés, ils ont dans la tête plus de marques et de logos que de théorèmes et de conjugaisons. »

Toutes histoires confondues, l’auteur se soumet à une règle très simple : pas de ponctuation qui permettrait d’ironiser sur certaines situations, ou qui laisse sous-entendre quelque chose, comme les points de suspension par exemple. Même une question se voit dépourvue de son point d’interrogation ! « Alors pourquoi tu m’as aimée. » (page 42). Le principe de mettre des points à chaque fin de phrase est de faire ressortir davantage son écriture sèche, brève, pour qu’il n’y ait aucune autre interprétation possible que ce qu’il énonce.
 
La contrainte, en écrivant une petite histoire de deux pages maximum, c’est de planter le décor rapidement et de faire entrer le lecteur au cœur du sujet, ce que Régis Jauffret fait à la perfection en lançant une phrase d’accroche : « Quand j’écrivais les 500 petites histoires de mon livre Microfictions, j’écrivais d’abord la première phrase, et tout le reste en découlait. » (interview pour L’Express), et en nous plongeant dans l’univers des personnages, pour tenter de les cerner.
 
Dans la plupart des microfictions présentées, le narrateur est un homme et ce statut renforce l’idée du « sexe fort », de l’homme qui veut tout contrôler et ne pas se laisser dépasser par la femme. Quelquefois la femme est narratrice et fait de l’homme un objet, son objet, mais la tendance s’inverse rapidement, peut-être par peur que le sexe féminin finisse par dominer.

 

 
J’ai aimé / Je n’ai pas aimé
 
Ce recueil de nouvelles laisse un goût amer après première lecture, et après seconde lecture… un goût indéfinissable ! Ce livre provoque un sentiment étrange, même en sachant ce qui nous attend en lisant une deuxième fois, on se laisse à nouveau surprendre par la profondeur du  propos, la façon qu’a Régis Jauffret de nous plonger dans son univers déjanté et surtout par le fait qu’il qui raconte des choses bel et bien vraies, mais que personne ne se dit en face, car le sexe est encore un sujet relativement tabou pour certaines personnes. Dans tous les cas, pour l’auteur, c’est loin d’en être un !  Âmes sensibles, s’abstenir !

 
Éloïse Comte, 1ère année édition-librairie.

 

 

Régis JAUFFRET sur LITTEXPRESS

 

 

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Article d'Adrien sur Les Jeux de plage

 

 

 

 

 

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Articles d' Emmanuelle et de  Lucie sur Lacrimosa

 

 

 

 

 

 

Régis Jauffret Tibere et Marjorie

 

 

 

Article de Marjolaine sur Tibère et Marjorie

 

 

 

 

 

 

 

Régis Jauffret Ce que c'est que l'amour

 

 

 

 

 

 Articles d'Ambre et d'Émilie sur Ce que c'est que l'amour.

 

 

 

 

 

 

Jauffret Claustria

 

 

 

 Article de Manon sur Claustria.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Eloïse - dans Nouvelle
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