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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 07:00

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Régis JAUFFRET
Tibère et Marjorie
Éditions du Seuil
collection "Cadre rouge", octobre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur l'auteur

Régis Jauffret est un romancier français né le 5 juin 1955 à Marseille. Il a écrit de nombreux romans pour lesquels il a reçu des prix tels que le prix Décembre, le prix Fémina, le prix France Culture/Télérama ou bien le grand prix de l'humour noir Xavier Forneret. C'est avec le recueil de nouvelles Microfictions qu'il a rencontré le plus de succès. Le style de cet auteur est souvent cru, mais juste et ses personnages ne sont pas traités avec tendresse.


Résumé

Comment résumer ce livre ? En effet, cette tâche n'est pas aisée vu l'histoire compliquée et saugrenue de chacun des personnages, personnages qui apparaissent « comme par magie », pourrait-on dire. L'histoire se passe à Paris, aux alentours de 2010. Nous pouvons deviner que cette histoire se déroule à notre époque grâce aux objets décrits (la plateforme vibrante, les sex toys ...), au langage des personnages, etc. De plus, nous connaissons l'année exacte grâce à cette indication, à la page 270 : « Il s'est souvenu de l'héroïsme dont avait fait preuve vingt ans plus tôt son prédécesseur Nicolas Sarkozy lors d'une prise d'otages dans une maternelle de Neuilly ». Ces faits ayant eu lieu en 1993, on peut donc calculer que l'histoire se passe en 2013. L'auteur tente de coller un maximum à la réalité en citant des personnes existant ou ayant existé comme Nicolas Sarkozy à la page 270, Karl Lagerfeld à la page 9, Salvador Dali à la page 38 ou encore Picasso à la page 62. De plus, les lieux cités existent réellement, comme le boulevard Raspail et la place Saint-Germain-des-Prés. En bref, nous pouvons dire que cette oeuvre nous plonge dans l'histoire complexe des deux personnages principaux et dans leurs sentiments qui ne le sont pas moins.


Les personnages

Comme l'indique le titre de l'oeuvre, les deux héros (qui sont plutôt des antihéros d'ailleurs) de l'histoire sont deux adultes d'âge moyen et se prénomment Tibère et Marjorie. Ils sont en couple mais nous apprenons dès la première page que Marjorie désire faire une pause dans leur relation ; la raison de cette décision est assez floue, voici son explication : «  Tu comprends, je n'y comprends rien. Je ne t'aime plus, et puis en même temps, je t'aime trop » (page 7) et « Va-t'en. Moi, je t'aime trop pour te quitter. Quand on aime trop, c'est comme une cuite. On ne tient plus debout, on ne peut même pas s'enfuir » (page 8). Nous constatons quelques pages plus tard que cela ne va plus très bien entre eux depuis déjà un certain moment. Par exemple, « ils n'avaient plus eu de rapport sexuel depuis dix-huit mois », page 20, ce qui est à souligner car dans cette oeuvre, le sexe est un thème omniprésent. Ainsi, Marjorie, qui est une femme assez spéciale, a une réelle phobie du sexe masculin, elle ne peut même pas en voir un sans que cela déclenche une terrible angoisse en elle : « Pourtant, elle voyait très nettement son sexe, un Jack l'Eventreur dans le brouillard d'une rue de Whitechapel à la fin du XIXe siècle » (page 107). Cependant, elle est une fervente adepte des sex toys, ce qui assez paradoxal quand on pense qu'elle est terrifiée par le sexe masculin ! Marjorie est une femme tourmentée, anorexique, et a abandonné neuf ans plus tôt sa fille dont elle ne se rappelle même plus le prénom. Ce couple est en totale perdition, si bien que les événements les concernant sont assez difficiles à suivre. En effet, elle ne veut plus de lui, puis finalement change d'avis, et cela nombre de fois. De plus, Régis Jauffret ne se contente pas de raconter leur histoire, il introduit aussi de nombreux personnages secondaires tels que Gauthier Volvic, ancien médecin et désormais ministre des Affaires étrangères qui rencontre Marjorie et tombe amoureux d'elle, un personnage totalement perdu lui aussi, ce qui semble être un point commun à tous ceux de cette oeuvre. Nous pouvons également citer Boris, le chauffeur de Volvic, dont un morceau de la vie nous est raconté à plusieurs reprises (page 76 puis page 120) ou encore Séphora, la soeur de Marjorie, qui semble être totalement son contraire. En effet, Séphora est une nymphomane qui collectionne les hommes, va les chercher sur Internet, uniquement pour avoir des relations sexuelles avec eux : « Elle aimait la chaude peau des hommes. Elle se sentait bouleversée chaque fois qu'elle réveillait d'une caresse leur queue molle » (page 209). L'auteur nous raconte donc un passage de l'histoire de chacun des personnages, qu'ils soient importants ou non, voire de personnages qui n'ont aucun rôle dans l'histoire comme Anton à la page 56. Régis Jauffret nous parle de lui pendant quelques lignes puis nous n'en entendons plus parler. Nous pouvons donc nous demander quel est l'intérêt de nous faire partager cela.

Deux autres personnages, victimes d'un drame, sont également assez importants, bien qu'ils n'apparaissent que vers la fin de l'oeuvre : les voisins du dessous de Tibère et Marjorie, qui se nomment Galopin et Cruche Martinet. Galopin et Cruche sont un couple de personnes âgées qui portent bien leur nom de famille. En effet, ils ont en quelque sorte un penchant sadomasochiste ; par exemple, Galopin prend un plaisir non dissimulé à donner des ordres à sa femme et à l'humilier (en l'obigeant à dormir sous le lit par exemple) et cette dernière semble ravie de ces châtiments comme nous pouvons le voir à la page 173 : « Merci de me traiter avec cette douce cruauté. »


Analyse de l'oeuvre et avis personnel

Régis Jauffret utilise ici un style assez simple, malgré des comparaisons ou des métaphores plutôt étranges comme lorsqu’il évoque le sexe de Tibère dont Marjorie « avait peur comme d'un assassin » (page 106). Le langage des personnages est relativement cru et la plupart des conversations ont un seul et même sujet : le sexe. Ainsi, nous observons tout au long de l'histoire la personnalité névrosée de Marjorie, sa phobie et ainsi la frustration de Tibère, ce qui devient assez lassant. Cette histoire tourne un peu en rond et m'a parfois ennuyée, j'ai attendu en vain un événement qui aurait changé le cours de l'histoire. De plus, avec tous ces personnages; je trouve que l'on se perd facilement car Régis Jauffret les met en scène pendant deux ou trois pages puis ne parle plus d’eux que pour les citer. L'histoire ne m'a pas amusée, mis à part le fait que

 

« les parents prénommaient souvent leur mioche d'un nom de biscuits, de yaourts, ou de surgelés, en échange d'un filet garni. Ils troquaient aussi leur patronyme contre une marque de soupe, de carburant, d'assouplissant, ou de papier toilette, afin de gagner une ristourne viagère sur les produits de la marque dont ils étaient devenus de pauvres cousins » (page 276).

 

Cela nous explique donc les noms étranges tels que Volvic ou Séphora. De plus, cela nous en dit long sur la vision de la société de Régis Jauffret : une société de consommation où l'argent gouverne et dans laquelle l'amour n'a plus grande importance. Nous apprenons également que l'Allemagne est « un pays baptisé depuis quelques années déjà Häagen-Dazs, et dont le drapeau aurait désormais la couleur de la vanille.» Pour conclure, l'histoire de Tibère et Marjorie n'est pas très intéressante, les deux personnages sont assez mous, surtout Tibère qui se laisse porter par les événements et n'agit pas vraiment. Or, j'aurais bien aimé voir un peu plus d'action de la part de ces deux personnages car j'ai vraiment eu l'impression que cette histoire ne menait nulle part. Malgré tout, ce livre se lit assez vite et a tout de même retenu mon attention car il offre un portrait assez incisif de la société, de la politique et de l'amour.


Marjolaine, 1ère année Bib.

 

 

 

Régis JAUFFRET sur LITTEXPRESS

 

 

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Article d'Adrien sur Les Jeux de plage

 

 

 

 

 

 

 

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Articles d' Emmanuelle et de  Lucie sur Lacrimosa

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