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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 07:00

mercredi 20 mars
 Librairie Papageno

Clermont-Ferrand

Albane-Gelle.JPG 

Albane Gellé en pleine lecture de ses textes

 

C’est dans une ambiance confortable et axée sur le partage qu’Albane Gellé a rencontré, ses lecteurs ce mercredi après-midi au milieu de la  librairie Papageno, autour de son élément, le rayon poésie. En cette semaine de la poésie, dix sept adultes sont venus assister à cet événement. Mais ils n’étaient pas seuls puisque treize enfants, certains venus avec leur institutrice dans un cadre scolaire et d’autres non, remplissaient également l’espace réservé aux spectateurs. C’était donc une réunion trans-générationnelle autour d’un genre littéraire tout aussi universel.
Albane-Gelle-L-air-libre.gif
Albane Gellé a commencé par effectuer quelques lectures de poèmes choisis dans trois de ses recueils : L’air libre, paru aux  éditions Le dé bleu, Je, cheval, publié aux  éditions Cheyne et Nous valsons, paru aux  éditions Potentille. À l’image de ses écrits, sa lecture était saccadée tout en étant très douce et sa voix était posée. Aucune théâtralisation inutile, juste un peu de ton glissé lorsqu’il le fallait, le tout mêlé d’un brin de nostalgie dans la voix de la poétesse.
Albane-Gelle-Je-cheval.gif
Puis le public a pu intervenir et un échange a débuté. Encouragée par les questions, Albane nous a confié qu’elle ne pouvait définir elle-même ses poèmes et que le public était seul juge. Elle a également précisé que ses écrits n’étaient pas spécialement à destination des enfants, bien que nous soyons dans une librairie spécialisée jeunesse, mais que l’avantage de la poésie était l’absence de ce cloisonnement entre les âges. Dans l’idéal on écrit pour n’importe qui. Daniel, libraire, a d’ailleurs complété ses propos en disant que c’était l’éditeur qui choisissait la cible des livres, souvent à mauvais escient.

La poétesse nous a ensuite expliqué pourquoi le thème du cheval revenait si souvent dans ses écrits, nous indiquant que cela venait d’une de ses passions et que le cheval avait toujours été présent dans sa vie, raison pour laquelle il se retrouve inévitablement dans sa poésie. Monter à cheval et écrire lui donne la même sensation, celle de la liberté et de la prise de risque. « Dans l’écriture, dit-elle, c’est la langue qui est le cheval. »
Albane-Gelle-Nous-valsons.jpg
Les enfants ont par la suite expliqué le contenu de leur travail sur les poèmes d’Albane Gellé en nous précisant que le thème avait été : « en toutes circonstances ». Les enfants ont travaillé sur les animaux en rédigeant des poèmes sur le modèle de ceux d’Albane et le projet finalisé a pu trouvé place dans la vitrine de la librairie.

Les questions ont repris et Albane nous a parlé de son travail d’écriture. Elle nous a expliqué qu’elle n’écrivait pas sous l’inspiration mais qu’elle était davantage dans un état d’attente permanente, de traduction de ce qui l’entoure et des sentiments que cela lui inspire. Elle rédige ensuite à partir de ses prises de notes.

L’évolution dans son style a également été abordée. Elle composait antérieurement ses poèmes sous forme de petits blocs de prose avant de passer à une écriture en vers à partir du recueil Nous valsons. Elle nous a confié son actualité, un nouveau projet, d’album cette fois, dont le texte garde toujours cette tension des mots qu’elle chérit.

Après quelques anecdotes sur la relation auteurs/éditeurs, la poétesse nous a révélé son outil pour trouver le bon mot et la bonne idée : le thésaurus, afin de ne pas ressasser le même vocabulaire mais d’innover et de partir ailleurs. Cependant, les idées lui viennent en écrivant. Elle ne choisit pas un thème avant de se lancer dans l’invention. Les mots sont le fondement de ses poèmes. Son dernier recueil représentait une contrainte presque oulipienne avec une forme de poèmes très courts en blocs. Nous avons cependant appris que cette singulière manière de composer lui est venue lors du processus d’écriture et n’était pas une contrainte préétablie comme pourrait le faire Philippe Longchamp, qui se donne des contraintes juste après son premier vers.

Un enfant a clos la rencontre en avouant qu’il trouvait que Je, cheval était un titre bizarre. Et Albane de répondre : « C’est ça qui est bien avec la poésie, on peut faire des choses bizarres. » Une belle célébration de la liberté, en vérité !


Sarah Chamard, 2e année édition-librairie.

 

 



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Published by Sarah - dans Poésie
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