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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 07:00

pieces
Cataplum est une maison d’édition fondée en 2010 à Bordeaux par Nadia Moureaux-Beugnet et son originalité est de publier des microfictions. La fondatrice de Cataplum ainsi qu’un auteur, Ricardo Sumalavia, et le traducteur d’un de ses ouvrages, Robert Amutio, nous présentent leur parcours et leur rôle.

 
Nadia Moureaux-Beugnet ne souhaite publier que des microfictions, œuvres de fiction littéraire d’une brièveté extrême. Inspirée par l’œuvre de Régis Jauffret intitulée Microfictions, elle souhaitait mettre en avant ce genre littéraire, ce qu’aucune maison d’édition française n’avait fait jusqu’alors. Elle a édité une œuvre de Ricardo Sumalavia, écrivain péruvien vivant en France depuis quelques années, intitulée Pièces (« Habitaciones »). Celui-ci a ensuite écrit des nouvelles classiques puis s’est consacré de nouveau aux microfictions, quelques-unes poétiques, d’autres humoristiques ou encore engagées, sur le Pérou. Dans les années 60, le roman total, roman sur la société, dominait en Amérique Latine. Les nouvelles, contes et microfictions n’étaient que secondaires même si Borges connut un grand succès. Ce n’est que dans les années 80-90 que les auteurs de microfictions entrèrent sur le devant de la scène, en particulier au Mexique, en Argentine, et en Espagne. La définition d’une microfiction est difficile à établir ; ce serait un genre littéraire en mutation, très proche de la nouvelle, et la différence entre les deux est ténue. Chacun a un peu sa propre définition de la « microfiction », « minifiction » ou encore « microrécit ». Ce qui est sûr est que l’instantanéité de lecture est ce qui la différencie du roman. Cependant, ce n’est pas parce qu’un auteur publie ce genre d’ouvrage qu’il n’est pas capable d’écrire un roman, par manque d’inspiration par exemple. Dans le cas précis de Ricardo Sumalavia, il s’est inspiré de la littérature japonaise et de son caractère elliptique. Le but de son écriture est d’arriver au silence, car selon lui les mots ne sont que prétextes pour arriver à ce silence et la microfiction serait davantage liée à la poésie qu’à la nouvelle, finalement.

 

Quant au traducteur, il joue aussi un rôle essentiel, travail difficile car une communication permanente avec l’auteur est nécessaire pour retranscrire le mieux possible les idées de l’écrivain. L’obligation d’opacité est importante pour tout traducteur. Robert Amutio voit la traduction des microfictions comme un défi, plus difficile que celle d’un roman : « Un roman c’est comme un marathon, il y a des moments de faiblesse et on diminue la cadence ; les microfictions c’est comme un cent mètres, elles sont courtes et denses, il n’y a aucune fausse note, tout est poli et mesuré. » Traducteur depuis une dizaine d’années, il considère que le fond doit répondre à la forme et avoir une structure forte ; il faut aussi des couleurs et illustrations parlantes (ce qui est le cas des ouvrages publiés par Cataplum, couleurs vives en première de couverture).

 

La politique éditoriale de Cataplum est de prévoir. En amont, il faut penser au long travail de traduction qui va être réalisé sur une œuvre car cela demande un contact permanent entre le traducteur et l’écrivain, comme nous l’avons vu précédemment. La durée moyenne est de trois ans entre le moment où l’écrivain propose son ouvrage à une maison d’édition (ou vice-versa) et celui où il sortira en librairie. 

 

Les deux dernières questions que l’on a envie de poser : quels sont les projets pour Cataplum ? Aucune publication d’écrivains français, ce qui montre le développement encore limité des microfictions en France, mais seulement d’écrivains espagnols ou latino-américains. 

Mais pourquoi « Cataplum » ? Parce que cela signifie « patatras » en espagnol, tout simplement ! En cherchant au hasard dans un dictionnaire, Nadia Moureaux-Beugnet est tombée sur ce mot qui lui a plu pour son originalité. Et Cataplum fut ainsi créée.

 

 

Clémence Mirat, 1ère année bibliothèque-médiathèque

 


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Published by Clémence - dans EVENEMENTS
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