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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 07:00

Andrei-Kourkov-le-jardinier-d-Otchakov.jpg
Alors que sort sa dernière traduction aux  éditions Liana Levi – Le Jardinier d’Otchakov, de l’auteur ukrainien Andreï Kourkov – je rejoins Paul Lequesne dans un café du XIVe arrondissement. Le Centre des traducteurs littéraires (situé à Arles) l'a également contacté, il y a peu, pour lui proposer de faire partie des premiers tuteurs de la Fabrique des traducteurs. Cette dernière a été créée pour encourager la formation de traducteurs professionnels dans des langues rares comme le russe, le chinois ou l'italien. Grâce à lui, nous allons mettre en lumière ce métier de passionnés, si souvent oublié du grand public, et qui pourtant est essentiel pour la diffusion et la connaissance d'une culture.



Tout d'abord, avez-vous fait des études en rapport avec le russe ou la traduction ?

Absolument pas. Vous savez, beaucoup de gens de ma génération sont venus à la traduction par hasard. Je n'ai personne d'origine russe dans ma famille. En fait, j'ai appris le russe en première langue au lycée de Rueil-Malmaison. Mes deux grands-pères étaient résistants, mes parents avaient souffert de la guerre, et il était impensable pour eux que l'on puisse apprendre l'allemand. Or, au lycée de Rueil, il n'y avait, en première langue qu'anglais, allemand ou russe, cette dernière langue, pour différentes raisons, étant privilégiée par le censeur de l’établissement. Par ailleurs, choisir le russe, je l’avoue, m’avait paru à l’époque un bon moyen de me démarquer de mes camarades : j’ai toujours été méfiant face au consensus et aux choix « obligés ». Par la suite, j'ai intégré une classe préparatoire puis une école d'ingénieur, tout en continuant à étudier le russe : c’était formidable, j’étais à peu près le seul élève. Mon diplôme en poche, j'ai commencé à travailler chez EDF comme ingénieur-chercheur. Au bout de quelques années, ce travail ne m’a plus contenté, je m’ennuyais, et surtout la passion du russe et de la littérature prenait une place dans ma vie de plus en plus envahissante… Un peu par hasard, je me suis mis à traduire.



Mais l'apprentissage de cette langue ne vous a-t-il pas paru trop difficile ?

Non, pas du tout. Il y avait un côté amusant avec ce nouvel alphabet, et surtout, nous avons eu pendant toute notre scolarité une professeur fabuleuse. Le cours de russe était celui que nous attendions avec impatience avec mes camarades. Tout de suite nous avons été plongés dans une littérature inouïe, nous apprenions des chansons, des poèmes, etc. Nous étions tous assez brillants, au point que notre professeur a présenté la moitié de la classe de russe au concours général.



Vous rendez-vous régulièrement en Russie ?

J'y allais assez souvent quand j'étais plus jeune, mais pour des raisons familiales et économiques, cela fait treize ans, hélas, que je n'y suis pas retourné — le temps passe à vitesse désastreuse. Mais cette année sera la bonne : je suis invité à Moscou en décembre.



Ainsi, vous étiez assez jeune lorsque vous vous êtes rendu pour la première fois en U.R.S.S. ; quels en sont vos souvenirs ?

Effectivement, j'avais douze ans. J'en garde un souvenir impérissable. La première chose qui me vient à l'esprit est que ce fut la première fois où je suis allé à l'opéra de ma vie ; une première expérience au Bolchoï, quand même ! À quinze ans, j'y suis retourné pour passer deux semaines dans un lycée moscovite, un voyage organisé par notre professeur de russe.

La Russie est un autre monde, surtout à l'époque de l'Union Soviétique. C'était alors comme débarquer sur Mars. Les rapports avec les gens et les rapports économiques étaient totalement différents de ce qu’on connaissait en France. La dictature se sentait, et les gens étaient très prudents, évitaient d’aborder les sujets sensibles, mais Viktor-chklovski-Zoo.gifon pouvait observer une énorme solidarité entre eux. Et puis il y avait un tel appétit, une telle curiosité pour l'étranger, à la limite du merveilleux, sans parler de l'aura de sympathie dont jouissaient et jouissent encore là-bas les Français ! En outre, en tant qu'étudiants, nous jouissions d'une liberté totale que nous ne connaissions pas chez nous, ni à l'école ou ni à la maison.

J'ai également fait de belles rencontres littéraires, comme avec Victor Chklovski : Zoo. Lettres qui ne parlent pas d'amour ou la Troisième Héloïse. Je l'ai découvert à la Librairie du Globe (une des deux grandes librairies russes de Paris) ; ce fut un de mes rêves de traduction, une de mes révélations, et j'ai eu le bonheur, bien des années plus tard, de le retraduire.



Quelle fut votre première traduction ?

Ce fut une histoire d'Alexis Konstantinovitch Tolstoï, un très lointain cousin de Léon Tolstoi. Un récit de vampires : Oupires. La chose était intéressante en soi, par son originalité et sa qualité d'écriture. Mais surtout, l’auteur avait écrit lui-même un récit directement en français, La Famille du Vourdalak — autre histoire de vampires, devenue un classique de la littérature fantastique et figurant aujourd’hui dans toutes les bonnes anthologies —, qu’il avait traduit en russe de son vivant. Ainsi, je disposais non seulement d'un modèle du français de l'auteur mais aussi de la manière dont on traduisait ce français-là à l'époque.
 
Il y a aussi un autre auteur que j'ai découvert : Alexandre Grine, dont j'avais lu très jeune L'Attrapeur de rats traduit par Paul Castaing. J'ai toujours aimé traduire, je me souviens qu'au concours général, on avait souvent affaire à des textes assez complexes. Parmi les sujets de concours, par exemple, on trouvait la première page de L’Envie de Iouri Olecha, texte sur lequel j'ai pris un plaisir fou à travailler.

J'ai cherché un éditeur pour un recueil de nouvelles d'Alexandre Grine, j'ai rencontré Vladimir Dimitrijevic qui dirigeait les  Éditions de L’Âge d'homme. Il avait peu de moyens financiers, mais était prêt à les publier. Par la suite, j'ai rencontré Michel Parfenov, directeur des  éditions Solin, qui cherchait un traducteur pour des textes inédits de Mikhaïl Boulgakov. Ce fut ma première traduction publiée. Boulgakov ! Je me pinçais pour vérifier que je ne rêvais pas. Assez vite j'ai réussi à obtenir une bourse du CNL (Centre National du Livre) pour pouvoir continuer la traduction. Entre-temps j'avais arrêté de travailler chez EDF, et ce qui était un passe-temps assez prenant est devenu mon activité principale.

Au cours de ces années-là j’ai eu l’occasion de rencontrer trois grands maîtres de la traduction : Michel Parfenov, bien sûr, mais aussi Jacques Catteau et Anne Coldefy, auxquels je dois une reconnaissance infinie. Des rencontres de quelques heures seulement, parfois, mais qui m’ont énormément appris.



Vivez-vous bien de votre travail ?

Traduire demande un immense travail intellectuel, qui nécessite beaucoup de recherches, et malheureusement, la rémunération n’est jamais à la hauteur du travail fourni. Les traducteurs ne vivent que rarement de leur métier, ils ont souvent une deuxième activité, ou bien des rentes, ou bien un mari riche — ce qui n’est pas mon cas, hélas. Nous ne sommes qu'une minorité à tenter de vivre de la traduction littéraire.



Quel est le prix d'un feuillet de traduction du russe ?

Cela peut varier entre 18 et 25 euros et même pour une langue rare comme le russe, la rémunération moyenne ne dépasse guère 20 euros. Il y a quelques années, j'ai travaillé pour 25 euros le feuillet, mais les tarifs ont une fâcheuse tendance sinon à diminuer, du moins à stagner, alors que les prix, eux, grimpent en flèche. L’ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France) a engagé sur ce sujet une grande réflexion et entamé des négociations avec les éditeurs.
Boris-Akounine-La-maitresse-de-la-mort.gif


Combien de temps, en moyenne, faut-il pour traduire un feuillet ? Par ailleurs avez-vous le souvenir d'avoir rencontré une traduction plus difficile que d'autres ?

Traduire une page peut prendre une demi-heure comme une journée, ou davantage (un mois, un an !), selon la difficulté du texte. Il y a quelques années, j'ai traduit La MaîtrBoris-Akounine-L-amant-de-la-mort.gifesse de la mort de Boris Akounine, un roman est rempli de poèmes, dont certains considérés par les personnages du texte comme excellents. La difficulté était de reproduire des poèmes en français qui fussent aussi brillants que les originaux. Traduire un sonnet de manière un peu convenable pouvait me prendre entre une journée et une semaine. La difficulté était toute différente dans son roman miroir, L'Amant de la mort. Dans celui-ci, il y avait beaucoup d'argot moscovite du début du siècle. J’ai été piocher dans les écrits de Vidocq, dans des dictionnaires du début du siècle pour forger un argot qui ne soit ni trop abscons (mais un peu tout de même parfois, le texte russe n’étant pas forcément immédiatement intelligible pour un russophone), ni trop marqué géographiquement (l’argot que nous connaissons est essentiellement parisien et lyonnais) et temporellement.



On parle souvent des principes de traduction, des « belles infidèles », qu'en pensez-vous ?

C'est un problème que l'on se pose constamment. Nous avons cette exigence morale qui fait que nous voulons être au plus près du texte, mais parfois le texte devient ainsi illisible. Traduire, c'est passer son temps à faire des compromis, c'est en ce sens un travail terriblement frustrant. Il faut trouver des astuces pour contourner, détourner les mots sans les enfreindre, en restant fidèle. Mais il faut en même temps prendre garde, car il y a toujours la tentation de rajouter des mots pour expliquer, expliciter, et l’on finit par y perdre le sens voulu par l’auteur. Dans l’idéal, une phrase ambiguë en russe devrait le rester en français.

Il y a la difficulté de trouver le bon mot, mais aussi la bonne assonance : parfois on a exactement le bon mot, mais celui-ci ne sonne pas bien dans la phrase à cause d’une allitération mal venue, par exemple, ou d’une rime inopinée au milieu d’un dialogue trivial. Alors on devra en choisir un autre pour la seule esthétique du texte. On est contraint à toutes sortes de concessions, mais chaque fois c’est comme une défaite. En même temps, mieux vaut reculer, battre en retraite, que se laisser anéantir, n’est-ce pas ?

En revanche, il est très agaçant de trouver dans des ouvrages la note de bas de page indiquant « jeu de mots intraduisible en français ». De même, en France, durant longtemps on s’est abstenu de traduire les poèmes étrangers en vers, alors que les Russes, eux, le font et le résultat est formidable. La forme en art compte bien plus que le fond.



Pensez-vous que la traduction peut évoluer ? Si un auteur a été traduit il y a longtemps, est-ce que la vision change, faut-il retraduire ?

J’ai pu lire la première traduction des Voyages de Gulliver, par l’abbé Desfontaines. Le traducteur avait « élégamment » et fièrement supprimé certains passages. D'un autre côté, cette traduction est sans doute, à mon avis, en dépit de toutes ses imperfections, sans doute une des meilleures possibles, ne serait que parce qu’elle est contemporaine de l’auteur. Il est très intéressant de voir ce qu'un lecteur de l'époque pouvait percevoir du texte. C'est un témoignage du temps avec la langue de ce temps. Lorsque l’on traduit un livre du XIXe siècle, je trouve gênant d'y introduire des termes du XXe siècle. Chaque fois que le cas, pour moi, s’est présenté, pour ne pas abolir cette précieuse distance temporelle, j’ai lu des auteurs français de la même époque, qui auraient pu être lus ou traduits par l’auteur russe dont je traduisais l’œuvre. Certes le français du XVIIe siècle n’est pas très accessible pour le lecteur moyen de nos jours, la langue change, et les principes de traduction changent aussi. Je pense que s’il y a plusieurs traductions, anciennes ou modernes, c’est toujours une bonne chose.



Y a-t-il de mauvaises traductions à votre sens ?

Très tôt notre professeur de russe avait attiré notre attention sur le fait qu'il y avait souvent plusieurs traductions possibles, et que des traductions pouvaient être imparfaites. Il y a des traductions rapides, négligées, mais une traduction est toujours une lecture restituée de ce que le traducteur en retient. Parfois, le traducteur n'en retient rien.

Récemment, on voyait en librairie le livre de John Williams Stoner, avec en bandeau : « Lu, aimé et librement traduit par Anna Gavalda ». Les traducteurs enragent car pendant des années on s'est attaché à produire des traductions les plus fidèles possibles, au rebours du laisser-aller qui a pu régner parfois, notamment avant guerre. Or ici le « librement traduit » devient un argument de vente ! Si cela avait été n'importe quel traducteur, cela ne se serait jamais passé. Peut-être revient-on à une autre vision de la traduction, plus mercantile.



Quels sont vos rapports avec les éditeurs ? Comment considèrent-ils les traducteurs ?

J’ai travaillé dernièrement pour les éditions Liana Levi, sur le roman d'Andreï Kourkov Le Jardinier d’Otchakov. J’étais en contact avec Liana Levi elle-même, qui lit tous les romans qu'elle publie. Elle relit les manuscrits aux différentes étapes de correction, n’hésitant pas parfois à supprimer des passages entiers, avec l’accord de l’auteur bien sûr. Avec ses collaboratrices, elle accomplit un vrai travail d’édition, respectueux et fructueux. De manière générale, je n’ai jamais eu de problème avec les éditeurs. Ils ont aussi leur mot à dire, et j’ai tendance à leur laisser le dernier.
 


Avez-vous déjà rencontré des auteurs que vous avez traduits ?

Oui, j'ai pu rencontrer Andreï Kourkov, mais je suis principalement en contact avec Sandrine Thévenet qui s'occupe de la préparation des textes, et de la liaison avec l'auteur. Elle travaillait auparavant dans l'ancienne maison d'édition d'Eric Naulleau, L'Esprit des péninsules. Celui-ci avait fait appel à moi pour diriger la collection russe. C'est une époque que je regrette un peu, je jouissais d’une totale liberté, et j’ai pu faire paraître des textes magnifiques qui autrement n’auraient jamais été publiés en français. J’ai eu le bonheur aussi de rencontrer Vladimir Charov, qui est pour moi le plus grand écrivain russe contemporain. Ses écrits sont d'une extrême densité, ce sont des récits emboîtés les uns dans les autres, comme les romans philosophiques du XVIIIe siècle. Je l’ai rencontré grâce aux éditions de L'Âge d'Homme, car dans les années 1990 la maison avait une filiale en Russie. Parce que l’éditeur Vladimir Dimitrijevic et Vladimir Charov étaient en froid, Les Répétitions restait en attente d'être traduit et publié. J'ai pu finalement le faire publier grâce aux éditions Solin.



On dit que le traducteur est un homme de l'ombre ; avez-vous fait des rencontres avec les lecteurs, ou des séances de dédicaces ?

J’ai eu l’occasion d’en faire quelques-unes, mais c’est quelque chose que je n’apprécie pas énormément. J’avais accompagné Andreï Kourkov au salon du livre, mais je ne me sentais pas à mon aise, je ne suis que le traducteur, je ne suis pas l’auteur. 



Mais le traducteur est un co-auteur...

Tout à fait. Dans les livres qui paraissent, aucun des mots ne sont ceux de l'auteur, ce sont ceux du traducteur qui donnent sa voix. Il arrive même que certains auteurs tiennent compte des remarques de leurs traducteurs, comme Umberto Eco qui, à partir de ces remarques, a préparé une nouvelle version du Nom de la rose.



Avez-vous déjà proposé des manuscrits d'auteurs ?

Cela m'est arrivé, mais très rarement. Car la condition financière du traducteur ne le permet pas facilement. Si l'on veut présenter des manuscrits, il faut traduire des passages, faire une biographie de l’auteur, démarcher auprès des éditeurs ; tout cela prend du temps et ne fait pas gagner d’argent. Comme j'avais décroché une bourse du CNL, j'ai pu le faire à L'Esprit des péninsules, et en tant que directeur de collection, ce fut plus facile de proposer des manuscrits qui me plaisaient.



Vous est-il déjà arrivé de traduire un livre que vous n'aimiez pas ?

Il y a plusieurs livres que j’ai traduits et qui ne m’ont que moyennement plu, comme Minotaure.com : Le Heaume de l’horreur de Pelevine ainsi qu’un livre de Dmitri Bykov, un auteur à la mode en Russie. Mais c'est vraiment personnel. Parfois, avec le recul, j'ai aimé certains livres. Comme un livre invraisemblable que j'ai traduit avec Galia Ackerman, Le Troisième Testament d’Anna Schmidt, une mystique russe de la fin du XIXe  siècle. Il y avait là des passages incompréhensibles, mais petit à petit on entrait dans cette espèce de logique irrationnelle, c’était surprenant. Comme j'étais directeur de collection pendant un certain temps, j’ai eu la chance de pouvoir porter mes propres projets. J'ai adoré traduire Les Voyages fantastiques du Baron Brambeus d’Ossip Senkovski, qui fut lui-même traducteur dans les années 1830 et qui a beaucoup fait pour la diffusion de la littérature occidentale en Russie, notamment pour des auteurs comme George Sand, Balzac, Hugo. Il les publiait dans la revue Le Cabinet de lecture, qui joua un rôle très important dans la littérature et la culture russes. Cette revue était diffusée à plusieurs milliers d'exemplaires dans toute la Russie, jusqu'en Sibérie.



Auriez-vous aimé traduire une œuvre en particulier ?

Oui, il y a les romans de Vladimir Charov qui attendent d’être traduits. C'est mon grand regret qu'il n'y ait pas d'éditeurs français pour publier ses œuvres, car ce sont des livres et des thèmes qui, s’ils font entièrement partie de la littérature russe, ont une portée universelle. Il y a aussi le dernier livre de Victor Chklovski, L’Énergie de l’erreur, testament littéraire de celui qui fut, à mon sens, l’écrivain le plus important du XXe siècle, qui attend d’être traduit depuis trente ans.



Les Russes sont-ils ouverts à la traduction et aux œuvres étrangères ?

La Russie est très ouverte à la littérature et à la culture françaises, ce sont deux littératures jumelles. La littérature russe est née avec Pouchkine, qui parlait français avant de parler russe. Son auteur préféré était Mérimée, et Mérimée est connu pour avoir été le traducteur de Pouchkine. Il y a des liens très étroits entre ces deux cultures. Ivan Tourgueniev a longtemps servi de lien entre la littérature russe et française, il a vécu longtemps en France, il était l'ami de Louis Viardot, qui fut l'un des plus grands traducteurs de Gogol et Pouchkine au XIXe siècle. On sent l'influence des auteurs russes sur Maupassant, dans Une vie ; il y a un personnage qui ressemble beaucoup à un personnage de Guerre et Paix.

La séparation est arrivée à la révolution de 1917, le rideau de fer est vraiment tombé, infranchissable. Mais même maintenant, lorsque l'on parle de littérature russe, on pense à Tchekhov, Dostoïevski, Tolstoï, alors que la littérature moderne est née avec cette révolution.



Je tiens à remercier chaleureusement Paul Lequesne pour sa gentillesse, et pour le précieux temps qu’il a bien voulu m'accorder pour cette interview. Grâce à lui, j’ai redécouvert la littérature et la culture russes, qui ne sont malheureusement pas assez connues en France, mais qui grâce au travail et à la passion d'hommes comme lui restent vivaces et ne demandent qu'à se diffuser dans le monde francophone.

 

Propos recueillis par Juliette Gallas

 

 

Bibliographie des traductions

Boris Akounine
        La Maîtresse de la mort
        L'Amant de la mort
        Bon sang ne saurait mentir
        Le Couronnement
        Erast Fandorine
        Le Conseiller d'Etat

Mikhaïl Boulgakov
         Récits d'un jeune médecin

Dmitri Lvovitch Bykov
        La Justification

Vladimir-Aleksandrovitch Charov
        La Vieille petite fille

Victor Chklovski
        Zoo. Lettres qui ne parlent pas d'amour ou la Troisième Héloïse
        Technique du métier d'écrivain

Nadejda Dourova
        Cavalière du tsar
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Alexandre Grine
        Le Monde étincelant

Andreï Kourkov
        Laitier de nuit
        Surprises de Noël
        Le jardinier d'Otchakov

Iouri Olecha
        Les Trois gros
        Pas de jour sans une ligne

Viktor Pelevin
        Minotaure.com : Le Heaume d'horreur
Alexei-Tolstoi-La-famille-du-vourdalak.jpg
Osip Ivanovitch Senkovski
        Voyages fantastiques du Baron Brambeus

Dmitri Stakhov
        Le Retoucheur : Confession d'un tueur de sang-froid

Alexis Tolstoï
        Ibycus ou les Aventures de Nevzorov
         Les Villes bleues
        Manuscrit trouvé sous un lit suivi de « Mirage » et de « Vendredi noir »
        La Famille du Vourdalak

 

 

 

 

 

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Published by Juliette - dans traduction
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