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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:00

à l’occasion de la sortie de son nouveau roman  

Mientras huya el cuerpo

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Rencontre-Contraportada.JPGC'est à la librairie espagnole Contraportada rue st James, à Bordeaux, transformée pour l'occasion en petit auditorium autour de l'auteur Ricardo Sumalavia, que se déroule l'entrevue ou plutôt la conversation entre l'auteur et son public hispanophone.

Après une brève présentation biographique et bibliographique, Ricardo Sumalavia nous en dit en peu plus sur sa filiation littéraire: d'Italo Calvino à Paul Valéry, sans oublier Beckett, dont il a choisi une des phrases comme titre de son nouveau roman.

S'ensuit un discours sur le processus complexe qu'est le travail d'écriture, notamment concernant la rédaction de nouvelles, dont trois recueils ont été publiés en espagnol, ainsi qu'une traduction française aux éditions  Cataplum (voir  l’entretien avec Ricardo Sumalavia et Robert Amutio à l'occasion de la parution de Pièces).

Comment reconnaître la dernière phrase d'une nouvelle ? Sait-on vraiment si celle-ci se termine là où l'auteur pose le mot de la fin ? Ou continue-t-elle à évoluer dans l'esprit de son auteur, pour influencer ses autres écrits ?

Comme Ricardo Sumalavia nous l'explique, pour lui, une nouvelle n'est que partiellement achevée tant qu'un de ses éléments narratifs n'est pas rappelé, même brièvement, dans une suivante.

Son dernier roman s'inscrit lui aussi dans une continuité d'écriture, celle de sa trilogie Levadad, dont il est le deuxième volet.

Au premier abord, cet intitulé témoigne de l'intérêt de l'auteur pour cet état de suspension que procure l'écriture, lui qui grâce à elle souhaite faire entrer le lecteur dans le monde qu'il imagine, mais témoigne aussi de son intérêt pour la fragilité des corps et des êtres humains.

Dans ce roman, Mientras que huyo el cuerpo, Ricardo Sumalavia fait le choix d'un genre particulier, très peu développé au Pérou, bien qu'en hausse, parallèlement à l'augmentation de la violence dans le pays : le néo-polar, qui met en scène un détective privé « hallucinant », inspiré d'un homme que l'auteur a rencontré en Amérique du sud.

Le héros de ce roman, Apolo, faisait autrefois partie de la police nationale dans les années 1990, mais à la suite de la mise en place d'un gouvernement de répression avec l'élection d'Alberto Fujimori, il décide de ne plus être le pantin d'une morale arbitraire et despotique.

Ainsi, l'ancien policier quinquagénaire s'occupe désormais la plupart du temps de vulgaires histoires d'adultère, très répandues, et ne se fait guère plus d'illusion sur les vertus de l'amour marital.

Il n'est donc pas étonné lorsqu'une vieille femme vient lui demander ses services après que sa fille a été assassinée par son mari un matin dans une ruelle, alors que leur relation semblait stable et solide.

C'est au travers de cette intrigue simple et néanmoins délicate, que Ricardo Sumalavia a su réutiliser son propre savoir, son vécu, et a pu traiter de sujets lui tenant particulièrement à cœur.

On retrouve ainsi, comme dans beaucoup de ses nouvelles, la prépondérance du thème de l'identité.

La réflexion sur les différentes dimensions de la personnalité se traduit par un découpage particulier du roman : une première partie consacrée à la vie professionnelle du narrateur en tant que détective privé, alors nommé Apolo.

Puis dans une seconde partie l'auteur souhaite nous faire partager « l'illusion de la dispersion » qui réside en chacun de nous : le sentiment oppressant de perdre parfois le fil de ses pensées, au milieu d'un brouhaha de réflexions furtives ou infinies. Ainsi, l'individu dans son entité privée, débarrassé de ses attributs professionnels, n'est autre qu' Apolinario.

Ce jeu sur les noms est issu de l'expérience personnelle de Ricardo Sumalavia, dont le prénom a toujours balancé entre deux pôles : Ricardo pour la vie courante et sociale, Ernesto dans la vie familiale intime.

Entre polar et fantastique, balançant entre différentes situations d'énonciation, cet ouvrage reste un roman au registre inclassable, que les hispanophiles peuvent d'ores et déjà découvrir aux éditions Estruendomudo. Pour ceux qui ne seraient pas des virtuoses de la langue de Borges, sachez que la publication d'une traduction de «Mientras que huya el cuerpo» par Robert Amutio devrait voir le jour ces prochains mois.

 

 

Laura Izarié, Mylène Rhétat, Lucie Phillippe, Laurette Pourret, 2e année bib.

 

 

Ricardo SUMALAVIA sur LITTEXPRESS

 

Ricardo Sumalavia Pièces

 

Entretien avec Ricardo Sumalavia et Robert Amutio à l'occasion de la parution de Pièces.

 

 

 Article de Julie sur Pièces.

 

 

 

 

 

 

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Published by Laura, Mylène, Lucie, Laurette - dans EVENEMENTS
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