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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 07:00

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Ricardo SUMALAVIA
Pièces
 éditions Cataplum
Titre original : Habitaciones
(Editions Pedernal, Lima, 1993)
Traduit de l'espagnol (Pérou)
par Robert Amutio.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Carte-Perou.jpgN'avez-vous jamais rêvé de partir en voyage, de visiter un pays inconnu, exotique, une ville étrangère ? Que trouve-t-on là-bas ? De quoi est composé le quotidien ?

Ricardo Sumalavia propose de nous guider dans la ville de Lima, au Pérou, grâce aux douze microfictions de son recueil Pièces, dont le titre original est Habitaciones.

 

Avant de partir pour ce pays lointain, il convient d'expliquer qu'une microfiction est un récit bref ou une anecdote, une atmosphère, une expérience qui sont évoquées avec un minimum de mots. La ville de la Lima et ceux qui l’habitent nous apparaîtront donc très furtivement, mais l'auteur explique que, « dans la nouvelle, de manière paradoxale, la brièveté, la tendance au minimum exprimable par notre langage, l’illusoire silence, élargissent et excèdent leur propre monde. » C’est donc grâce à ces récits courts emplis de non-dit que pourra se développer notre imaginaire.

La ville de Lima est certainement le personnage principal du recueil, puisqu'elle apparaît dans chaque histoire. Le lecteur peut ainsi, dans la nouvelle « Le sel des mains », se promener à loisir sur les bords de l'océan Pacifique » en imaginant le travail du vieil homme qui a décidé de prendre sa retraite, ou, dans « Les rois parfois », observer l'agitation de la ville avec Vivian depuis la fenêtre de son hôtel.

Chaque lieu suscite la pensée, les émotions d'un personnage. Les clochers de Lima évoquent pour la narratrice de « Les clochers s'effondrent » un souvenir heureux, une situation amoureuse qui se dégrade en même temps que le titre de la nouvelle. Seule la carte qu'elle envoie à Bothello de Matthos témoigne de ce moment de bonheur puisqu'il s'agit d'une photographie devant l'un de ces clochers, alors que son couple vivait encore le grand amour.

Lima est omniprésente, elle semble être une part indissociable de chaque personnage, s'associant à leurs souvenirs.

 

 

Panorama de la ville de Lima

« […] ce pont avec sa double chaussée asphaltée, chaude, bouillante, à cause du soleil gênant qui est parti depuis de nombreuses heures [...] » (« Elle Bleue »).

« Virginia se rendit chez un marchand de disques entre les rues Junín et Azángaro, qui est maintenant fermé [..] » (« Les Rois Parfois »).

« À côté de chez moi, il y a une très petite église ».

« D'autres après-midi, j'ai visité les musées d'histoire naturelle » (« Du chant dont nous sommes témoins »).

Nous pourrions considérer ces douze histoires comme douze appartements d'un même immeuble, symbolisant Lima. Les personnages évoluent dans un même lieu mais ne se parlent pas, leurs vies restent cloisonnées même s'ils se croisent. Chaque nouvelle est indépendante des autres mais a pour cadre principal la ville de Lima. Cela explique la diversité des personnages car l'auteur a certainement voulu offrir un aperçu de la population de cette ville. Dans ce recueil, il est donc possible de rencontrer des hommes et des femmes de tout âge, de toutes les professions, aux caractères bien distincts. Ainsi, dans la nouvelle « Le sel des mains », c'est l'écart entre générations et la transmission d'un savoir lié au travail qui sont évoqués. Un homme, cloué sur son lit d'hôpital, sombre peu à peu dans la folie et fait part de ses divagations dans le texte «( Du chant dont nous sommes témoins »).

La nouvelle « Ce qu'il y a de plus proche de la nuit » développe quant à elle le thème de la nostalgie et explique la relation qu'entretient un jeune homme avec les habitants de la ville de Lima.

« Je suis sur mon lit, je suis nu et j'ai très froid ; je viens de faire l'amour et elle est partie. Je me penche par la fenêtre avec l'envie de reconnaître les gens et les appeler par leurs noms un par un ; ça m'est impossible car les piétons se trouvent à plus d'un pâté de maisons et je ne parviens pas à les distinguer à cause du faible éclairage. Alors je préfère rester chez moi à regarder la télévision. » (« Ce qu'il y a de plus proche de la nuit »)

Lima est donc une ville peuplée d'anonymes. Pièces nous permet d'entrevoir des fragments de leurs vies, qui disparaissent dés l'histoire suivante. Lorsque l'on commence ce recueil, la préface nous avertit de sa composition décousue, et je crois qu'il ne faut pas chercher un sens aux phrases de l'auteur mais plutôt accepter de se laisser guider par son ressenti. La visite de Lima n'en sera que plus belle.


Julie, 1ère année Éd.-Lib.

 

 

 

Entretien avec le traducteur, Robert Amutio, ci-dessous.

 

 

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Published by Julie - dans Nouvelle
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