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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 17:51

Braitigan-Journal-japonais.gif














Richard BRAUTIGAN
Journal japonais
traduit de l'américain
par Nicolas Richard

Le Castor Astral, 2003










Né aux États-Unis en 1935, Brautigan avait moins de dix ans pendant la Seconde Guerre mondiale, et il a haï les Japonais comme tout enfant américain baigné dans la propagande.

Il en a tué, des Japonais, entre ses six et dix ans.

Et puis la guerre s'est terminée et il s'est désintéressé du peuple nippon, maintenant qu'il avait perdu.

Pendant des années, Brautigan a grandi avec la conviction que les Japonais étaient des « infra-humains ».

C'est à dix-sept ans qu'il prend un nouveau départ avec le Japon et le voit sous un nouveau jour, grâce à sa poésie. Issa et Basho deviennent ses auteurs de chevet, il s'intéresse au raffinement de la peinture nippone, à la culture de ceux qu'il considère désormais comme un peuple civilisé, sensible et amical. À partir de cet un instant, il sait qu'il ira au Japon un jour.


Et il ira. Plus de vingt ans plus tard, il ira. Malgré son dégoût des voyages.

Il y écrira son Journal japonais, plus recueil que journal, dans lequel il déposera ses impressions, croquées par de petits haïkus en hommage à ses poètes favoris, mais également par des poèmes plus « occidentaux ».

Assez original par sa forme de recueil, Journal japonais est aussi déstabilisant par son contenu : Les courts textes sont de petits instantanés de situations, d'impressions auxquelles il est difficile parfois de s'accrocher. Des références personnelles ponctuent les textes, les mots sont mis à nu, ils ont pour fonction première de rappeler un détail, une situation à celui qui les écrit. Les poèmes sont subtils, dépouillés et humbles, mettant en avant l'impression première du voyageur dans sa simplicité. Nul besoin de description, c'est le sentiment dans sa pureté qui est noté. C'est ce sentiment de trop, de tant qui ressort dans ce livre. Tous les sens en éveil, le voyeur s'oblige presque à se concentrer sur de petits détails qui peuvent être dits sans perdre trop de temps. On retrouve également l'impression que Brautigan se concentre pour croquer ses textes rapidement, pour ne pas perdre le fil de la vie japonaise qui continue de passer à côté de lui.

Certains poèmes ont été terminés après son retour aux États-Unis, ce qui renforce cette idée. Brautigan a pris le parti d'écrire pendant son voyage, mais pour ne rien louper, il écrit clair, il écrit juste. Droit au but. Seulement l'important ; le reste, il peut le voir et le vivre.


Citation de Jim Harrison (Légendes d'automne, Entre Chiens et Loup, ...) à Brautigan à propos du livre (http://www.alapage.com/m/ps/mpid:MP-BE525M2076139#moid:MO-BE525M3511632) :


« Que veux-tu que je te dise ? Rien ne m'a plus touché que ton travail, si peu maniéré et si exact dans son insistante nudité.
Tout le contraire d'une juxtaposition de paroles : bel et bien un Livre.
Un long poème qui offre sa générosité par fragments, sous la forme légendaire, peut-être inconsciente, du périple.
Il y est question du courage et de la solitude majestueuse nécessaires pour s'embarquer vers ces terres étranges : à la fois le Japon et la vraie nature du poète, ce lieu où plus rien ne nous empêche d'avouer et de tout louer.
J'aime ce livre car c'est une chanson vraie qui n'annonce aucune lumière au-delà de sa brillance propre.
Mais ce que l'on y trouve surtout, c'est cette pureté vers laquelle, en cette drôle de dérive, nous croyons maintenir le cap. »


Flore, 2e année Éd.-Lib.



Richard BRAUTIGAN sur LITTEXPRESS

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Article de Léa sur Un privé à Babylone









articles d'Adèle et de Marianne sur La Pêche à la truite en Amérique.

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