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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 07:00

Pour la scène de mercredi, on se rappellera juste que c'est la lumière qui guide le poète.

 

Mis dans un recoin, il peut ainsi s'installer à une table et nous faire connaître ses poèmes de voyage.

De sa voix très lente et extrêmement sonore, Jean Daive nous conte ses pérégrinations et ses sensations au hasard de quelques lieux. Il semble s'adresser à une femme. Sa voix est belle et nous berce et nous entraîne dans la découverte, ici Vienne, là Patmos, puis Venise. Pas besoin de la scène, nous sommes déjà ailleurs.

Une femme arrive. Naomi Mutoh. Elle est sur scène. Enveloppée d'un grand drap. Elle est peut-être la femme évoquée par le poète, une mariée, un fantôme ou bien un monstre.

Elle danse, vibre, sautille. Femme désarticulée au visage grimaçant.

Elle nous semble trop présente et parasite l'écoute du poète.

Le son de la guitare se fait attendre. Il vient heureusement mais seulement à deux reprises. Faisant usage de sampler puis d'un archet, Laurent Paris accompagne formidablement bien les mots du poète dont on retiendra, à Venise :

«(...) Soudain l'orage

indique musicalement

l'idée de la mémoire dans l'aorte (...) »

 

 

Et puis, il y a eu le samedi.

Le samedi, c'est l'envoûtement au Butô.

C'est l'histoire ancienne de Médée dite et contée avec des mots qui tapent, qui frappent. Et c'est Médée qui frappe. Elle tue ses enfants pour se venger de son mari ouvertement infidèle.

C'est Pascal Guignard qui conte et nous raconte. Chance inouïe que nous avons d'entendre la voix du conteur contant ce conte réinterprété.

C'est lui donc qui donne à voir un peu plus la fresque de Pompeï qu'il mentionne déjà dans Le Sexe et l'Effroi.

Puis, il s'arrête. Laisse la place à Carlotta Ikéda, la danseuse.

La danseuse vêtue d'habits japonais, très doucement puis en accélérant ses mouvements, donne sa version dansée du conte.

Des lumières, jeux d'ombre, sorte de kaléidoscope soulignent ses gestes. De face, de côté.

C'est beau, c'est très beau. C'est ensorcelant. Avec la musique, rare, faite de multiples sons captés çà et là ; le feu crépite quand la mer s'agite.

La danse, les rythmes sont plus vibrants encore. Un soleil est apparu...

Puis les bras et les gestes de la danseuse s'agitent, son visage blanc se fige plus intensément et pleure. Dans une musique assourdissante, Médée tue ses deux enfants.

On sent juste à la fin, lorsque la pièce est finie, au seul salut japonais que se font l'écrivain et la danseuse, toute la collaboration et le travail immense de création qui a permis de faire émerger une telle puissance.


Claire, A.S. Éd.-Lib.

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Published by Claire - dans EVENEMENTS
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