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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 07:00

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Roald DAHL
James et la grosse pêche
Titre original
James and the Giant Peach, 1961

Traduction

Maxime Orange

Gallimard, Blanche, 1966
Nouvelle édition
Folio junior, 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roald-Dahl.jpgNé en 1916 au Pays de Galles, il est cependant d'origine norvégienne. Il vit son enfance dans une famille aisée. Jeune homme, il a soif d'aventure et devient pilote de chasse dans la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale. Il commence sa carrière d'écrivain en écrivant des nouvelles pour adultes. Il se lance ensuite dans l'écriture pour la jeunesse avec son tout premier roman en 1961, celui que nous allons découvrir. Dans ses ouvrages destinés aux enfants, Roald Dahl explique qu'il essaie « d'écrire des histoires qui les saisissent à la gorge, des histoires qu'on ne peut pas lâcher. Car si un enfant apprend très jeune à aimer les livres, il a un avantage dans la vie ». Il décède en 1990, après le grand succès de son roman Charlie et la chocolaterie.



Résumé

James Henry Trotter a quatre ans au début de l'histoire, il fête son anniversaire avec ses parents. Son père lui promet de lui offrir un voyage à New York, ville magique qu'il veut lui faire découvrir. Fils unique, James vit avec sa famille en Angleterre. Après la mort mystérieuse de ses parents, il est confié à ses ignobles tantes Piquette et Éponge qui vont lui faire vivre les pires moments de son existence. Un beau jour, alors que James exécute les tâches données par ses tantes dans le jardin, il rencontre un vieillard qui va lui offrir un sac de graines. Graines qui vont bouleverser le cours de son existence. Ce sont elles qui vont faire naître auprès du pêcher de ses tantes, qui ne fleurissait jamais, une immense pêche, plus grande que la maison du jeune garçon.



Un monde magique

Le monde de James H. Trotter qui est peint par Roald Dahl baigne très rapidement dans un univers fantastique, monde qui dépasse le réel. Dès la première page, nous apprenons la mort des parents de James ; cette mort n'est pas une mort ordinaire, car tous deux « furent dévorés [...] par un énorme et méchant rhinocéros échappé du jardin zoologique ». La magie entre véritablement dans le récit lorsqu'un vieillard rencontre James dans le jardin de ses tantes. La scène est très sombre, il fait nuit la seule lumière qui guide James est celle de la lune. Il a froid et est apeuré. Soudain, ce vieillard, venu de nulle part, s'adresse à lui pour lui donner un sac de petites graines constitué de mille langues de crocodiles, d'un bec de perroquet et autres ingrédients étranges. Le vieillard lui indique que « sur la première chose qu'elles rencontreront, elles pratiqueront leur magie noire ». Le vieillard disparaît et James laisse s'échapper toutes les petites graines. Ainsi va mûrir une pêche sur le pêcher, jusque là sans vie, de ses cruelles tantes. La vie reprend et cette pêche devient très rapidement plus grande que la maison habitée par James.

Cette histoire appartient au fantastique car le fond de l'histoire semble souvent très réaliste, bien que romancé, et il est interrompu par des scènes totalement irréelles. Le monde magique est incarné par la pêche qui va devenir un royaume de l'imaginaire. James va entrer dans la pêche pour y vivre avec ses compagnons de route une histoire fantastique coupée de toute réalité. Réalité qu'il retrouve dès qu'il sort physiquement de cette pêche. La pêche, c'est le monde de l'imaginaire qui surprend les personnages extérieurs, ceux qui n'y sont pas entrés et qui la voient. Des marins restent bouche bée lorsqu'ils voient cette pêche géante survoler les eaux de l'Atlantique depuis leur bateau, le Queen Mary, parti d'Angleterre pour les États-Unis, ils s'étonnent de voir « un petit garçon en culotte courte » à bord d'un « espèce de coccinelle géante ».



Un univers poétique

Cette pêche arrive de façon symbolique comme un immense soleil jaune orangé au milieu d'un paysage grisâtre. En la découvrant, on l'imagine resplendissante tel le soleil couchant dans la baie du Havre de Monet. L'image de la pêche, d'une douceur sucrée est très poétique.

À six reprises, l'auteur insère des monologues dans cette histoire, semblables à des poèmes, en vers à rimes croisées, prononcés par certains des personnages, les tantes et le mille-pattes qui chante par exemple :

« J'ai mangé des tas de croquettes de crottin,
D'innombrables boulettes de hanneton,
Des œufs de serpent brouillés au gratin,
Des frelons cuits dans le goudron ».

Ces poèmes résonnent dans l'histoire comme des chansons que l'enfant peut fredonner. Une adaptation cinématographique de James et la grosse pêche a été réalisée en 1996 par Henry Selick, intitulée James et la pêche géante. Dans ce film, les personnages chantent tous les passages du roman écrits en vers.


De l’humour

Les romans de Roald Dahl regorgent d'humour et de poésie comme en témoignent les prénoms des tantes Piquette et Éponge ; ces noms parlent d'eux-mêmes et sont très faciles à mémoriser pour un enfant. Roald Dahl crée pour mieux toucher. L'humour de Roald Dahl passe donc par le langage. Ainsi, lorsque la grosse pêche qui vole dans les nuages, arrive à New-York, les sapeurs-pompiers s'exclament : « c'est une gorgone ! C'est un serpent de mer ! C'est un lunosaure ! C'est un manticore ! C'est une joubarbosse !c'est une opotruche !». Roald Dahl invente des termes qui pourraient être sortis de la bouche d’enfants (pourtant prononcés par des adultes !) il les énumère et surenchérit comme aiment à le faire les enfants.

La description de certaines situations par l'auteur est elle aussi amusante. Lorsque les habitants de New York voient la pêche géante au dessus de la ville, il nous raconte que « le maire de New York appela le président des États-Unis à Washington[...] Le président, en train de prendre son petit déjeuner en pyjama » annonça « la plus grosse bombe de tous les temps ». Le Président nous est décrit comme un personnage ordinaire, l'imaginer en pyjama prête à sourire.



Les personnages

Les parents de James : dès le début du roman, à la première page, nous prenons connaissance de leur mort. Ils ne seront donc pas physiquement présents dans le roman mais ils existeront au fil de l'histoire à travers la pensée de leur fils James. En quête de cette ville qu'ils lui avaient promis de lui faire découvrir : New York. Et c'est dans ce but précis que James va accomplir une traversée de l'océan a bord de sa pêche géante. Le souvenir de la disparition de ses parents hante la pensée du jeune homme, et même si sa pensée est ailleurs, les tantes de James n'oublient pas de lui répéter sans cesse comment ses parents sont partis.

Les tantes de James : Tante Piquette et Tante Éponge. Deux personnages qui sont comme très souvent dans les romans de Roald Dahl, très caricaturaux. L'une, Piquette, est comme son nom l'indique « mince comme un fil et sèche comme un os rongé , aussi longue, aussi décharnée qu'un vieux tisonnier rouillé » tandis que l'autre « était une montagne de graisse, ronde comme une soupière », c'était « une horrible ogresse ». Des descriptions très imagées qui offrent à l'enfant lecteur la possibilité de se faire assez rapidement une image précise des ces bonnes femmes. Sur le plan physique tout les oppose mais toutes deux se complaisent à faire vivre à James un véritable enfer, elles sont vulgaires, méchantes, grossières, sadiques et avares. Tout ce que les parents de James n'étaient pas. Ces deux femmes terrorisent le jeune enfant.

Les animaux : lorsque James entre dans le monde magique de la grosse pêche, il y découvre des animaux : une araignée, un vieux grillon, une coccinelle, un mille-pattes, un ver. Très rapidement une très grande complicité naît entre James et les animaux qui sont d'un extrême gentillesse. Comme souvent dans les livres pour enfants, les animaux sont personnifiés, ils parlent et agissent avec une grande amitié. Bien plus de sentiments émanent des animaux dans cette histoire que des tantes de James, si sauvages. Ici les rôles sont inversés, les tantes sont plus « animales » que les insectes compagnons de route de James.



Échos d’autres récits

À la façon de Jacques et son haricot magique, James va semer des graines, celles qui vont faire naître chez lui le rire et la magie.

Le personnage de James est également celui d'un enfant-héros auquel le lecteur peut s'identifier, il en est de même par exemple dans Mathilda, autre roman de Roald Dahl écrit en 1988. Ici aussi le récit de l'enfant commence lorsque celui-ci est âgé de quatre ans.

D’autre part, tout comme Charlie avant qu'il ne découvre la magie de la chocolaterie, James vivait dans l'insalubrité, la solitude et la pauvreté. Le rêve existait dans son imaginaire avant qu'il n’entre dans sa vie. Dans cet ouvrage écrit en 1961, Roald Dahl semblerait nous offrir les prémices de ce que sera son livre Charlie et la chocolaterie écrit en 1964. En effet, lorsque James entre dans les entrailles de la grosse pêche, il y découvre un mille-pattes qui décide de rompre avec ses dents la branche qui retenait la pêche à l'arbre du jardin de ses tantes. Ainsi la pêche se décroche et roule dans la ville :

« Au bout de la rue, la pêche traversa impitoyablement un énorme bâtiment en laissant deux trous béants dans les murs. C'était une fameuse fabrique de confiserie. Aussitôt, un torrent de chocolat fondu, tout chaud encore, jaillit par les brèches. Au bout d'une minute la masse onctueuse et brune avait envahi toutes les rues du village, les maisons, les boutiques et les jardins. Les enfants se promenaient dans les flots de chocolat fondu [...] ».

Ce bâtiment serait-il déjà celui que Charlie découvrira trois années plus tard aux côtés de Willy Wonka ?



Le livre se termine sur des mots de l'auteur qui s'adressent directement à son lecteur pour lui confier que cette histoire lui a été racontée par James en personne.

Les livres de Roald Dahl ont toujours une saveur exquise, ici celle d'une pêche sucrée, parfois celle d'un onctueux chocolat, tel est l'univers sensoriel dans lequel on plonge avec délice.

 

 

Marine, 2e année Bib.-Méd.

 

 

Roald DAHL sur LITTEXPRESS

 

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 Article d'Hortense sur L'Invité.

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Published by Marine - dans jeunesse
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