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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 07:00

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Robert Louis STEVENSON
Le Club du suicide
Gallimard

Folio 2 €, 2003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie de l'auteur 

 

 http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-robert_stevenson-1425.php       

 

Stevenson, auteur du célèbre Étrange Cas du docteur Jekyll et M. Hyde et de L'Île au trésor, nous livre ici un recueil de trois nouvelles : Le Club du suicide, composé de « L'histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème », « L'histoire du docteur et de la malle de Saratoga », et « L'aventure du fiacre ». Ces trois nouvelles sont tirées du recueil Les Nouvelles mille et nuits publié en 1882 et composé de six parties (dont la première est « Le Club du Suicide »).

 

Dans ces trois nouvelles, les personnages principaux sont le Prince Florizel de Bohême et son Grand Écuyer, le colonel Géraldine. Le lien entre eux est très fort, malgré leurs statuts hiérarchiques différents. Une confiance, une complicité et une immense amitié règnent entre eux. Le Prince,

« homme placide dans la vie de tous les jours, et habitué à prendre la vie avec la sérénité du laboureur, […] avait néanmoins un penchant marqué pour une existence plus aventureuse et excentrique que celle à laquelle le destinait sa naissance. »

Son confident, lui, « était un jeune officier au tempérament courageux, voire téméraire. »

 « L'histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème », la première nouvelle, définit le cadre, l'histoire générale des suivantes. Elle se situe à Londres, où le Prince Florizel et le colonel Géraldine se déguisent pour aller boire quelques verres sans être reconnus. Un jeune homme entre dans ce bar et propose à chacun une tartelette à la crème ; si la personne refuse, la mange lui-même. Ils sont intrigués par le comportement de ce jeune homme, et nous le sommes d'ailleurs aussi, et acceptent la tartelette à la crème à la condition que le jeune homme, en retour, dîne avec eux. Ils vont donc accompagner le jeune homme dans la fin de sa tournée. C'est seulement à la fin du repas que le Prince va questionner le jeune homme sur les raisons de son action. Le jeune homme répond : « J'étais résolu à couronner ma vie d'absurdités par une suprême folie. » Ses seules raisons étaient donc son amusement personnel, mais aussi le fait qu'il ne lui restait que quatre-vingts livres de sa fortune, dont il avait décidé d'employer quarante à s'amuser tout au long de la journée. Il dit au Prince :

« J'ai passé une journée des plus divertissantes, jouant nombre de tours en dehors de celui des tartelettes à la crème qui m'a valu le plaisir de faire votre connaissance ».

Il garde les quarante autres livres  « à un usage particulier », celui d'entrer dans un étrange club : le Club du Suicide. Il leur propose d'y adhérer aussi, sans réellement en expliquer le fonctionnement. Le Prince, piqué de curiosité et de désir d’aventure, accepte l'offre, malgré les réticences du colonel Géraldine. Ils se rendent donc dans ce club, rencontrent le Président et y adhèrent sans en connaître le principe véritable.

 

Ils découvrent un lieu fermé, un peu enfumé, où une vingtaine de personnes s'amusent gaiement, aidées de verres de champagne. Ce club apparaît tout à fait ordinaire au premier abord ; seule la suspicion du Prince et du Colonel nous fait douter. Pendant assez longtemps, le fonctionnement du club reste mystérieux, aussi bien pour le Prince et son Grand Ecuyer que pour nous. Mais un des convives va expliquer son principe au colonel Géraldine : chaque soir, le hasard d'un jeu de cartes va désigner un « suicidé » et son « suicideur »... Le Président invente à chaque fois des stratagèmes pour camoufler le meurtre, parfois très simples, parfois un peu tordus ; il n'empêche que jamais il ne s'est fait démasquer. Le Prince et le colonel sont scandalisés par ce système, mais le Prince veut aller au bout de son entreprise : il y retourne donc le lendemain soir. Sauf que ce soir-là, par malchance mais surtout par hasard, c'est lui-même qui est désigné comme suicidé. Il ne sait comment remédier à ce destin qui lui est imposé... Le colonel Géraldine va réussir le sauver avant que son meurtrier ne l'atteigne, en simulant un faux enlèvement. Le Prince « avait beau être résolu à affronter son sort, c'est avec une joie sans mesure qu'il cédait à la force de l'amitié, et renaissait à la vie et à l'espoir. » Il décide alors de récompenser Géraldine :

« Géraldine, vous m'avez sauvé au mépris de mes ordres formels, et vous avez bien fait. Je vous suis redevable, en plus de ma vie, d'une bonne leçon ; et ce serait déroger à mon rang que de me montrer ingrat envers mon maître. Choisissez vous-même votre récompense. »

Le Prince, qui veut bien sûr mettre fin à ce club, le démanteler, décide de traquer le Président et de faire en sorte que celui-ci soit tué en duel. Géraldine s'exprime alors en ces termes : « Votre Altesse m'a autorisé à choisir ma récompense. Puis-je suggérer qu'elle confie cette mission à mon frère ? » Mais c'est une entreprise qui ne s'avérera pas si simple …

Au premier abord, on peut croire qu'il n'existe aucun lien entre la première et les deux autres nouvelles. Au début, les lieux, les personnages, et même l'intrigue, sont complètement différents. Dans « L'histoire du docteur et de la malle de Saratoga », Silas Q. Scuddamore, un Américain, assez simple et inoffensif, fortuné, étudie « les charmes de Paris du septième étage de ce qu'on appelle un hôtel meublé, situé dans le quartier latin ». Il est curieux, bavard, parfois même indiscret dans ses questions. Par une étrange machination, il retrouve un cadavre dans son lit, dont il ne sait que faire. Dans « L'aventure du fiacre », le lieutenant Brackenbury Rich, officier de profession, veut découvrir les plaisirs de Londres, mais ne sait pas tellement où aller. Il se met à pleuvoir, il monte alors dans un fiacre. Il dit au cocher de le conduire où il veut, celui-ci l'emmène à une réception chez Monsieur Morris. Donc, aucun lien. Mais c'est dans la chute que Stevenson nous surprend : on retrouve le Prince Florizel, le Colonel Géraldine, et on apprend avec stupeur que les machinations dont ont été victimes les personnages principaux des deux dernières nouvelles n'ont été que des stratagèmes du Président du Club du Suicide, qui est traqué par le Prince Florizel, Géraldine et son frère.

 

Dans ce recueil de nouvelles, il y a un thème récurrent (en dehors de celui de la mort) : le hasard. Le hasard est présent partout, dans les événements, dans les rencontres… C'est par hasard que le Prince rencontre le jeune homme aux tartelettes à la crème, et le concept du club du suicide est un jeu de cartes fondé sur le pur hasard aussi. Dans la troisième nouvelle, c'est par hasard que l'officier monte dans le fiacre qui va l'emmener au Prince Florizel. Mais surtout c'est par hasard que l'Américain ou que l'officier se trouvent mêlés à la traque du Président du Club du Suicide.

Un deuxième thème important de ce recueil est celui de la justice, incarnée par le Prince Florizel de Bohême. C'est un prince, il incarne donc une autorité supérieure qui a du pouvoir : il pourrait l'utiliser en bien comme en mal. Toute sa personne inspire le respect, Brackenbury le décrit comme suit :

« Il y avait dans cet homme […] quelque chose de si impressionnant que Brackenbury fut envahi par une respectueuse admiration […]. Chaque geste, chaque intonation n'était pas seulement empreinte de noblesse, mais semblait anoblir l'heureux mortel à qui ils étaient destinés ; et Brackenburry s'avoua avec enthousiasme qu'il se trouvait devant un souverain pour qui un homme courageux pouvait avec reconnaissance donner sa vie. »

C'est un homme bon, on peut le voir à la relation qu'il entretient avec le colonel Géraldine : loin de mettre en avant sa supériorité hiérarchique, il le considère comme  un véritable ami. De plus, en traquant et en voulant punir le Président du Club du Suicide, il ne cherche qu'à rétablir la justice. Lorsqu'il va juger les membres du club du suicide, il s'exprime, certes « avec une extrême sévérité », mais avec justice et recul :

« J'ai pitié de vous, plus que vous ne pouvez l'imaginer ; demain, chacun de vous me contera son histoire. Dans la mesure de votre franchise, je m'efforcerai de porter remède à votre infortune. »

Mélissa, 1ère année Éd.-Lib.

 

 

Lire également l'article de Léa sur Le Club du suicide et  Le Fantôme de Robert Louis Stevenson, article de François.

 

 


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Published by Mélissa - dans Nouvelle
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