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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 07:00

Robert-Walser-Retour-dans-la-neige.gif











Robert WALSER       
Retour dans la neige
traduit de l'allemand
par Golnaz Hauchidar
éditions Zoé, 1999
Points, 2006





 

 

 

 

 

 

Biographie

Robert Otto Walser est née à Bienne, en Suisse en 1878. En 1894, il est apprenti à la banque cantonale berlinoise et il a pour projet de devenir comédien, il adhère même à la Société d’art dramatique de la ville. L’année 1897 va marquer, en plus d’un enthousiasme bref pour le socialisme, sa première tentative de publication d’un poème. Malgré l’échec, il achève un premier cahier d’environ une quarantaine de poèmes.

C’est en 1898, qu’il sera pour la première fois publié dans le Bund, un journal de Berne. Il termine son premier livre en 1904, Fritz Kochers Aufsätze (Les rédactions de l’élève Fritz Kocher) qui sera publié aux éditions Insel de Leipzig. En 1906, il rédige Geschwister Tanner en six semaines à la suggestion des éditeurs Samuel Fischer et Bruno Cassirer. Il collabore en 1907, à la revue Die Schausbühne qui publiera plus de 25 textes de lui cette année-là. Les enfants Tanner est également publié chez Bruno Cassirer. Il écrit en 1908, le roman Jacob von Gunten, connu en France sous le nom de L’Institut Benjamenta. C’est l’un de ses livres les plus lus.

De 1909 à 1914, il publie peu, vit de petits boulots, il est même homme à tout faire dans plusieurs maisons et on ne connaît que de petits textes de lui pendant cette période, dont l’un intitulé « L’Homme à tout faire ». Pendant les premières années de la Première Guerre mondiale, il fait son service militaire dans différents lieux sur des missions d’un mois en moyenne. En 1916, il achève le manuscrit de Der Spaziergang, la première version de La Promenade. Il publie de nombreux textes entre 1917 et 1921 et c’est en 1925 que sera publié  La Rose, Die Rose, son dernier recueil.

Il est interné d’abord sur sa demande puis ensuite contre sa volonté dans la clinique psychiatrique de Hérisau, son canton d’origine, et il va collaborer aux nombreuses tâches domestiques de l’institution ; à partir de 1933, on ne lui connaît plus d’activité d’écrivain. En 1947, Robert Walser Der Poet d’Otto Zinniker est le premier livre publié sur l’auteur. Il va mourir le 25 décembre 1956 lors d’une promenade dans la neige.



Parcours

Il a donc publié de très nombreux petits textes en proses dans différentes revues allemandes. Avec plus de 1500 petites proses, il se qualifie de feuilletoniste : « Je m’étais déclaré en accord avec le qualificatif de feuilletoniste » (préface de Bernhard Echte).

Il a écrit sept romans dont trois ont disparu et n’ont pas été édités. Ses trois romans publiés, L’institut Benjamenta, Les enfants Tanner, La Promenade sont des livres majeurs pour les plus grands écrivains de son époque comme Franz Kafka, et Walter Benjamin entre autres.



Retour dans la neige

Retour dans la neige est publié en janvier 1999 chez l’éditeur suisse Zoé et en 2006 chez Points. Il s’agit de 25 petites proses dont trois inédites, réapparues dernièrement. Les titres sont tous évocateurs de l’histoire et on voit que Walser s’intéresse à toutes sortes de choses différentes.

Les petites proses vont de quelques pages, 2 ou 4, jusqu’à une vingtaine pour l’une assez particulière, Madame Scheer. Écrit juste après la mort de celle avec qui Robert Walser a cohabité quelques années, le petit texte descriptif mais aussi réflexif, comme les autres du recueil, est plein d’éléments autobiographiques revendiqués sur cette « drôle d’amitié ».  Walser nous raconte un petit passage de sa vie, presque intime, ce qui reste en fait assez rare chez lui malgré le fait qu’il nous parle tout le temps de ses promenades.

Dans ces petites proses, Walser arrive aussi à une sorte de morale conclusive qui revient souvent à ce qui est vraiment essentiel pour lui, la promenade. On a une réflexion de l’auteur lui-même exprimée « à haute voix ».

 

« Mon dieu, c’en est assez pour aujourd’hui, il faut que je sorte, il faut que je gambade dans le monde, je n’y tiens plus, il faut que j’aille sourire à quelqu’un, il faut que j’aille me promener. Ah, qu’il est joli, qu’il est joli de vivre. » (page 15)

 

Il lui arrive aussi de faire des sortes de digressions – apartés pour le lecteur mais il les justifie toujours – et c’est souvent avec beaucoup d’humour :

 

« Revenons-en aux faits » (page 31) ; « Je glisse ici cette lettre pour offrir au lecteur une élégante et petite distraction » (page 30) ; « Le bienveillant lecteur le saura s’il continue à s’intéresser à ma description » (page 77).

 

 

 

Thèmes

La promenade, dont il nous donne une définition au début de Le Greifensee.

 

« C'est une matinée fraîche et je me mets à marcher de la grande ville et du grand lac bien connu au petit lac presque inconnu. En chemin, je ne rencontre rien d'autre que ce que tout homme ordinaire peut rencontrer sur un chemin ordinaire. Je dis bonjour à quelques moissonneurs au travail, c'est tout ; j'observe avec attention les gentilles fleurs, c'est encore tout ; je commence tranquillement à bavarder avec moi-même et une fois encore, c'est tout. Je ne prête attention à aucune particularité du paysage, car je marche et pense qu’ici, il n’y a plus rien de particulier pour moi …» (page 76).

 

 

Les bonheurs simples, la pluie, le vent, la lumière, la ville … la beauté du paysage.

 

« Je n’avais pas de pardessus. Je tenais la neige à elle seule déjà pour un manteau m’enveloppant d’une merveilleuse chaleur. » (page 83).

 

La solitude, comme celle du promeneur parmi la foule

 

Le regard de l’observateur sur le monde avec aussi un aspect critique.

 

« Qu'il est joli de flâner dans une gare et de pouvoir observer à son aise les voyageurs qui arrivent et ceux qui partent. » (page 61).

 

 

La ville, qu’il définit dans L’incendie.

 

« Une grande ville est une gigantesque toile d’araignée de places, de ruelles, de ponts, de maisons, de jardins, de larges et longues rues. […] une mer ondoyante, encore inconnue à la plus grande partie de ses habitants, une forêt impénétrable, un grand parc luxuriant, oublié ou presque, envahi de végétation sauvage, un endroit trop vaste pour qu'il puisse jamais permettre de s'y orienter suffisamment bien. » (page 70).

 

 

 

Conclusion

Il est assez compliqué de réaliser une bibliographie complète de Robert Walser car, l’auteur ayant été publié dans de très nombreux journaux différents, il n’est pas encore certain que toutes les publications soient répertoriées et retrouvées. Il avait également pour habitude d’écrire sur tous les supports à sa disposition, cartes postales, cartes de visite, enveloppes… et avec une écriture très peu lisible. C’est donc un travail d’archive important que décident de faire les chercheurs du  Centre Robert Walser à Berne qui se consacrent à la conservation, la mise en valeur et la diffusion des collections de Walser et de Carl Seelig, son compagnon de promenade.


Robert Walser est aussi quelqu’un de très pudique qui ne souhaitait pas être reconnu. Il dit même à la fin de son ouvrage Walser parle de Walser, « Je souhaite donc qu’on ne fasse pas attention à moi ».

Pierre Assouline dira dans  un article paru sur son blog en 2006, intitulé Comment Robert Walser m’est tombé dessus : « Il faut dire que l'intéressé n'avait rien fait lui-même pour se rendre inoubliable. À croire qu'il était le principal obstacle à la diffusion de son œuvre. »

 

« Le reclus de l'asile de Herisau en proie au délire de persécution, dont l'oeuvre avait pourtant été célébrée haut et fort par Kafka, Musil, Benjamin, Hesse, Zweig et Canettti, se serait effacé du monde dans l'indifférence quasi générale n'eût été l'amitié admirative de l'éditeur et écrivain Carl Seelig, son compagnon de promenade. Car Walser fut toute sa vie, et surtout les derniers temps, un promeneur absolu, qui voulut élever la marche à pied au rang d'un art de vivre. La promenade était sa respiration. »

 

 

Chloé B. 2ème année Édition-Librairie 2012-2013

 

 

Robert WALSER sur LITTEXPRESS

 

 

Robert Walser Retour dans la neige Zoé

 

 

 

Article de Magali sur Retour dans la neige.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Robert Walser La Rose

 

 

 

Article de Julie sur La Rose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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