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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 19:00







Russell BANKS
De beaux lendemains

Actes Sud, 1997
Babel, 1997













 Au nord de L’Etat de New York, dans les Adirondacks, une petite ville est touchée par l’accident d’un bus scolaire.







Publié pour la première fois en français aux éditions Actes Sud en 1993, De beaux lendemains est le septième des quatorze ouvrages publiés de Russell Banks. Il existe une adaptation cinématographique de ce roman. En effet sort, en 1997, De beaux lendemains, le film, qui est plus axé sur les personnage de Mitchell Stephens, Ian Holm et Nicole Burnell, Sarah Polley.

Bien qu’à quelques heures de New York, Sam Dent tient plus de la bourgade, située au milieu d’une zone de passage où on ne s’arrête guère, d’autant plus que le climat y est peu accueillant.

Le récit nous est raconté par quatre narrateurs différents :

−      Dolorès Driscoll, la conductrice du bus

−       Billy Ansel, un des parents : il a perdu ses deux enfants dans l’accident

−      Mitchell Stephens, avocat new-yorkais

−     Nicole Burnell, jeune rescapée de l’accident.

Banks a donc choisi de nous raconter l’histoire à travers les yeux de ces quatre personnages.

D’abord via Dolorès Driscoll, qui nous raconte cette dernière tournée en n'omettant aucun détail, du moment où elle a pris son café avec son époux au coup de volant qui a fait basculer le bus. L’auteur parvient à nous faire ressentir la peine, le sentiment de culpabilité de cette femme qui ressasse les événements afin de comprendre.

Puis vient Billy Ansel, ancien du Viêt-Nam, veuf ; il possède un garage qui semble être la seule affaire viable de la ville. Il perd ses deux enfants dans l’accident, des jumeaux prénommés Jessica et Mason. De ce dernier coup il ne se remettra pas, si l’on peut dire qu’il s’est remis des précédents.

Comme dans tout événement dramatique surtout s’il est médiatisé, viennent se joindre à la foule déjà présente les avocats ; ici représentés par Mitchell Stephens, avocat spécialisé dans ce type d’affaire. Pour lui, les accidents n’existent pas : la mort de ces enfants est due à un simple calcul de budget. Cynique, il calcule tout jusqu’à qui il est judicieux de défendre, de présenter au jury…

Dernier caractère, Nicole Burnell correspond au stéréotype créé par les séries américaine : pom-pom-girl girl, reine du bal de fin d’année, étudiante modèle…du moins en surface. Elle apportera la solution en recentrant l’accident sur ce qu’il est : « la perte d’une ville de ses enfants » et non une suite de procès opposant les membres d’une même communauté.

Banks donne le fin mot de l’histoire à Dolorès Driscoll. Ainsi la boucle est bouclée

Ces changements de points de vue permettent de suivre l’accident et ses conséquences dans le temps :

−       l’accident lui-même

−        le choc qui s’ensuit pour les proches des victimes

−        l’engrenage juridique : dégager la ou les responsabilités

−        la volonté d’avancer

−        le moment où l’on peut avancer

En leur donnant à chacun une voix mais surtout une vision du monde, Banks donne vie à ces personnages. Et au fur et à mesure que l’on avance dans le récit les perceptions de ces personnages très différents se superposent.

Par exemple le portrait d’Abott Driscoll vu par son épouse Dolorès et par Stephen Mitchell :

−             Dolorès le décrit comme quelqu’un de très intelligent, qui a une pensée propre. Elle nous explique aussi qu’elle une des rares à tenir une conversion avec lui.

−             Selon Mitchell, Abott est un homme qui certes a un regard vif, mais grandement amoindritet qui n’est plus qu’une marionnette aux mains de sa femme.

Nous finissons ainsi par avoir notre propre perception non seulement des narrateurs, des personnages secondaires qui se recoupent, tels que les Walker, les Otto, avec leurs secrets, mais plus largement  celle de toute la ville. Banks nous décrit ici une société.

Il concentre dans ce texte tous ses thèmes de prédilections :

−     les questions de citoyenneté : la réaction des habitants face aux traces visibles de l’accident, les survivants,

−      les questions de l’exclusion :

                             − urbaine :l’accès limité aux services à la personne tels que les premiers secours,

                             −  sociale : les différences entre Mitchell Stephens et ses clients,

                             −  raciale : la différenciation que fait Dolorès Driscoll entre Billy Ansel/les Otto/les Walker/… et les habitants des Wilmot Flats

−       les liens qui unissent parents et enfants : des parents qui portent le deuil de leur(s) enfant(s).

Je dois admettre que ma première réaction fut : « Je n’ai pas aimé ce livre ». Les personnages étaient trop noirs, désespérés. J’en suis même venue à me demander comment une si petite ville pouvait contenir tant de secrets, de souffrances. Puis j’ai parlé de cet ouvrage, des personnages, de l’accident, longuement, sans m’arrêter. Je n’avais pas aimé ce livre parce que les personnages sont si biens décrits qu’ils en deviennent réels. Nous ne pouvons alors que les accompagner passivement.


Floriane, 1ère année Ed.-Lib.

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