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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 19:00


 
 

 








Russell BANKS,
Sous le règne de Bone

(Rule of the Bone)
Roman traduit de l'américain par Pierre Furlan
Actes Sud, 2002
Babel, 2005


 










L'Auteur


Russell Banks est née en 1940 dans le Massachusetts. Il a grandi dans le New Hampshire avec ses parents et ses trois frères et soeurs. L'enfance de Russell Banks est marquée par l'alcoolisme de son père, la violence et la pauvreté. En 1958, il étudie à l'université Colgate et découvre Sur la Route de Jack Kerouac qui le bouleverse profondément, il quitte les bancs de l'école et traverse les USA en voiture et, dans les années 60, vit de petits boulots. Après avoir repris ses études et être devenu professeur, Russell Banks part vivre quelque temps en Jamaïque avec sa famille et publie son premier roman : Survivants en 1975

Il a écrit depuis plusieurs ouvrages qui dénoncent le système économique actuel et est devenu président du Parlement national des écrivains créé par Salman Rushdie. Il enseigne actuellement la littérature contemporaine à Princeton. Il est aujourd'hui le président fondateur de Cities of Refuge North America, qui s'est donné pour mission d'établir aux États-Unis des lieux d'asile pour des écrivains menacés ou en exil.

C'est un auteur mondialement connu, traduit dans pas moins de 20 langues.


 

Quelques-uns de ses autres romans

Le livre de la Jamaïque (1980)

Affliction
(1989)

De beaux lendemains (1991)

American Darling (2005)

 
La Réserve (2007)

L'Histoire


 
Sous le Règne de Bone, c’est l’histoire de Chappie, 14 ans, piercing au nez et mohwak sur la tête. Son beau-père est alcoolique, pervers et violent, sa mère boit pour oublier et son vrai père a disparu quelque part dans les Caraïbes quand Chapman était tout petit. Ce roman, c’est le récit du périple d’un jeune ado américain livré à lui-même et qui ne peut compter sur personne.

Vivre dans un appart miteux avec une bande de Bikers violents et stupides, squatter une maison secondaire d’un couple riche, se retrouver face à un pedophile qui veut l’engager dans un film porno, telle va être la nouvelle vie de Chapman devenu Bone (grâce à son tatouage représentant deux fémurs) avant de rencontrer I-Man, Jamaïcain en situation irrégulière. Ce vieil homme, qui ne vit que pour la pensée de Jah, va devenir le guide spirituel et le meilleur ami de Bone.

Des Etats-Unis où rien de semble fait pour Bone, il va partir pour la Jamaïque, à la recherche d’une nouvelle vie mais aussi de son vrai père…

 Analyse de l’œuvre

Bone : présentation d’un ado américain à la dérive.

Sous le règne de Bone, c’est le récit d’une fugue initiatique mais aussi la dénonciation de ses jeunes Américains abandonnés et sans avenir.

Au travers de Bone (ou Chappie), Russel Banks pose beaucoup de questions sur la société : le problème de l’alcoolisme, les abus sexuels, la pédophilie, la drogue, la violence…

Comment, quand on a 14 ans, que nos parents nous ont comme qui dirait abandonné, peut-
on s’en sortir ?

Chappie est en rupture totale avec la société et sa famille mais souffre avant tout d’un profond sentiment d’abandon et d’un désarroi affectif et moral.

Russel Banks nous montre l’image d’un jeune ado sur les routes américaines. On suit son évolution, on le voit grandir, se forger son propre caractère. Tout le roman est écrit du point de vue de Bone, son histoire s’adresse à nous dés le départ ; ainsi, on est
directement
plongé au cœur du périple de Bone mais à sa manière : la langue est familière, presque vulgaire à la manière de celle d’un adolescent.

Durant ce roman, aucun détail ne nous est épargné : la drogue, la violence, le vol, les mauvaises rencontres que Bone fait, la perversité de son beau-père, l’alcoolisme de sa mère.

Cela devient choquant pour le lecteur car Bone, 14 ans, raconte son vécu comme quelque chose d’absolument normal, de façon très froide : il ne se rend pas compte de l’horreur de sa situation.

Mais Bone n’est pas un ado comme les autres : sans cesse, il essaye de réfléchir sur son identité, sur le bien et le mal pour évoluer, devenir qui il doit devenir.

On est frappé par l'objectivité absolue de ce jeune qui, dans ses propres récits, reconnaît le cas échéant, l'exactitude des défauts qu'on lui prête, sans se laisser démonter pour autant.

        
Les étapes du récit.

En deux ans, Bone change beaucoup, il évolue, grâce à son voyage mais surtout grâce à ses rencontres. En effet, tout le roman est marqué par les nombreux personnages que Bone croise. Le jeune ado sait tirer avantages et apprentissage de ses, parfois très mauvaises ou bonnes, rencontres.

Il y a d’abord, Russ, son meilleur ami de 16 ans, aussi paumé que lui, Bruce, chef des bikers avec qui Bone et Russ cohabitent, Buster le roi du porno et sa « protégée » Froggie, gamine de 7, 8 ans, James et Richard les deux frères drogués au crack qui vivent dans un bus scolaire, I-Man, homme d’une cinquantaine d’années, Jamaïcain en situation irrégulière, et enfin, le père de Bone, Paul ou Doc, drogué à la coke menant une double vie et sa jeune copine Evelyn Star, riche et femme libertine, installés à la Jamaïque.

Tous ses personnages sont représentatifs d’une catégorie de la société américaine, celle dont on ne veut pas entendre parler : les marginaux, ceux qui vivent au-dessus de la loi, qui ne veulent pas respecter les règles. Mais Bone en les rencontrant va faire son choix : devenir comme eux, tomber dans leurs pièges (porno, drogue, vol, deal, immoralité) ou apprendre chez eux ce dont il a besoin, juste ce qui lui est nécesaire pour devenir quelqu’un de « bien ».
 

Quelques extraits
 
« En général, je peux affirmer que jusque-là, au cours de mon existence, ce n’était pas parce que ma mère, mon beau-père, un prof ou un quelconque adulte ayant pouvoir sur moi m’avait dit que telle chose était bonne pour moi que je l’avais faite. Alors là, vraiment pas. Chaque fois qu’on m’avait dit ce genre de truc ça m’avait fait l’effet d’une alarme qui se déclenche sous un capot : ou-in-in-in, ou-in-in-in, je n’entendais plus que ça, il y’a quelqu’un qui essaie de voler un machin qui vaut cher, et du coup je faisais plutôt le contraire. La plupart du temps ce contraire n’était pas vraiment une réussite, mais je ne l’aurais pas fait d’abord si quelqu’un n’avait voulu me pousser à faire le contraire de ce contraire » (page 196, Babel)

« Je pensais, comme Russ venait de l’indiquer, qu’il y avait plein de choses sur le bien et le mal que mes parents ne m’avaient pas enseignées. A présent, à cause de ma situation,j’étais obligé d’en démêler tout seul la plus grande part (…). Tout le monde sauf moi semblait croire que la différence entre le bien et le mal était évidente. Pour eux, je suppose, était bien tout ce qu’on pouvait faire sans avoir d’ennuis, et mal tout ce qu’on ne pouvait pas faire sans s’en attirer, mais je me sentais bête de ne pas savoir ça moi aussi (…). Je trouvais ça effrayant (…). Comme tout le monde franchissait la ligne et faisait quelque chose de mal au moins une fois dans sa vie, tout le monde était donc condamné (…). Il fallait être un chat comme Willie ou un petit enfant comme je l’avais été pour ne pas être un criminel. Pour un être humain comme je l’étais devenu, c’était impossible » (page 84, Babel)

« L’expérience d’être né sur Terre et de vivre avec les humains, ne serait-ce que pour quelques années, vous change à jamais. Je suppose que tout ce qui reste à faire c’est de tirer le meilleur parti de ce qui est bien évidemment une mauvaise situation. » (page 436, Babel)


Laure, 1ère année Ed.-Lib.

Russell Banks sur Littexpress




Article de Chloé sur l'Ange sur le toit









Article de Marine sur Histoire de réussir









Article de Floriane sur De beaux lendemains








Article de P. Marini sur American Darling












Article d'Aurélie sur La Réserve.

 






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