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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 07:00

scott-snyder-batman.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scott Snyder
Jock
Francesco Francavilla

 Batman, Sombre Reflet, tome 1
Traduction : Jérôme Wickly
Urban Comics, 2012


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scott Snyder est connu principalement pour la série American Vampire qui a révolutionné la vision du mythe du vampire aux États-Unis depuis ces dernières années, et pour la série actuelle Batman qui offre un réel renouveau au personnage.


Son travail de scénariste de comics a été récompensé en 2011 par l'Eisner Award et le Harvey Award de la meilleure nouvelle série pour American Vampire publié aux éditions Vertigo en 2010. Puis en 2012 par l'Eagle Award du meilleur écrivain et les Stan Lee Awards du meilleur écrivain également, et de l'homme de l'année.

 
Notons également que sa série Swamp Thing parue aux Éditions DC Comics connaît un grand succès.

Les dessinateurs de la série sont Mark Simpson, connu sous le nom de Jock, et Francesco Francavilla. Le premier est célèbre principalement pour la série The Losers paru chez DC Comics également, et le second pour son travail sur Black Panther chez Marvel.



Les tomes 1 et 2 de Batman sombre reflet ont été publiés en France en 2012 et en 2011 aux États-Unis. Ils reprennent les épisodes n° 871 à 881 de Detective Comics. On y retrouve sous le masque de Batman le personnage de Dick Grayson et non de Bruce Wayne alors décédé. Ils sont particulièrement intéressants car c'est le premier succès de Dick Grayson en tant que Batman.

L'histoire présente Batman accompagné de Barbara Gordon (fille du célèbre commissaire Gordon) enquêtant sur une affaire de ventes aux enchères illégales dans le milieu de la pègre.

De son côté Jim Gordon est bouleversé par le retour de son fils psychotique et semble persuadé qu'il est l'auteur d'une série de meurtres plus cruels les uns que les autres.

Batman-sombre-reflet-02.jpg

De haut niveau, le dessin est particulièrement pertinent lors des conversations entre le commissaire Gordon et son fils psychotique, grâce à une matérialisation de sa cruauté sanguinaire par une utilisation abusive, si elle n'était pas bienvenue, de rouge. Ce qui soutient les gros plans sur les visages des personnages essayant de sonder mutuellement leurs pensées. Augmentant ainsi l'intensité de notre angoisse, Scott Snyder nous présente un Jim Gordon Junior mentalement très proche de Joseph Kerr plus connu sous le titre du Joker.

Le Joker justement fait une apparition très remarquée dans laquelle il est plus pathétique que jamais. Même s'il se trouve être toujours aussi violent, son intelligence démentielle semble plus aiguisée qu'auparavant. Bien qu'il ne soit présent que sur six pages, la gifle reçue par la vision que Snyder a de ce personnage se ressent jusqu'à la fin de l'histoire.

On peut également ajouter une mention spéciale à l'auteur pour la présence de Barbara Gordon, ce qui est en soi est assez rare si l'on se réfère aux autres comics. Tiraillée entre l'affection qu'elle porte à son père, les sentiments partagés entre haine et peur pour son frère, et son faible pour Dick Grayson, Babs se montre attachante sans pour autant tomber dans la niaiserie. La spécialiste des renseignements pour super-héros est d'une force de caractère impressionnante.

Quant à Batman, il est toujours aussi sombre et violent que d'habitude grâce aux traits de Jock et Francavilla, si ce n'est que Scott Snyder le présente également bien plus humain et vulnérable, le différenciant ainsi de Bruce Wayne et en faisant un Batman à part entière.

On notera d'ailleurs la réaction de Dick Grayson, sidéré, lorsque lui est  présenté le pied-de-biche que le Joker a utilisé pour tuer Jason Todd alias Robin dans A death in the family paru chez DC Comics en 1988.

Connu principalement pour être le personnage de Nightwing et avoir été le premier Robin, Dick Grayson est généralement quelqu'un de souriant et plein d'humour. Ici, son rôle le force à mûrir et à se battre pour garder sa personnalité propre. Dualité qui est un thème récurrent de l'univers masqué.

Bien que Batman ne soit pas des mieux représentés comparé à d'autres comics, comme La Cour des hiboux dessiné par Greg Capullo, la couverture du premier tome incarne particulièrement bien tout ce que représente le héros. Dessinée dans un décor sombre aux contours inexistant, sa cape se confond avec de nombreuses chauves-souris virevoltant autour de lui comme leur maître. On ne peut trouver plus emblématique.

On retrouve les chauves-souris dessinant le haut du visage du Joker sur la couverture du deuxième tome, symbolisant ainsi son obsession pour le héros, et sa folie, au point que ses pupilles soient représentées par l'emblème de Batman. A la différence du premier, une couleur vive est ajoutée, le rouge symbolisant tout le sang que le criminel a fait couler, matérialisant d'autant le plaisir qu'il prend à cela, la couleur dessinant son sourire.

batman sombre reflets 2

Si Sombre reflet  n'est pas un récit majeur de l'univers de Batman, il incarne la complexité des personnages qui fait toute leur richesse et souligne bien le génie de Snyder qui marquera l'esprit des comics de ce début du XXIème siècle.


Yaël, 2e année édition-librairie

 

 

 

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Published by Yaël - dans bande dessinée
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