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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 07:00

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Shane STEVENS
Au-delà du Mal
Titre original :
By Reason of Insanity
Simon & Schuster, 1979
Roman traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Clément Baude
Sonatine, 2009

 

 

 
 

 

 

 


Chaque été, j’ai pour habitude de choisir un livre qui constituera ma principale lecture. Préférant me tourner vers les thrillers, je suis tombé assez rapidement sur ce roman. J’ai pensé au début que ce n’était qu’une énième histoire de serial-killer, mais cette impression a eu tôt fait de by_reason.jpgdisparaître lorsque j’ai découvert que c’était une réédition et que ce livre était paru pour la première fois en 1979 aux éditions Simon & Schuster. C’est alors que je me suis mis à lire les citations sur la jaquette du livre :

« L’un des plus grands romans jamais écrits sur le mal absolu. Je le recommande sans réserve ! »
Stephen King

« Après deux années de recherche, pour obtenir l’autorisation de le publier en français, l’éditeur a fini par retrouver l’agent gérant les droits de cet ouvrage oublié. Miracle car ce polar est exceptionnel un de ceux qui vous attachent pieds et poings liés, qui vous poursuivent, vous remuent. On l’a lu d’une traite et on a envie de recommencer. »
Luc Bronner, Le Monde

« Comment le livre fondateur du genre thriller, référence absolue pour King, Ellroy ou Harris, a-t-il pu rester dans l’ombre si longtemps ? Au-delà de l’événement d’une parution aux airs de résurrection, l’ouvrage st un bijou. »
Julie Malaure, Le Point

 On l’aura compris, Au-delà du Mal de Shane Stevens est l’un des romans fondateurs des serial-killer stories.

Concernant Shane Stevens (probable pseudonyme), on n’a que très peu d’informations. On sait seulement qu’il serait né en 1941 à New-York, et qu’il a écrit cinq romans avant de disparaître dans l’anonymat le plus total.

Toute l’histoire tourne autour de Thomas Bishop, serial-killer incroyablement intelligent, méticuleux et amoral, qui va traverser l’Amérique entière en semant sur sa route une multitude de cadavres atrocement mutilés.

L’histoire débute par la mise à mort, dans une prison d’État de Californie, d’un violeur, Caryl Chessman, personne ayant réellement existé, surnommée « le braqueur à la torche rouge ». Ensuite, nous assistons à la rencontre du père et de la mère de Thomas Bishop, des années auparavant. Sara Bishop, la mère, se fera violer par Caryl Chessman. Souffrant déjà d’un passé d’abus, elle assouvira toute sa haine des hommes sur le fils qu’elle pense avoir eu de ce viol, tout en essayant de subvenir à ses besoins après la mort de son mari Henri Owens, disparition qui la laisse pour le moins indifférente. C’est en 1960 que Thomas Bishop, âgé de 10 ans, torturé par des années de violence acharnée, poussera sa mère dans le poêle, ce qui entraînera son placement dans un hôpital psychiatrique.

Quinze ans plus tard, il s’en échappe en mettant au point un plan démoniaque pour échapper à ses poursuivants. La chasse à l’homme s’amplifie tout au long du périple meurtrier de Thomas Bishop à travers l’Amérique, jusqu’à ce que la police, la presse et la mafia soient à ces trousses.

Avec en toile de fond le débat sur la peine de mort, on va assister aux croisements des destins de tous les personnages de cette histoire, du sénateur ambitieux en quête de gloire, aux policiers essayant vainement mais obstinément de coincer le tueur, en passant par le journaliste qui mettra tous les moyens de son côté pour stopper le serial-killer, aidé par sa faculté d’entrer dans la tête du meurtrier, ce qui provoque un certain trouble chez le lecteur.

 Cette multitude de personnages sert très bien l’intrigue et donne une dimension réaliste à l’histoire qui s’inscrit d’ailleurs très bien dans le climat de l’époque. Cela est renforcé par le fait que, durant tout le roman, l’ombre de Caryl Chessman est toujours présente ; l’impression de réalité s’en trouve accentuée.

En ce qui concerne Thomas Bishop, le portrait que l’auteur fait de lui est très riche, car il nous raconte sa vie de A à Z. Au début, il narre son enfance extrêmement difficile, source du mal qui l’habitera. Par la suite, il nous fait entrer dans sa tête, ce qui nous permet de connaître les pensées sinistres du tueur et les desseins morbides que ce monstre nourrit à l’égard des femmes qui croisent sa route. Tout cela fait que le lecteur est partagé entre la compassion pour l’enfant martyr, et une certaine répulsion face à la monstruosité de ce que Thomas Bishop fait aux femmes.

 
Ce livre m’a beaucoup plu, car j’apprécie en général les romans de serial-killers, encore plus lorsque le portrait du serial-killer en question est si fouillé que l’on éprouve au final un sentiment de crainte, mêlé d’admiration pour leur génie. Le style journalistique ne m’a absolument pas dérangé ; l’auteur n’a voulu, je pense, que donner une vision encore plus réaliste de la traque, mais aussi montrer aux lecteurs les répercussions des actes de Thomas Bishop sur la vie d’autres personnes, insignifiantes au départ, mais qui ébranlent finalement les plus hautes sphères politiques et médiatiques du pays.
 

Guillaume G., 2ème année Bib-Méd-Pat

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Published by Guillaume - dans polar - thriller
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