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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 07:00

 

 

Stanislas-Gros-Le-Portrait-de-Dorian-Gray.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stanislas GROS
Le Portrait de Dorian Gray
Adaptation du
 roman d’Oscar Wilde (1891)
en bande dessinée
éditions Delcourt, 2008
 collection Ex-libris.
 
Scénario : Stanislas Gros
Dessin : Stanislas Gros
Couleurs : Laurence Croix
 
 

 

 

 

 

 

 

 

Oscar Wilde (1854-1900)
 
Oscar Wilde était un écrivain irlandais, séduisant, raffiné et intelligent. Il développa une théorie de l’esthétisme que nous pouvons retrouver dans  Le Portrait de Dorian Gray. C’est d’ailleurs à ce roman qu’il doit sa célébrité.

En 1891, il rencontra Alfred Douglas de Queensberry et ils devinrent amants. Ils affichaient publiquement leur homosexualité qui était, à cette époque, un signe de débauche et de mauvaises mœurs. Cette relation provoqua alors scandales et procès. Oscar Wilde fut exilé et emprisonné.

Il mourut à Paris en 1900, laissant derrière lui un grand nombre d’œuvres de poésie, d’essais, de romans et de pièces de théâtre.
 

 
stanislas-Gros.jpegStanislas Gros (1978 - )
 
Ce jeune auteur de 32 ans né à Orléans se définit lui-même (sur son blog) comme un « auteur de bandes dessinées un peu simplet qu'on reconnaît à son sourire idiot et ses chemises à rayures. » En effet, sur son site, il est question de rayures verticales. Lors de ma rencontre avec l’auteur dans une bibliothèque de la Vienne (86), il nous avait montré des planches de sa prochaine BD et les rayures étaient les principaux décors et personnages.

Traînant sur les terrasses de cafés pour dessiner et écrire les scénarios, il aime être dérangé pendant son travail par ses amis ou par le serveur.

Son premier travail de BD était une adaptation : Le Dernier Jour d’un condamné de Victor Hugo en 2007. Ensuite vint l’adaptation du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, en 2008, et enfin la collaboration avec d’autres auteurs pour Vies tranchées, Les Soldats Fous de la Grande Guerre, BD parue en novembre 2010.
 
 

L’histoire
 
XIXe siècle en Angleterre.

Haute bourgeoisie.

Trois personnages principaux : Lord Henry Wotton, Basil Hallward, Dorian Gray.

Chacun a une couleur de costume qu’il garde tout au long du récit.


Basil Hallward : le bleu.

Il est peintre et c’est le meilleur ami de Dorian Gray. Il l’utilise comme modèle car il l’admire et lui trouve une beauté que personne d’autre n’a. Il est également l’ami de Lord Henry Wotton et c’est d’ailleurs grâce à lui que les deux autres personnages vont se rencontrer.


Lord Henry Wotton : l’orange-brique.

C’est un homme d’esprit influant et immoral, il fait passer dans ses beaux discours ses idées sur le monde et le comportement humain. Exemple : pendant un repas, une duchesse dit « …Mais les gens dans L’East End sont si malheureux ! » et Lord Henry lui répond : « Je peux compatir à tout sauf à la souffrance. C’est trop laid. Il y a quelque chose de malsain dans la sympathie que notre époque porte à la souffrance. C’est pour la joie et la beauté qu’il faut avoir de la sympathie.» Il incite Dorian Gray à être « mauvais ».


Dorian Gray : le vert.

C’est un jeune dandy connu et reconnu pour sa beauté extraordinaire et sa gentillesse. Dorian Gray est un homme riche qui peut se permettre d’avoir des collections d’instruments de musique, des bijoux anciens et de se faire construire un temple inca dans son parc.

 

dorian gray 3

 

Mais tout bascule pour lui lors de la séance de pose pour Basil. Henry Wotton est également présent. Pendant que Basil peint et que Dorian pose, Henry converse seul sur la philanthropie :

« Eh bien, les gens d’aujourd’hui sont charitables, ils nourrissent les affamés, vêtent les mendiants, mais ils ont oublié le plus important des devoirs : l’épanouissement de soi. Ils ont peur d’eux-mêmes, de Dieu, de la société…Pourtant, le seul moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder.
Soyez courageux, Dorian ! Réalisez votre jeunesse tant qu’il en est encore temps ! Surtout ne la gâchez pas pour des gens ignorants et vulgaires ! Ce sont là les faux idéaux de notre époque ! Vivez ! Osez vivre pleinement la vie merveilleuse qui est en vous ! Courage, Dorian ! »

Dorian Gray prend alors une expression merveilleuse qui permet à Basil de faire le plus beau portrait qu’il ait et aura  jamais réalisé !

Dorian devient jaloux de ce si beau tableau qui restera éternel. Il espère le contraire et c’est à ce moment-là que le récit bascule dans le fantastique… En suivant les conseils d’Henry sur la jeunesse éternelle et sur les divertissements, Dorian devient vil, pervers et meurtrier. Il est amoureux de son reflet, le narcissisme s’empare de lui. Son portrait vieillit mais pas lui ; à chaque méfait, son portrait prend des traits de méchanceté, des rides. Personne d’autre que lui ne voit le tableau, ses amis et proches ne se rendent pas compte de ce qu’il se passe ; ils vieillissent tandis que lui reste jeune.

Des soupçons naissent sur des disparitions dans l’entourage de Dorian et c’est alors que Sherlock Holmes et le Docteur Watson mènent l’enquête… L’inévitable fatalité de ce pacte avec l’éternelle jeunesse rendra justice avant que le coupable soit arrêté.

Il faut accepter ses rides sinon on se tue soi-même.
 
Le Portrait de Dorian Gray écrit son histoire depuis sa perversion jusqu’à son châtiment ultime en passant par ses histoires sexuelles, ses tromperies, ses sacrifices humains et ses meurtres.
 
On retrouve dans les discours de Dorian ou d’Henry la théorie de Wilde sur l’esthétisme et la beauté. C’est le thème principal de l’histoire que Stanislas Gros a mise en avant.
 
dorian-gray-pl-jpg

Caractéristiques graphiques
 
Pour montrer le vieillissement du portrait, Stanislas Gros utilise la case en bas à droite de la page de droite comme le principe de l’animation qui « consiste à donner l'illusion d'un mouvement à l'aide d'une suite d'images. »

En plus de l’animation, nous pouvons remarquer d’autres procédés cinématographiques tels que des champs contre-champ, des zooms, des vues d’ensemble…

Dans cette BD, il y a beaucoup de couleurs, des personnages et des décors ronds, doux… Même dans les scènes « violentes » les traits ne le sont pas ; ce sont les expressions et les couleurs plus ternes qui rendent compte de la violence.

Stanislas Gros travaille avec les miroirs, il les fait jouer entre eux, avec les personnages.



Avis personnel
 
J’ai découvert l’auteur et cette BD par une rencontre littéraire cet été et je n’ai pas été déçue !

Je n’ai pas lu le roman d’Oscar Wilde mais l’adaptation fait passer des sensations et rend bien compte des situations et des actions. C’est pourquoi je l’ai appréciée mais également car le coup de crayons du dessinateur est particulier et est plaisant à regarder, à lire.

De plus, les apparitions de Sherlock Holmes et du Docteur Watson sont surprenantes ! Je ne m’attendais pas à les voir mais ils s’intègrent plutôt bien à l’histoire.

Chaque double page est comme une petite histoire car elle se termine à chaque fois (sauf les trois premières pages) par le portrait de Dorian Gray vieillissant.
 
Je vous recommande d’aller sur  son blog et de regarder ses dessins ainsi que les débuts d’albums.
 
Bonne visite !
 

Liens

 
Un autre blog :
 http://stanislasgros.blogspot.com/
 
Un reportage :
http://culturebox.france3.fr/all/3712/stanislas-gros-met-oscar-wilde-en-bulle./
 
Pour les cinéphiles, Le Portrait de Dorian Gray a été adapté au cinéma, en 1945 par Albert Lewin et en 2009 par Oliver Parker.
 
 
Adèle Poisay, 2e année Bib.-Méd.

 


 

condamn-01.jpg

 

 

 Stanislas Gros à l'Escale du livre (Entretien)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Adèle - dans bande dessinée
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