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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 19:00

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Stefan ZWEIG
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
traduit par Olivier Bournac et Alzir Hella,
Le Livre de Poche, 2003.

Stock, Cosmopolite, 2003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stefan Zweig est né à Vienne en 1881. Il n'a que 23 ans lorsqu'il s'essaie à l'écriture et son attrait se porte d'abord sur la poésie, qui lui vaudra le prix Bauernfeld. Il se diversifie très vite et se lance dans les traductions, les drames, les biographies, le théâtre et les nouvelles.

Parmi ses nouvelles célèbres, nous pouvons retenir, entre autres, La Confusion des sentiments (1926) ou encore Le Joueur d'échecs (1943)


Résumé

La pension de la Riviera, jusqu'alors parfaitement calme, connaît, un soir, une agitation particulière. Madame Henriette, mariée et mère de deux enfants, s'est enfuie avec un charmant jeune Français qu'elle ne connaissait à peine que depuis vingt-quatre heures. Parfait scandale dans ce milieu bien pensant et haut placé... ce qui donne l'opportunité aux langues de se délier et aux gens de jaser. Seul le narrateur défend cette femme, se mettant ainsi à dos tous ses compagnons sauf Mrs C., petite dame anglaise de 67 ans qui, après l'avoir longuement interrogé, se décide à lui dévoiler un épisode de 24 heures de sa vie.

Elle lui raconte comment elle a été amenée à sauver la vie d'un jeune homme passionné de jeu et comment, en si peu de temps, sa vie a basculé au point de pouvoir lui faire commettre un acte insensé et irréparable par passion pour un homme.




Analyse de l'oeuvre


L'oeuvre est entièrement traversée par un thème récurrent dans l'écriture de l'écriture de Zweig : la passion.

Ici, elle est déclinée sous deux formes: la passion amoureuse et la passion du jeu.


La passion amoureuse se traduit à travers le personnage de Mrs C. Au début, tout part d'une bonne action. Elle veut sauver la vie de ce jeune homme polonais. Elle ne se doute absolument pas qu’il pourrait lui arriver quelque chose : elle est veuve, mère de deux enfants et âgée de 42 ans alors que lui en a seulement 24. Elle aurait presque l'âge d'être sa mère !

Mais une nuit et une journée passées avec lui suffisent à faire basculer le cours des choses. Ce n'est que lorsque le jeune homme quitte sa chambre avant leur dernier rendez-vous qu'elle a conscience de ce qui lui arrive : « ce qui alors me fit tant de mal [...]à cette seconde j'étais perdue et liée à lui pour toujours. » (page 109) et « […] j'essayai de réfléchir, […] qui pénétrait en moi, toujours plus implacable. » (pages 102-103).


L'amour passionnel survient donc au moment le plus fort de la relation. Il se traduit par un état psychique tout particulier dans lequel l'être aimé envahit toute la sphère personnelle de Mrs C. Elle est dans un état d'exaltation et d'euphorie qui lui ôtent complètement toutes ses facultés d'analyse critique. Elle ne pense plus qu'à lui, n'agit que pour lui et en fonction de lui. Mrs C. vit donc les choses beaucoup plus intensément. Sa passion pour ce jeune homme la pousse à accomplir des gestes inconsidérés qu'elle cherche à excuser : « Quelle importance si on a eu un moment de folie, un seul. »

Et en effet, sur 67 ans ( donc 586 920 heures d'existence) elle n'a connu que 24 heures de folie... 24 heures que l'on aura donc tendance à pardonner.


Mais la passion est une sorte de poison qui se glisse dans nos veines et qui coule...qui coule jusqu'à nous empoisonner... comme la passion du jeu.


Le jeu est comme une drogue. Lorsque l'on sombre dedans, on ne peut plus s'en passer. Au début, le jeu n'est qu'un divertissement, une récompense offerte par un oncle à son neveu qui vient de réussir brillamment ses examens. Mais, malheureusement pour notre jeune homme polonais, son oncle a la main chanceuse au Prater...et l'argent amassé aussi facilement fascine son neveu. Dès lors, cette réussite crée un engouement qui se transforme en passion et finit en dépendance, celle de « la rage du jeu » (page 87).

Le jeu devient donc plus fort que la volonté du jeune homme. Celui-ci est, en effet, décidé à changer de vie, à ne plus entrer dans un casino... mais cette volonté ne suffit pas. L'argent lui brûle les doigts..., l'argent est synonyme de jeu. Ces deux choses ont plus de valeur que tout... et plus de valeur que la parole donnée (ce qui n'est pas sans importance car n'oublions pas que pour ce jeune homme, descendant d'une vieille famille aristocratique, la parole donnée a une valeur et un prix inestimable) ou que le serment fait dans une église sous le seul regard de Dieu et de Mrs C.

À partir de là, le jeu devient un véritable danger. Comme la drogue qui mène à l'overdose, le jeu conduit au désespoir et au suicide... Suicide qui se présente comme le seul avenir de cet homme puisque le jeu est devenu sa seule et unique raison de vivre.



Conclusion


Une fois encore, Zweig nous plonge dans une nouvelle passionnante et sa superbe écriture, pleine de musicalité et de poésie, nous tient en suspens jusqu'à la fin. Le style, fluide et entraînant, nous emmène, page après page, en nous plongeant dans un univers particulier et récurrent dans les oeuvres de Zweig.


Lorraine Guimbelot, A.S. édition-librairie


Source : www.stefanzweig.org

 

 

Stefan ZWEIG sur LITTEXPRESS

 

 

 

Stefan Zweig Un soupcon legitime

 

 

Articles de  Manon et d'Antoine sur Un soupçon légitime.

 

 

 

 

 

 


 

Zweig Lettre d une inconnue

 

 

Article de Pauline sur Stefan Zweig

 

 

 

 

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Article de Sandra sur La Confusion des sentiments,

 

 

 

 

 

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articles de Pauline, Marion  et Coralie sur Amok,

 

 

 

 

 

vingt-quatre-heures.jpg

 

 

 

 

de Claire et de Charlotte sur Vingt-quatre heures de la vie d'une femme,

 

 

 

 

 

parallèle de Mélaize entre Zweig et Gombrowicz.

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Published by Lorraine - dans Nouvelle
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commentaires

Echo de l'info 28/09/2016 14:08

Merci pour le résumé c'est super bien fait !
L'analyse était en plus super !!

Moi 05/11/2015 18:02

Devant travailler sur ce livre, je me suis documentée et ai découvert votre blog. J'ai beaucoup apprécié lire votre analyse, que je trouve très bien construite, argumentée et très clair. Bravo !

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